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 Semaine du 12 au 18 septembre 2012, numéro 939

 

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Monde

Asie-Pacifique. Les récentes tensions dans la région, notamment au sujet du contrôle de certaines îles en Mer de Chine, témoignent des ambitions croissantes de Pékin. Des ambitions que Washington tente de contrer à tout prix. 

Pékin contré par Washington 

Les tensions en Asie-Pacifique risquent de dégénérer en crise ou plus tristement en guerre. Alors que le Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec), qui s’est tenu samedi à Vladivostok, dans l’Extrême-Orient russe, était en principe destiné à discuter de la crise économique mondiale, il a été aussi dominé par les disputes territoriales qui ont ressurgi récemment entre les pays asiatiques surtout en Mer de Chine. L’Apec regroupe 21 pays du pourtour du Pacifique, outre les Etats-Unis, le Japon, la Corée du Sud et le Canada. Lors du sommet, plusieurs dirigeants ont exprimé leur inquiétude sur la situation actuelle en Asie-Pacifique. Pour le moment, la Chine, le Vietnam, les Philippines, Brunei, la Malaisie, Taiwan et le Japon s’opposent pour le contrôle d’archipels riches en hydrocarbures en Mer de Chine. A l’origine de ces tensions figure Pékin qui ne cesse de revendiquer une souveraineté sur la totalité de la Mer de Chine (située au Pacifique et riche en ressources naturelles), y compris les zones proches des côtes des pays voisins comme le Japon, le Vietnam et les Philippines. Ces prétentions chinoises divisent aussi l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean), à un point tel que, pour la première fois en 45 ans d’existence, l’association n’avait pas réussi lors d’un sommet, en juillet, à s’entendre sur un communiqué commun.

Lors du sommet de l’Apec samedi, le Vietnam et les Philippines ont accusé la Chine de tentatives d’intimidation pour étendre sa souveraineté sur la Mer de Chine. Outre ces deux pays, les relations entre Pékin et Tokyo se sont fortement envenimées ces derniers jours à cause des îles Senkaku — appelées Diaoyou par les Chinois — qui sont au cœur d’une bataille de souveraineté entre les deux pays. Ces îles — riches en poissons et en hydrocarbures — appartiennent, pour l’instant, à une famille japonaise, mais le gouverneur de Tokyo, fervent nationaliste, a affiché sa volonté cette semaine de les acheter afin de clarifier le statut du territoire. Cette annonce a remis le feu aux poudres entre Tokyo et Pékin qui voient dans cette vente une décision « illégale ». « Il s’agit d’une nouvelle provocation et d’une violation du territoire chinois », affirment des responsables chinois. Lors du sommet de l’Apec, le porte-parole de la diplomatie chinoise, Qin Gang, n’a affiché aucun recul, affirmant « la ferme résolution et détermination du gouvernement chinois à préserver la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale ». « Le Japon devrait prendre des actions concrètes pour retrouver la Chine à mi-chemin afin de réduire les tensions », a-t-il ajouté.

Depuis mi-août, les provocations se sont multipliées des deux côtés, quand des militants venus de Hong Kong ont débarqué sur l’un de ces îlots et ont été arrêtés par les autorités nippones. Le lendemain, des nationalistes japonais ont débarqué sur l’une des îles pour y planter le drapeau nippon. En réaction, des manifestations anti-japonaises se sont produites dans plus de 20 villes de Chine. Des commerces japonais, des restaurants et des véhicules ont été pris pour cibles.

 

Tournée d’Hillary Clinton

Dans une tentative de désamorcer la crise entre les deux superpuissances économiques, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a effectué cette semaine une visite à Pékin, où elle a plaidé en faveur d’une approche multilatérale pour tenter de résoudre les contentieux territoriaux en Mer de Chine. En fait, Washington se range, depuis le début de la crise, aux côtés de son allié nippon. Le 28 août, la porte-parole du Département d’Etat, Victoria Nuland, avait indiqué que les îles Senkaku/Diaoyu entraient dans le champ de l’article 5 du traité de sécurité nippo-américain. Washington s’est dit donc prêt à venir au secours du Japon et l’aider à protéger ces îlots. C’est pourquoi Mme Clinton a reçu « un accueil glacial » de la part des responsables chinois qui l’ont exhortée à ne pas prendre partie dans la dispute territoriale, la mettant en garde contre toute atteinte américaine aux intérêts fondamentaux de la Chine.

Reçue par le président Hu Jintao, Hillary Clinton a adopté un ton conciliant, affirmant qu’il en allait de l’intérêt commun que la Chine et l’Asean lancent un processus diplomatique vers le but partagé d’un « code de bonne conduite » en Mer de Chine que l’association régionale tente depuis plusieurs années de faire accepter à Pékin. La Chine s’est cependant toujours opposée à ce code, marquant sa préférence pour une résolution bilatérale des différends où elle sera en position de force.

En fait, la visite de Mme Clinton en Chine s’inscrit dans le cadre d’une tournée en Asie-Pacifique de 10 jours entamée la semaine dernière par Jakarta, puis le Timor oriental, le Brunei et enfin Vladivostok les 8 et 9 septembre pour prendre part au sommet de l’Apec. Cette tournée est destinée à contrer ou plutôt à contrebalancer l’influence grandissante de la Chine dans la région et à renforcer l’unité de l’Asie du Sud-Est récemment mise à mal par des différends territoriaux avec le puissant voisin chinois. Lors de sa tournée, Mme Clinton a exhorté les pays asiatiques à former un front solide face aux ambitions chinoises.

Selon les experts, cette tournée a fort inquiété Pékin car la secrétaire d’Etat n’a pas cessé de marteler que le Pacifique était devenu une région vitale pour les Etats-Unis sur le plan économique et stratégique, exprimant son ambition de faire de ce XXIe siècle « le siècle de l’Amérique dans le Pacifique ». Ces dernières années, les Etats-Unis ont engagé une offensive diplomatique sans précédent dans la région, multipliant les voyages officiels, tout en décidant de déployer 60 % de leur puissance militaire dans la zone. Il semble que Pékin aurait du mal à réaliser ses ambitions en Mer de Chine, car Washington ferait contrepoids à l’émergence d’une superpuissance chinoise dans la région.

Maha Al-Cherbini

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Réchauffement
 sino-indien

Dans une tentative de renforcer la coopération militaire entre l’Inde et la Chine — deux grands pays voisins d’Asie — le général Liang Guanglie, ministre chinois de la Défense, s’est rendu à New Delhi cette semaine. Signal positif puisqu’il s’agit de la première visite en Inde d’un ministre chinois de la Défense depuis huit ans. Lors d’entretiens qualifiés de « positifs », le ministre de la Défense de l’Inde et celui de la Chine ont décidé de reprendre leur coopération dans le domaine de la défense pour contribuer au renforcement de la confiance entre les deux pays. « Nous sommes parvenus à un consensus sur des visites à haut niveau, des échanges de personnels, la sécurité maritime et la coopération entre les deux marines », a déclaré le ministre indien, A.K. Antony.

Décidés à tourner la page du passé, les deux ministres ont également décidé de reprendre leurs manœuvres militaires conjointes après 4 ans d’interruption. En fait, les deux pays avaient cessé leurs exercices militaires en 2008. Leur premier exercice militaire conjoint avait eu lieu à Kunming (Chine) en 2007, et le deuxième à Belgaum (Inde) un an plus tard. Une troisième session, prévue pour se dérouler en Chine, avait été repoussée après une dégradation des relations entre les deux pays, causée par le refus de la Chine d’accorder un visa à un officier militaire indien basé au Cachemire, région disputée entre l’Inde et le Pakistan.

En 1962, l’Inde et la Chine s’étaient livré une guerre brève mais meurtrière à propos de l’Etat indien du Nord-Est, l’Arunachal Pradesh. Depuis, les deux pays ont tenu 14 réunions sur le sujet sans parvenir à un accord. Le renforcement de l’infrastructure militaire de la Chine tout au long de sa frontière avec l’Inde était toujours mal perçu par New Delhi, qui tend de plus en plus à considérer Pékin comme sa plus grande menace comme le Pakistan, son ennemi héréditaire. N’oublions pas que la Chine entretient d’excellentes relations avec le Pakistan, ce qui a porté le gouvernement indien à opter pour une politique de « double front », consistant à répondre aussi bien aux menaces chinoises que pakistanaises. Reste à se poser la question : ce rapprochement indo-chinois sera-t-il de bon augure pour tous les pays d’Asie dont les relations sont envenimées par des disputes territoriales ?

 




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