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 Semaine du 29 septembre au 5 octobre 2010, numéro 838

 

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Dossier

Traitement Aux Frais De L’Etat . Quatorze députés, dont 6 du PND et 6 Frères musulmans, se sont vus retirer leur immunité parlementaire parce qu’impliqués dans l’affaire du traitement aux frais de l’Etat.

Le showbiz sous la coupole

Dans la vie parlementaire, souvent c’est la loi du showbiz. Dans l’affaire des députés accusés d’avoir profité de cette loi de traitement aux frais de l’Etat, on en a bien vu. Personne ne peut oublier que devant la caméra, un député Frère musulman, Mohamad Daoud, a ôté sa chaussure et l’a mise en focus. Une manière de protester contre le fait que son immunité parlementaire a été levée pour son implication dans cette affaire. « Je l’ai levée contre le PND qui m’a accusé alors que ce sont les membres de ce parti qui sont les vrais coupables », a-t-il lancé. De toute façon, dans ce scandale, les députés ont été les premiers à être pointés du doigt des parlementaires. Ils auraient réalisé des profits personnels par millions de L.E. en exploitant le système. Au début de ce mois, le Parlement a décidé la levée de l’immunité parlementaire de 14 de ses députés et conseillers dont 6 du PND, 6 de la confrérie, 1 Wafdiste et le dernier est un indépendant.

Cette décision, prise à la demande du ministère de la Justice, intervient après l’examen de deux rapports, l’un de l’Organisme central des comptes et l’autre des services de police faisant état de « dérégulation du système de gratuité des soins, affaire dans laquelle plusieurs responsables et députés sont impliqués ». Les investigations se sont terminées maintenant et le dernier parlementaire de la liste des accusés est déjà passé devant le Parquet pour être interrogé. Même s’ils tiennent à le nier, ils ont tous été impliqués dans ce grand business. Selon les enquêtes, les députés qui sont le plus mouillés dans ce scandale sont Sayed Azab du PND et Omran Mégahed du néo-Wafd.

Les députés ont été accusés comme le précise le rapport de l’Organisme central des comptes d’avoir violé les lois en vigueur en « aidant à l’extraction de certificats de traitement médical gratuit au profit de citoyens aisés ». Selon ce rapport, « les procédures pour l’obtention d’un certificat de traitement médical gratuit sont minées d’imperfections, de violations, d’injustices. La défaillance du contrôle interne a entraîné un gaspillage des fonds publics ». De plus, les enquêtes ont également révélé que certains responsables du ministère de la Santé, en accord avec les députés, se sont entendus avec des hôpitaux et des centres médicaux privés pour leur envoyer les patients contre des prix exagérés.

En effet, grâce à leur position au Parlement, les députés obtiennent des certificats de la part du ministère de la Santé pour des soins aux frais de l’Etat d’un certain nombre de cas parmi les patients de leurs circonscriptions. Or, les sommes qui figurent sur ces certificats varient largement selon les relations personnelles du député concerné ainsi que selon son positionnement vis-à-vis du parti au pouvoir, et rarement en fonction de l’état financier du patient concerné.

Le montant des autorisations de traitement gratuit s’élevait à 3,09 milliards de L.E. en 2009, alors que pour les trois années précédentes, les dépenses avaient atteint 8,33 milliards de L.E. avec certains patients bénéficiant de sommes à hauteur de 1,7 million de livres.

Jusqu’à aujourd’hui, les enquêtes sont en cours, mais les résultats semblent être évidents, puisque lors d’une récente séance parlementaire, les députés n’ont pas hésité à se lancer des accusations. « Tu es le premier sur la liste des députés ayant fait ce trafic », lance le député Chérine Fouad, du PND, à l’intention de Sayed Azab, du même parti. Les députés qui devraient représenter le peuple sont les premiers à vouloir le dépouiller et violer ses droits. Leur rôle est de poursuivre les ministres et responsables alors qu’eux-mêmes devraient être poursuivis.

Chaïmaa Abdel-Hamid

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