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 Semaine du 25 au 31 mai 2011, numéro 872

 

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Tourisme . Le secteur n’est pas tiré d’affaire. Les réservations touristiques ont récemment baissé de 15 % après les affrontements interconfessionnels qui ont eu lieu dernièrement au Caire.

Nouvelle rechute

Frappé de plein fouet, le secteur du tourisme, un des piliers de l’économie égyptienne, a perdu plus de 2,27 milliards de dollars depuis le début de l’année 2011. La raison est simple : la révolution du 25 janvier est arrivée en pleine saison touristique et a provoqué le départ des touristes et l’annulation des voyages prévus.

Pour ce secteur et l’ensemble de l’économie, les pertes sont sévères. La situation s’est compliquée après les avertissements diffusés par la plupart des pays encourageant leurs citoyens à éviter les voyages en Egypte désormais sous le joug de l’instabilité politique. « Alors que les touristes commençaient à peine à revenir, après les efforts déployés par les responsables du secteur du tourisme, les récents affrontements entre musulmans et chrétiens au Caire ont fait à nouveau chuter les réservations », indique Mounir Fakhri Abdel-Nour, ministre du Tourisme. Le ministre s’est alerté de l’impact des grèves, des marches « millionnaires » et des affrontements interconfessionnels sur le mouvement touristique. « Les chiffres du mois de mai et ceux d’avril étaient prometteurs puisqu’ils avaient souligné la reprise de plus de 50 % du mouvement du tourisme en Egypte. Les événements dramatiques d’Imbaba nous ont fait reculer plusieurs pas en arrière », assure Abdel-Nour.

Pour sa part, Sami Mahmoud, vice-président de l’Organisme de la promotion touristique (ETA), estime que personne ne pourra pas inciter les touristes à revenir sans que ceux-ci ne reprennent confiance dans la sécurité du pays. Car en effet, la compétition est rude et l’Egypte n’est pas le seul pays attractif de la région. « Qu’est-ce qui pousse un touriste à prendre le risque de venir en Egypte alors qu’il peut aller séjourner dans un autre pays plus sûr ? », s’interroge Sami Mahmoud.

Elhami Al-Zayat, président de l’Union des chambres du tourisme et d’hôtellerie, critique ces événements dramatiques qui se sont déroulés sous le nom de la religion mais qui n’ont rien à voir avec les préceptes cléments et miséricordieux des religions, qu’elles soient musulmane ou chrétienne. « Ce ne sont pas seulement les affrontements interconfessionnels mais c’est tout ce qui mène à l’instabilité politique, comme les invitations pour les marches en faveur de Gaza. Tout ceci porte atteinte au tourisme, surtout que ce secteur vital ne s’est pas rétabli suite à la révolution. N’oublions pas les médias qui diffusent les événements en direct vers le monde entier et l’exagération de quelques-uns, tout cela affecte l’image de l’Egypte », souligne Al-Zayat. Clairement, politique tumultueuse et tourisme ne font pas bon ménage ; mais lequel est le plus important ?

Loin des troubles

Bien que les destinations balnéaires de la mer Rouge soient isolées des événements qui se déroulent au Caire, elles ont aussi été affectées. « Les échos de ce qui se passe au Caire atteignent les destinations sereines de la mer Rouge. La preuve en est que malgré l’annulation par la Russie des restrictions sur les voyages vers l’Egypte et des prix relativement bas des voyages vers la mer Rouge, les Russes ne sont pas encore revenus en grand nombre comme on l’espérait », assure Ahmad Balbaa, président du comité du tourisme à l’Association des hommes d’affaires égyptiens. Il ajoute que ces incidents nuisent à la colonne vertébrale de l’économie et, malgré les efforts qu’on déploie pour promouvoir le tourisme, les résultats ne sont pas satisfaisants. Ce qui se passe actuellement ralentit le mouvement touristique au lieu de l’accélérer. Le tourisme a généré 13 milliards de dollars de revenus l’an dernier, ce qui représente environ 6 % du PIB égyptien. Le secteur emploie, directement ou indirectement, 10 % de la population active. Une délégation de représentants de l’industrie touristique russe et une autre américaine ont dernièrement visité l’Egypte et se sont entretenues avec des responsables du ministère afin de prendre connaissance de la situation dans le pays. Malgré ces efforts, Malaka Hilton, présidente d’Admiral Travel International, en Floride, précise que 90 % des voyages de son entreprise vers l’Egypte avaient été annulés depuis le soulèvement populaire. « Il y a toujours un niveau d’incertitude », a-t-elle affirmé. « Les voyageurs affirment que quand les choses se seront stabilisées du côté du gouvernement, ils reviendront », pondère-t-elle.

Autre son de cloche pour Alexandre Radicov, président de l’Agence fédérale du tourisme en Russie. Il affirme positivement qu’il se sent en sécurité parmi le peuple égyptien comme toute la délégation qui l’accompagne. Il ajoute qu’en dépit des événements qui ont eu lieu en Egypte, les Russes comprennent que ce qui se déroule est normal, surtout après le changement politique radical qui a eu lieu dans le pays. Les Russes semblent plus propices à comprendre la situation, ce qui explique pourquoi la Russie a repris tous les vols à destination de l’Egypte. Question de culture ? « On a confiance dans la destination touristique égyptienne qui est la destination numéro 1 pour les Russes ainsi que dans le pouvoir du gouvernement et du peuple égyptien à restituer la sécurité et la paix partout dans le pays », conclut Radicov. Si tous les touristes pouvaient être russes ... .

Dalia Farouq

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