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 Semaine du 29 juin au 5 juillet 2011, numéro 877

 

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Maroc . Des manifestations animent toujours le pays, réunissant des milliers de partisans et d’opposants au projet de révision constitutionnelle soumis à référendum le 1er juillet.

Divisions autour du projet de Constitution

A quelques jours du référendum sur un projet de révision constitutionnelle, des milliers de manifestants ont défilé dimanche au Maroc pour contester ou soutenir les réformes démocratiques proposées par le roi Mohammed VI, qui doivent être soumises à référendum le 1er juillet. Répondant à l’appel de partis politiques et notamment de la confrérie religieuse soufie Zaouia Boudchichia (qui prône une approche mystique et ascétique, faite de contemplation), les manifestants satisfaits des réformes faites par le roi ont décidé de soutenir le projet de Constitution en se rassemblant en très grand nombre. Favorable au pouvoir, cette confrérie dirigée par le cheikh Hamza a pour la première fois mobilisé en masse ses disciples. « On n’est pas un parti politique, mais il y a une dynamique politique régionale et notre jeunesse veut l’accompagner pacifiquement pour soutenir le projet royal », explique Lahcen Sbao Idrissi, porte-parole de la confrérie.

Pour exprimer leur avis et affaiblir l’opposition au projet, les manifestants ont appelé à des rassemblements massifs dans plusieurs villes chaque jour jusqu’au 30 juin pour soutenir le projet constitutionnel.

Le taux de participation au référendum est un enjeu important pour les autorités marocaines qui multiplient les annonces et les débats dans les médias et distribuent le texte de la nouvelle Constitution jusque dans les avions.

En première réaction à ces appels, le ministre de la Communication, Khaled Naciri, également porte-parole du gouvernement, a déclaré : « Nous sommes tellement confiants dans l’appui de la majorité de la population au projet de Constitution (que) ce ne sont pas quelques voix dissonantes qui nous déstabiliseront ».

Déjà, il existe un autre camp qui soutient ces changements. La reconnaissance prévue du berbère comme langue officielle du Maroc avec l’arabe a été saluée par les membres de cette communauté, mais certains d’entre eux craignent que sa mise en œuvre soit entravée par les conservateurs et les islamistes. Le projet de Constitution qui sera soumis à référendum fait de la langue amazighe une langue officielle au même titre que l’arabe, un événement historique au Maghreb. Une loi qui devra être adoptée par le Parlement marocain définira « le processus de mise en œuvre du caractère officiel de cette langue, ainsi que les modalités de son intégration dans la vie publique », stipule l’article 5 du projet de Constitution, dont l’adoption est considérée comme probable.

Quant aux adversaires du projet, ils estiment qu’il ne limite pas suffisamment les pouvoirs du souverain de la plus ancienne dynastie du monde arabe, bien qu’il renforce le Parlement et le gouvernement. « Nous rejetons les propositions faites (par le roi). Elles laissent l’essentiel de l’autorité dans les mains d’une personne non élue qui ne sera soumise à aucune forme de contrôle », a déclaré Aziz Yaakoubi, membre du mouvement pro-démocratie du 20 Février, dont le nom réfère à sa date de création. Avis partagé par plusieurs protestataires. « Il s’agit de manifestations pacifiques nationales, les cinquièmes, pour montrer que nous utiliserons la rue jusqu’à la réalisation de notre objectif : une véritable monarchie parlementaire », a déclaré Ahmed Mediany, un militant de gauche et membre de la section de Casablanca du Mouvement du 20 Février.

Pouvoirs exécutifs

Essayant de répondre aux revendications des protestataires, le roi a exposé les réformes ce mois-ci à la suite d’une série de manifestations sans précédent depuis des décennies. La nouvelle Constitution dote explicitement le gouvernement de pouvoirs exécutifs. Elle permet toujours au monarque de nommer le premier ministre, mais celui-ci doit être issu de la formation arrivée en tête aux élections législatives. Le premier ministre pourra proposer et démettre les membres du gouvernement et dissoudre la chambre basse après avoir consulté le roi, le président de la chambre et celui du Conseil constitutionnel. L’autorité du souverain continue néanmoins de s’exercer sur l’armée, les institutions religieuses et l’appareil judiciaire. Des modifications jugées insuffisantes par les protestataires. Mais, le mouvement de contestation marocain n’a pas rallié un soutien massif et ne milite pas pour la fin de la monarchie. Il concentre ses critiques sur ce qu’il perçoit comme une influence croissante du roi sur les milieux d’affaires et son emprise sur le système politique.

Cependant, la plupart des partis politiques ont appelé à approuver le projet constitutionnel, alors que trois partis de gauche, le Parti socialiste unifié, le Parti d’avant-garde démocratique et socialiste et la Voie démocratique, ont pour leur part appelé à boycotter le scrutin. Soutenant le même avis, le mouvement islamiste Justice et bienfaisance, l’un des plus importants au Maroc, a également appelé à boycotter le scrutin et déclaré qu’il participera aux manifestations aux côtés des jeunes du 20 Février jusqu’à ce qu’ils atteignent leurs objectifs. Pour renforcer leur pression, le mouvement des jeunes du 20 Février, qui revendique des changements politiques, a appelé non seulement à boycotter le référendum sur le projet de Constitution présenté par le roi Mohammed VI, mais aussi à manifester massivement quotidiennement dans les grandes villes.

« Nous appelons au boycott de ce projet de Constitution que nous rejetons sur le fond et sur la forme », indique un communiqué publié sur la page Facebook du mouvement, qui compte plus de 60 000 membres. « Nous sommes attachés à nos revendications justes pour la dignité, la démocratie et la justice sociale, par des moyens pacifiques. Nous appelons les citoyennes et les citoyens à manifester pacifiquement dans tout le Maroc pour protester contre ce projet qui ne remplit pas les conditions d’une Constitution démocratique », affirme le mouvement.

Maha Salem

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