Al-Ahram Hebdo,Dossier | Amr Hachem Rabie,  « L’opposition doit assumer la responsabilité de sa faiblesse »

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Mamdouh El-Wali
 
Rédacteur en chef
Hicham Mourad

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 Semaine du 12 au 18 septembre 2012, numéro 939

 

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Dossier

Alliances. Le politologue Amr Hachem Rabie, chercheur au Centre des études politiques et stratégiques d’Al-Ahram, estime que l’opposition actuelle va engendrer une majorité islamiste aux prochaines élections. 

« L’opposition doit assumer
la responsabilité de sa faiblesse 
»

Al-Ahram Hebdo : Que pensez-vous des nouveaux mouvements d’opposition ? sont-ils différents de ceux existant du temps de Moubarak ?

Amr Hachem : Le système et la structure politique en Egypte ont certes changé après la révolution, puisque la loi relative à la création des partis politiques n’est plus la même. Ainsi, de nouvelles entités politiques ont fait leur apparition après 30 ans de parti unique et une opposition formelle. Aucune comparaison n’est à faire avec ces nouveaux partis ou entités, qui sont très compétitifs. Cette opposition était complètement loin de la rue égyptienne et des problèmes des Egyptiens et n’avait dans le fond qu’un seul rôle : servir et coopérer avec la Sûreté d’Etat. Aujourd’hui, les choses changent. — Est-ce que ces nouveaux partis représentent une opposition d’idéologie ou sont-ils simplement créés pour contrecarrer le courant islamiste ? — Il est vrai que concurrencer le mouvement islamiste vient en tête des principaux buts de ces partis et coalitions, mais on ne peut pas nier qu’ils cherchent aussi à avoir un rôle actif dans la vie politique. Je doute de la réussite de ces partis qui cherchent à combattre leur rival islamiste. Ils auront beaucoup de difficultés à gagner en divisant la société entre islamistes et non-islamistes et en s’éloignant des vrais problèmes des citoyens.

— Le parti salafiste Al-Nour peut-il être considéré comme une opposition malgré son idéologie islamiste qui va de pair avec celle du parti des Frères, Liberté et justice ?

— Al-Nour joue de temps à autre le rôle de l’opposition, mais dans le fond, il est d’accord avec la politique du Parti Liberté et justice. C’est d’ailleurs à ce niveau que ce dernier déploie tous ses efforts pour créer un front avec les salafistes, surtout que les Frères connaissent bien leur poids et popularité dans la rue. Le parti Al-Nour représente une opposition apprivoisée.

— Pensez-vous que les coalitions politiques qui ne cessent pas de faire leur apparition aillent renforcer cette opposition ou reflètent-elles une division ?

— Bien sûr, ces coalitions vont mener à soutenir l’opposition, mais à condition que leurs initiateurs s’organisent bien, dévoilent les sources de leur financement et abandonnent un peu les projecteurs des médias. Pourront-ils ainsi réussir ? De même, ils doivent à mon avis s’efforcer d’attirer des figures islamistes modérées, afin de pouvoir affronter les Frères musulmans et gagner la confiance du simple citoyen qui est par nature proche de la religion.

— Ces coalitions auront-elles, selon vous, une chance lors des prochaines législatives qui devraient avoir lieu dans quelques mois ?

— Non, je pense que les résultats des élections seront les mêmes que ceux du dernier scrutin : une majorité pour le mouvement islamiste. Il ne faut pas oublier que cette opposition n’a pas encore de vraie base dans la rue. Elle s’est occupée plus des conflits internes, et ses moyens financiers sont assez limités.Sa mission est difficile mais non pas impossible, surtout si ces partis comptent sur des figures acceptées et connues par le simple citoyen. La crédibilité et l’influence de ces personnes pourraient changer les résultats.

—  A votre avis, qui des deux a plus de chance de réussir, les libéraux ou les gauchistes ?

— Je pense que les deux sont rejetés. Les gens dans la rue ne savent pas ce que veut dire gauche ou libéral. De plus, tous les deux ne s’intéressent pas à s’approcher des citoyens en leur expliquant les buts et les principes de leurs coalitions. Ils se sont contentés de l’élite qui représente une minorité.

De plus, ils se sont préoccupés plus des questions politiques que sociales. Même en ce qui concerne la Constitution, ils se sont contentés de critiquer certains articles sur les chaînes de télévision sans tenter d’expliquer au simple électeur ses droits dans cette nouvelle Constitution.

— La diffamation qui a souvent touché ces mouvements par les islamistes les accusant parfois d’être apostats ou de recevoir des financements étrangers n’a-t-elle pas contribuer à cette impopularité ?

— Je ne pense pas, car les mêmes accusations sont aussi lancées contre les mouvements islamistes, salafistes surtout.  C’est plutôt cette opposition qui doit assumer la responsabilité de sa faiblesse.

Propos recueillis par Chérine Abdel-Azim

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