Al-Ahram Hebdo, Dossier | Abdel-Rahmane Chahine, « 92 % des malades soignés à l’étranger sont de simples citoyens »

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 Semaine du 29 septembre au 5 octobre 2010, numéro 838

 

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Dossier

Traitement Aux Frais De L’Etat . Abdel-Rahmane Chahine, porte-parole du ministère de la Santé, souligne qu’un ministre est un responsable du gouvernement et que son moindre droit est d’être soigné aux frais de l’Etat. Interview.

« 92 % des malades soignés à l’étranger
 sont de simples citoyens »

Al-Ahram Hebdo : Tout d’abord, pouvez-vous nous expliquer quel est le vrai problème qui est à l’origine de la polémique actuelle concernant le traitement aux frais de l’Etat ?

Abdel-Rahmane Chahine : Il faut savoir que ce problème a des racines historiques. Lorsque la loi a été promulguée en 1977, elle avait pour but de soigner à l’étranger les malades égyptiens qui n’ont pas de remède à l’intérieur du pays. Un comité précisait si le cas du citoyen méritait un traitement à l’étranger ou pas. Peu à peu, ce système a commencé à se généraliser pour ajouter des cas de traitement à l’intérieur du pays. Cet élargissement explique les dépenses énormes qui ont atteint les trois milliards de L.E. chaque année. Il faut savoir qu’il n’y aurait pas eu de problèmes si ces dépenses étaient au profit des citoyens pauvres. Lorsque le ministre de la Santé a remarqué que la grande majorité des décisions de traitement sont faites à travers des intermédiaires et sans une réelle preuve qui garantisse l’arrivée de ces sommes à ceux qui les méritent, il a, depuis 2008, chargé un comité pour réviser les lois, procédures et hôpitaux avec lesquels le ministère traite.

— Et qu’en étaient les résultats ?

Les résultats des rapports de ce comité étaient bien choquants pour le ministre. Il est parvenu à un résultat qui dit qu’en 2020, ces dépenses et abus seront si dangereux qu’ils menaceraient la survie de ce système.

Le vrai problème c’est que le système se résume en une simple question de papiers sur lesquels des noms sont inscrits sans que l’on sache vraiment s’il s’agit de malades authentiques ou de noms de personnes inexistantes. C’est alors que le ministre a envoyé une note aux responsables des deux chambres parlementaires pour commencer des investigations. Les instances concernées ont informé les services de contrôle car l’affaire concerne des fonds publics. Les fonctionnaires jugés coupables ont été sanctionnés et les 14 députés autour desquels le débat a éclaté ont été convoqués pour être interrogés devant le Parquet après que leur immunité parlementaire eut été levée.

— C’est uniquement pour ces députés que ces troubles ont été causés ?

Nous avons à traiter avec de nombreux problèmes. Un groupe d’agents est apparu depuis quelque temps. Leur travail consiste à pêcher les malades qui ont les moyens de se faire soigner pour les convaincre de leur assurer un traitement aux frais de l’Etat contre quelques milliers de L.E.

Beaucoup d’efforts ont été faits de la part du ministre pour faire face à ce phénomène et beaucoup d’entre eux ont été arrêtés. De plus, aujourd’hui, les décisions de traitement sont rédigées sur du papier filigrané pour empêcher toute imitation.

— Quels sont les termes de la loi pour ce système ?

D’abord, la loi exigeait, pour que le traitement soit fait aux frais de l’Etat, qu’une recherche soit faite sur le statut social du malade. Cette recherche se faisait à travers une visite du quartier où vit la personne en question en demandant des informations aux voisins. Peu de temps après, cette recherche sociale a été annulée pour faciliter les démarches. Ce qui fait que le fonctionnaire en charge du dossier ne connaît aucune information sur le postulant ni son niveau de vie ni sa classe sociale. Il n’a entre les mains que les documents qui prouvent la maladie dont souffre la personne concernée et le fait qu’elle n’est pas couverte d’assurance santé.

— Et qu’en est-il des ministres et des parlementaires, n’ont-ils pas d’assurance santé ?

Non, pas du tout, il n’existait pas de système pour les ministres. Donc, leur traitement aux frais de l’Etat est légal. Puis je voudrais dire que le ministre est un responsable du gouvernement, c’est un droit minimum qu’il soit soigné aux frais de l’Etat, que ce soit à l’intérieur du pays ou à l’étranger. On ne va pas attendre jusqu’à ce qu’il reçoive l’aide de qui que ce soit. Ou qu’il soit soumis à des influences internes ou externes. Il est très important de savoir que tous les ministres ne sont pas pareils ; si certains ont les moyens de se faire soigner, d’autres ne les ont pas.

— Entendez-vous par là justifier les cas de Youssef Boutros-Ghali et d’Al-Gabali ?

Que ce soit l’un ou l’autre, ils sont des citoyens égyptiens qui ont le droit de se faire soigner aux frais de l’Etat. De plus, pour Youssef Boutros-Ghali, les sommes publiées à son sujet sont fausses. Il a dépensé 488 000 L.E. seulement, c’est-à-dire moins que 100 000 dollars. En plus, les informations sur son état de santé ne sont pas précises. Son cas est beaucoup plus difficile qu’un simple décollement de la rétine. Pour le ministre de la Santé, le traitement de son épouse à l’étranger a été fait sur décision du Conseil des ministres.

— Comment pouvez-vous juger que tel ou tel cas a besoin ou pas d’être soigné à l’étranger ?

Les gens ont l’impression que ce sont uniquement les acteurs et les ministres qui voyagent à l’étranger, ceci n’est absolument pas vrai. Selon des chiffres précis, 92 % des malades qui partent à l’étranger sont de simples citoyens et uniquement 8 % sont des célébrités.

Beaucoup d’enfants qui ont besoin d’être soignés partent à l’étranger accompagnés de leurs mamans pour de longues périodes aux frais de l’Etat.

— Existe-t-il un recul dans le secteur médical en Egypte ?

Non, au contraire, la plupart des maladies bien graves se font aujourd’hui soigner ici en Egypte ainsi que de grandes opérations y ont lieu. Les choses n’étaient pas ainsi il y a quelques années. C’est surtout des cas de maladies d’enfants tels que le syndrome des bébés bleus qui sont renvoyés à un centre médical en Italie car leurs chances de soin à l’intérieur du pays sont très médiocres.

— Pensez-vous pouvoir faire face à tous ces problèmes ?

— Il faut absolument arrêter cette hémorragie qu’est la corruption pour s’assurer que le traitement parvient à ceux qui le méritent et ne va pas pour les opérations de chirurgie esthétique. De toute façon, le système qui est appliqué actuellement est bien différent, il y a une limite de dépenses à ne pas franchir. On a fixé une somme de 5 millions de L.E. par jour, nous avons aussi classé les maladies de la plus grave à la moins grave. Un système qui, à mon avis, sera bien efficace.

Propos recueillis par  Chaïmaa Abdel-Hamid

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