Al-Ahram Hebdo, Evénement | Un droit en suspens

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 Semaine du 25 au 31 mai 2011, numéro 872

 

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Politique. La participation aux divers scrutins des Egyptiens de l’étranger reste problématique. De nombreux obstacles s’y opposent alors qu’ils considèrent que c’est là l’un de leurs droits inaliénables.

Un droit en suspens

Plus de 7 millions d’Egyptiens, soit 10 % de la population, n’auront pas le droit de voter aux prochaines élections législatives, prévues en septembre. Pourtant, ceux-ci ne sont ni militaires, ni policiers, ni prisonniers, ni même malades mentaux interdits de vote par la Constitution. En fait, il s’agit des citoyens égyptiens qui résident à l’étranger.

Le nouvel amendement de la loi concernant la pratique des droits politiques n’a pas mentionné le sort de ces Egyptiens. Vont-ils participer aux élections ou pas ? Rien n’est clair, mais les déclarations officielles qui l’ont suivi indiquent le peu de probabilité de leur participation. « La Constitution donne à tous les Egyptiens de l’intérieur comme de l’étranger le droit de participer à la vie politique … c’est la nationalité égyptienne qui est la norme et non pas le lieu de résidence », pouvait-on entendre dire par les responsables du Conseil militaire, avant de poursuivre avec un grand « Mais », puisqu’« il existe des problèmes logistiques qui devaient être pris en compte pour les votes par correspondance. Il y a des règles et des normes pour organiser cette opération ». Cela veut dire que la décision de leur procurer le droit au vote n’est pas encore définitive.

C’est donc un ni oui, ni non. Et pour sortir de l’impasse, les autorités ont annoncé que le dernier mot dans cette affaire sera « dans les mains du Conseil suprême des élections ».

La grande déception a alors envahi cette large tranche d’Egyptiens qui aspirait, comme tous leurs compatriotes, à jouer un rôle politique actif, ce qui leur a été pour longtemps interdit sous l’ancien régime. Et au moment où ils se préparaient au vote, les amendements leur apportent un choc. Durant les derniers mois, les autorités ont promis d’étudier une loi permettant leur participation aux élections parlementaires et présidentielles et les promesses n’ont pas été tenues. Pour eux, il n’était pas question de garder le silence. Permettre aux Egyptiens de l’étranger d’exercer leur droit de vote dans les ambassades et consulats est une revendication qu’ils ont toujours soulevée lors de chaque scrutin. Sous l’ancien régime, les arguments se multipliaient pour garder la question en suspens : « En raison de la distance, la majorité ne peut ni suivre ce qui se passe sur la scène politique et dans les partis politiques, ni connaître les candidats et les campagnes électorales … Comment alors peuvent-ils donner leurs voix dans des élections qui se déroulent aussi loin ? Et où le vote peut-il avoir lieu ? Dans les ambassades et les consulats égyptiens ? ».

« Prendre au sérieux les exigences »

Mais les jours se suivent et se ressemblent. Résultats : des réactions sévères. En effet, la Coalition égyptienne en Europe a publié un long communiqué où elle a critiqué la position des autorités en Egypte vis-à-vis de leur situation : « Elle représente un retour en arrière, et contrairement aux promesses antérieures à l’accès à leur droit de vote ». Ce communiqué a lancé un appel au Conseil militaire pour « prendre au sérieux les exigences des Egyptiens à l’étranger pour participer aux élections qui seront décisives pour l’avenir de l’Egypte pour les raisons suivantes : les Egyptiens de l’étranger font partie intégrante du peuple égyptien, et exclure leur participation aux élections est une continuation de la politique de l’ancien régime. Cela empêche également une dizaine de millions de personnes de récolter les fruits de leur révolution et soulève des doutes sur le sérieux de l’engagement au principe de la citoyenneté et des élections équitables dans l’Egypte de la révolution, et ouvre la porte à contester la légitimité des résultats. Ceux qui insistent sur l’envoi d’un message de l’exclusion des Egyptiens de l’étranger mettent ainsi en danger les principales sources du revenu national en devises. Il est étonnant que les Egyptiens de l’étranger sont exclus de la participation dans la construction de l’avenir politique de la nation, alors que l’Etat se prépare à lancer des obligations d’aides à leur propre demande pour sauver l’économie nationale », dit le communiqué. Il est vrai, personne ne peut nier l’importance de ces Egyptiens pour la relance de l’économie de l’Etat, surtout que les transferts constituent d’importantes sources de revenus.

Selon Ahmad Mekki, vice-président de la Cour de cassation, le fait est que les dispositions nécessaires pour un tel vote sont très compliquées, notamment lors des élections parlementaires. « Il s’agit d’élections de circonscriptions, c’est-à-dire que chaque personne vote dans la circonscription de son lieu de résidence. Comment alors organiser l’affaire pour les émigrés ? Une circonscription de New York, ou une autre pour l’Europe ou pour la France ? Ce n’est pas aussi facile que l’on peut imaginer », explique Mekki, qui ajoute que « cette histoire est beaucoup plus simple concernant les élections présidentielles, puisque toute l’Egypte aura une seule et même circonscription ». Toutefois, leur participation aux présidentielles n’est pas non plus à ce jour très claire. Un autre obstacle se dresse à la participation de ces émigrés aux élections parlementaires car, selon la Constitution, les urnes doivent être surveillées par des juges. Alors, la possibilité d’envoyer des juges dans plus de 130 pays à travers le monde reste très difficile. Et le fait que les consuls surveillent le processus est une solution anticonstitutionnelle.

Le vote électronique. C’est ce que suggèrent alors les Egyptiens de l’étranger, comme seul espoir pour tenter de surmonter les problèmes techniques et logistiques et assurer leur participation aux scrutins. C’est un système suivi dans plusieurs pays, mais l’initiative reste sans réponse. Quant à l’étude de Magued Osmane, ministre des Télécommunications et de la Technologie de l’information, et qui a annoncé l’avoir entamé (introduire un système électronique de vote pour les élections législatives et présidentielles), elle n’a plus fait parler d’elle.

Cette négligence et ce manque d’intérêt de l’ancien gouvernement vis-à-vis des Egyptiens à l’étranger ont toujours été sujets à critiques et personne ne semble vouloir s’y intéresser. Pourtant, ils constituent la structure qui protège et défend l’intérêt des Egyptiens dans les Etats où ils résident.

Chaïmaa Abdel-Hamid
Aliaa Al-Korachi

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