Al-Ahram Hebdo, Economie | Les limites de la nouvelle stratégie

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 Semaine du 4 au 10 mai 2011, numéro 869

 

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Economie

Téléphonie Mobile . Les trois opérateurs sont confrontés à une saturation prochaine du marché, ce qui les pousse à s’intéresser davantage aux services Internet sans fil. Mais la faible croissance économique pose des obstacles.

Les limites de la nouvelle stratégie

«les trois sociétés de télécom opérant sur le marché égyptien envisagent un recul de l’augmentation des lignes de téléphonie portable et compenseront cette baisse par un accroissement des investissements relatifs au secteur de l’Internet », assure Amr Al-Alfi, chef du département des recherches auprès de la banque d’investissement CI Capital. Mobinil, Vodafone et Etisalat font face à un ralentissement dans la croissance des abonnés de portables. La croissance sera égale à la moitié de celle enregistrée fin 2010.

Ahmad Adel, analyste financier auprès de Naeem Holding, estime que le recul des abonnements est dû au ralentissement de l’économie affectée par la révolution : « L’économie égyptienne est désormais menacée par une récession qui peut durer plus d’un an, faisant tomber le taux de croissance à moins de 3 % selon les estimations du ministre des Finances, Samir Radwan ». Selon le FMI, la croissance pourrait tomber à moins de 1,5 %.

Le marché des abonnements GSM s’approche de la maturité. Il atteindra un taux de pénétration de 100 % en 2013, contre 70 % fin 2010, soit 70,6 millions d’abonnés. « Cependant, cela ne me préoccupe pas, car cette saturation est attendue et normale. Ce qui est vraiment un sujet de préoccupation, c’est de savoir comment les opérateurs mobiles seront en mesure de limiter l’érosion des dépenses moyennes par utilisateur », note Amr Al-Alfi. Les impacts sur les opérateurs devraient rapidement se faire sentir, même s’ils resteront limités.

Mohsen Adel, PDG de Pionners Investments, explique que la seule solution pour sortir de cette « crise » est de se diriger vers les services Internet. D’autant plus que la révolution a eu des effets positifs sur ce secteur, notamment à travers l’utilisation de plus en plus fréquente de sites comme Facebook ou Twitter. Les smartphones, qui ont fait récemment leur apparition en Egypte, sont en effet des vecteurs importants de l’augmentation de l’utilisation d’Internet. Encore onéreux et peu accessibles, ils devraient cependant se généraliser d’ici quelques années.

Effets non négligeables

Le rapport du ministère des Télecommunications et des Technologies de l’information, publié fin 2010, indique que le nombre d’internautes a connu une hausse importante atteignant 7,8 millions d’utilisateurs en 2010, contre 4,7 millions en 2009. La tendance n’est donc pas spécifiquement liée à la révolution, même si celle-ci a eu des effets non négligeables. Un autre rapport, issu de Naeem Holding, prévoit que le nombre d’internautes atteindra 22 millions fin 2012. Des prévisions qui encouragent les grands opérateurs à invertir davantage sur ce marché en pleine croissance et qui est loin d’avoir atteint son seuil maximal de pénétration. Le succès des smartphones de par le monde devrait bientôt se faire sentir en Egypte ... et le marché est encore à prendre.

Pour Vodafone Misr, premier opérateur en nombre d’abonnés (31,7 millions), 3 milliards de L.E. seront investies pour moderniser ses réseaux et les rendre plus adaptés à la 3G : l’Internet accessible depuis les téléphones portables.

Mobinil, second opérateur en Egypte, a déclaré par la voix de Hassan Qabbani, directeur général, que « la prochaine période verra une extension ainsi qu’une concentration des services Internet. Le slogan de la prochaine période sera : l’Internet est entre les mains de tout le monde, au lieu du portable entre les mains de tout le monde ». En ajoutant que l’investissement de Mobinil sera presque équivalent à celui de Vodafone. Il ajoute que la croissance des services Internet est plus élevée que celle du portable à ses débuts. « Ce qui donne à notre société la volonté de se lancer dans ce secteur ».

Pour être présent dans ce secteur, Mobinil a acheté Link.net et Link Egypt, « ce qui a présenté un lourd fardeau à assumer. A tel point que la compagnie a été obligée de s’abstenir de distribuer des dividendes pour le dernier trimestre de 2010. La compagnie a enregistré un recul de 36,52 % durant cette même période et a besoin de liquidités pour l’extension à la 3G », note Adel.

Etisalat, la société émiratie, la dernière à rentrer sur le marché avec 8,6 millions d’abonnés, a déclaré avoir injecté 1,4 milliard de dollars, soit 8 milliards de L.E. pour l’extension de ses réseaux et l’augmentation de sa capacité internationale. « Les services Internet sont considérés comme présentant les potentiels les plus importants, depuis leur création en 2007 », note Taimour Al-Dereni, analyste financier auprès de Beltone Financials.

Pour sa part, Saleh Al-Abdouly, directeur général d’Etisalat, souligne que « chacun des trois opérateurs s’est précipité pour acquérir des sociétés Internet à haut débit afin de pouvoir offrir à la fois des packs Internet à haut débit et Internet sans fil. Le pari le plus important est de pouvoir passer à une technologie plus moderne comme le Wimax (abréviation de Worldwide Interoperability for Microwave Access, ndlr) qui signifie un mode de transmission et d’accès à l’Internet haut débit portant sur une zone géographique étendue ».

Mais il semble que ces plans d’extension seront soumis à un certain nombre de difficultés. Le ministère des Télécommunications a affirmé, une semaine après la révélation de ces plans d’expansion, qu’il va reporter sa nouvelle stratégie qui consistait à réduire les prix des nouveaux services Internet haut débit et à renforcer l’infrastructure Internet. Ces deux mesures font face à des problèmes de financement auxquels est confronté le ministère.

La mise en place de cette stratégie coûte 3,5 milliards de dollars. C’est un montant important par rapport au volume de consommateurs qui ne dépassent pas 1,5 million d’utilisateurs. Par ailleurs, Telecom Egypt (TE), l’unique opérateur de ligne fixe, a dévoilé qu’il ne fournira pas d’autres capacités Internet car les trois opérateurs n’ont pas réglé leurs engagements financiers évalués à 30 millions de L.E. « Ces montants devaient être des acomptes que Telecom Egypt devait recevoir des opérateurs. Mais ces derniers ont fait volte-face », assure Qabbani.

Les opérateurs ne peuvent augmenter le nombre d’internautes que s’ils sont soutenus par le ministère des Télécommunications. « Le manque de liquidités frappant tous les secteurs ne doit pas affecter les stratégies gouvernementales liées à Internet et planifiées bien avant la révolution. Le gouvernement doit respecter ses anciennes promesses », s’indigne Qabbani. Le manque actuel de ressources et la crise économique que traverse l’Egypte obligent cependant le gouvernement à revoir ses priorités. A l’heure actuelle, le développement de l’Internet sans fil devra encore patienter quelque temps.

Dahlia Réda

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