Al-Ahram Hebdo, Afrique | La Constitution ne changera pas

  Président
Labib Al-Sebai
 
Rédacteur en chef
Hicham Mourad

Nos Archives

 Semaine du 29 juin au 5 juillet 2011, numéro 877

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Afrique

Sénégal . Face à l’ampleur du mécontentement dans le pays, le président Wade a décidé de renoncer à modifier la Constitution afin de se présenter à un nouveau mandat en 2012.

La Constitution ne changera pas

Sous le poids de la vague de violence et de protestations qui a déferlé cette semaine sur le pays, le président sénégalais Abdoulaye Wade a décidé d’annuler le référendum visant à modifier la Constitution. Motif : le président ne sera plus à même de faire face à la colère de son peuple et de ses opposants qui rejettent tout changement constitutionnel.

Pour calmer les protestataires, il a décidé « de retirer » son projet controversé de réforme constitutionnelle sur l’institution d’un « ticket présidentiel ». Le retrait du texte a été annoncé aux députés par le ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, après des échanges souvent houleux entre les députés et de longues heures de heurts entre manifestants opposés au projet et forces de l’ordre à travers Dakar.

Le projet de loi avait été adopté en Conseil des ministres le 16 juin, à huit mois de l’élection présidentielle de février 2012, à laquelle Abdoulaye Wade, 85 ans, est candidat. Dans sa version initiale, le texte visait à modifier la Constitution pour permettre aux Sénégalais d’élire simultanément, dès 2012, un président et un vice-président sur la base d’un « ticket » qui, pour l’emporter, pouvait ne recueillir au premier tour que 25 % des suffrages exprimés. Ce minimum de voix pour une victoire au premier tour était parmi les dispositions les plus décriées par les opposants au projet. A l’ouverture de la séance plénière, le ministre Sy avait annoncé que M. Wade avait décidé d’abandonner cette disposition pour conserver dans le projet la majorité absolue (50 % plus une voix) comme minimum pour emporter l’élection au premier tour. Pour ses détracteurs, à travers cette initiative, Abdoulaye Wade, arrivé au pouvoir en 2000, entendait se faire réélire avec peu de voix pour ensuite céder le fauteuil à son fils et « super » ministre, Karim, 42 ans. Des allégations régulièrement rejetées par son entourage.

Le texte sur le « ticket présidentiel » a mis le régime de M. Wade face à une contestation d’ampleur jamais égalée depuis onze ans. Plusieurs manifestations, certaines marquées par des violences, ont été enregistrées. Les protestataires se sont fait entendre jusque dans le camp du Parti Démocratique Sénégalais (PDS, au pouvoir) et de ses alliés. Des députés de la majorité avaient clairement indiqué leur refus de voter pour le texte. Et peu avant l’annonce du retrait du projet de loi, le chef du groupe parlementaire de la majorité, Doudou Wade, avait interpellé le ministre de la Justice sur la violente contestation du texte.

Pour renforcer leur pression, plus de 60 partis politiques et organisations de la société civile du Sénégal ont formé un mouvement qui demande au président Abdoulaye Wade de renoncer à sa candidature à l’élection présidentielle de 2012. « Nous sommes largement plus de 60 » partis, associations, ONG de la société civile à avoir créé, vendredi, « le Mouvement du 23 juin » 2011. « Notre première exigence, c’est que Wade déclare publiquement qu’il renonce à sa candidature » à la présidentielle, a déclaré Mme Aossata Tall Sall, porte-parole du Parti Socialiste (PS, opposition). La date fait référence à la journée de jeudi, marquée par des manifestations d’ampleur dans le pays, ayant tourné à l’émeute à Dakar, contre le projet de réforme constitutionnelle. Le Mouvement du 23 juin regroupe « toutes les composantes actives du pays qui veulent le changement dans la paix, dans le calme », a déclaré l’ex-premier ministre Moustapha Niasse, chef de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP, opposition). « Le peuple s’est levé jeudi pour dire : ça suffit. Si Abdoulaye Wade a l’intelligence de comprendre ce message-là, il doit déclarer publiquement qu’il ne va pas se présenter aux élections en février 2012 », a ajouté M. Niasse. Selon Mme Aossata Tall Sall, la coalition exige aussi « l’arrêt de toutes (les) mesures prises dans le sens de chambouler les règles du jeu électoral ». Avis partagé par plusieurs opposants. En fait, le Comité de coordination des forces vives de la nation, qui réunit opposition et société civile, a insisté qu’« une candidature de Wade en 2012 serait illégale, illégitime, inopportune et dangereuse pour la paix et la stabilité du Sénégal et de la sous-région ». Affirmant que le chef de l’Etat a épuisé ses deux mandats légaux, le Comité regrette, dans un communiqué, « qu’il ait fallu une journée de feu et de sang, de souffrances et de violences pour que le président Wade et son gouvernement ouvrent les yeux et voient la réalité ».

Abdoulaye Wade, 85 ans, a été élu en 2000 pour un mandat de sept ans, puis réélu en 2007 pour cinq ans à la suite d’une modification de la Constitution. Il a annoncé en 2009 qu’il briguerait un nouveau mandat en 2012, suscitant un débat, toujours vif, sur la légalité de sa candidature.

Maha Salem 

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.