Al-Ahram Hebdo,Dossier | Un modèle différent

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Mamdouh El-Wali
 
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Hicham Mourad

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 Semaine du 12 au 18 septembre 2012, numéro 939

 

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Dossier

Alliances. Prônant un « projet islamique », comme les Frères musulmans, le courant salafiste, malgré certaines positions contre Morsi, reste hors des rangs de l’opposition. 

Un modèle différent 

« On présentera un modèle d’opposition pas comme les autres ». C’est la phrase favorite des dirigeants du parti Al-Nour, bras politique des salafistes. « L’opposition politique, comme elle est représentée en Occident, consiste à adopter tout le temps une position contraire à celle du gouvernement. Mais pour nous, s’opposer n’est pas la règle », déclare Yasser Borhami, une figure salafiste plutôt polémique. Ainsi, si les Frères adoptent de bonnes politiques, elles seront approuvées par les salafistes.

Alors peut-on vraiment situer les salafistes dans l’opposition sur le nouvel échiquier politique ? Car de quel côté se rangent les salafistes avec leurs 4 partis : Al-Nour, Al-Fadila, Al-Nahda et Al-Assala, outre le groupe de Hazem Abou-Ismaïl.

Depuis l’investiture de Mohamad Morsi, la liste des contestations salafistes contre ses politiques s’allonge, et leurs critiques sont parfois très virulentes. La plus récente a concerné la visite de Morsi à Téhéran où il participait au sommet du mouvement des Non-Alignés. Avant de s’y rendre, et alors que les forces politiques considéraient cette visite comme « une nouveauté » dans la politique étrangère de l’Egypte comparée à celle de Moubarak, les salafistes parlaient « d’une trahison du sang syrien » et d’« une réconciliation qui nuira au rôle régional de l’Egypte et à son caractère sunnite ».

Le prêt du Fonds monétaire international adopté par le nouveau gouvernement désigné par Morsi a aussi été placé sous le feu des critiques salafistes : « Morsi a renoncé au projet islamique et a accepté un prêt illicite ». Nader Bakar, porte-parole du parti Al-Nour, dénonce même un « manque de transparence du gouvernement concernant le prêt et des dimensions par rapport à la crise économique que traverse l’Egypte ».

Au sein de l’assemblée constituante, les salafistes protestent contre ce silence de la confrérie pour remplacer le mot « principes » par « dispositions » dans l’article 2 concernant l’islam et la source de la loi, et déclarent qu’ils deviennent « les seuls défenseurs de la charia ».

 

« Une sous-représentation du parti »

Mais la formation du gouvernement a été le plus grand point de discorde. Les salafistes ont boycotté la nouvelle formation de Hicham Qandil, après avoir rejeté le seul portefeuille de l’Environnement qui leur a été proposé. Al-Nour n’a pas seulement dénoncé « une sous-représentation du parti » par rapport à son poids politique, puisqu’il est arrivé deuxième lors des dernières législatives, mais aussi une « poursuite de la politique du régime de Moubarak ».

Pour Amani Al-Tawil, chercheuse au Centre des études politiques et stratégiques d’Al-Ahram, il est difficile pourtant de classer les salafistes en tant qu’opposants, puisqu’ils adoptent la même idéologie et les mêmes orientations sociales et économiques que les Frères musulmans. Ces formes de critiques à l’encontre de Morsi, Al-Tawil les qualifie de « différends politiques temporaires et limités, loin de former une opposition consistante ». Ali Abdel-Aal, expert des mouvements islamiques, partage ce même point de vue : « Les deux se regroupent autour d’un seul projet islamique. Les moyens pourraient être différents et les étapes aussi. Mais en fin de compte, ils sont plus aptes à s’entendre ».

Cependant, face à la vague d’alliances qui se forment à gauche comme à droite avec pour ambition d’affronter « le courant de l’islam politique », ces deux formations islamistes, qui ont raflé ensemble plus de 70 % des sièges au Parlement dissous, ne restent pas les bras croisés.

La presse parle déjà d’une « offre d’alliance » sortie du bureau politique de la confrérie à destination du parti Al-Nour. Mais en public, les déclarations se contredisent.

Mahmoud Hussein, secrétaire général des Frères musulmans, déclare qu’il est encore prématuré de parler d’alliances électorales pour les prochaines législatives. Pourtant, sur son compte Facebook, Nader Bakar a dévoilé que son parti « Al-Nour est en train d’étudier la proposition du Parti Liberté et justice. Nous sommes en ce moment seuls, jusqu’à preuve du contraire », écrit-il.

En effet, il existe une tendance à l’intérieur des partis salafistes à faire cavalier seul lors des législatives et à concourir sur 100 % des sièges.

Ces partis ont de mauvais souvenirs de leur coalition avec les Frères qui s’est mal terminée lors des dernières législatives. Coude à coude lors du scrutin de liste, les deux formations se sont lancées dans une concurrence féroce lors du scrutin uninominal. Malgré tout, et pour Abdel-Aal, ces négociations peuvent aboutir à une « alliance islamiste » qui se dressera comme un grand défi pour les autres alliances libérales et de gauche.

Aliaa Al-Korachi

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Trois nouveaux mouvements d'opposition viennent de voir le jour, formés par d'anciens candidats à la présidentielle 

Le Courant populaire

L’idée, lancée par Hamdine Sabbahi, consiste à regrouper partis politiques, mouvements révolutionnaires et personnalités publiques, quelles que soient leurs idéologies, avec l’objectif de former un front politique capable de faire face à l’hégémonie des islamistes, de mettre en place les revendications de la révolution et de peser dans les débats et les politiques nationales, surtout celles ayant trait à la justice sociale, ainsi que l’élaboration de la Constitution.

Le 21 septembre est la date prévue pour la conférence de presse annonçant la fondation du Courant populaire. 

L’Egypte forte

C’est un parti encore en construction, fondé par et sur une idée de Abdel-Moneim Aboul-Foutouh. Inspiré de son slogan lors de la campagne présidentielle « l’Egypte forte », il regroupe des personnalités variées dont des islamistes, en particulier des dissidents des Frères musulmans, des personnalités de la gauche, des féministes et des coptes. Sa ligne politique est sociodémocrate. L’objectif est de former une force politique qui critique avec objectivité le régime en cas de défaillance, tout en proposant des politiques alternatives. Il défend les libertés individuelles, la citoyenneté, les droits des pauvres et des marginalisés.  

La Conférence égyptienne

Présidée par l’ancien candidat à la présidentielle Amr Moussa, la coalition Al-Moatamar (la conférence égyptienne), dont le nom a été inspiré du parti La conférence indienne, renferme plus d’une vingtaine de partis et mouvements libéraux dont Al-Gabha al-dimocratia, Ghad al-thawra et Al-Masry al-dimocrati. Plusieurs objectifs les ont réunis : s’opposer à l’hégémonie des Frères musulmans, préserver les droits et la liberté d’expression et participer activement aux élections législatives. La réunion pour son lancement doit se tenir en fin de semaine.

 




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