Al-Ahram Hebdo,Monde | La volonté de s’affirmer

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 Semaine du 29 septembre au 5 octobre 2010, numéro 838

 

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ONU . Les débats de la 65e Assemblée générale des Nations-Unies, qui doit achever ses travaux ce jeudi, ont été dominés par les grands maux de la planète. Une tentative de réaffirmer le leadership de l’Onu dans l’affrontement des défis internationaux.

La volonté de s’affirmer

Réaffirmer le rôle central des Nations-Unies dans la gouvernance mondiale pour affronter les défis globaux, tel est le thème de la 65e Assemblée générale des Nations-Unies. « De nombreux problèmes dans le monde attendent des solutions d’urgence », a déclaré le président de l’Assemblée onusienne, Joseph Deiss, en présence des chefs d’Etat, de gouvernement et de ministres des Affaires étrangère des 192 Etats membres. Enthousiaste, le secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon, a appelé les représentants des différents pays présents au débat à soutenir des efforts de médiation de l’Onu pour résoudre les conflits et les situations tendues. Dans cette optique, les grandes crises mondiales ont dominé les négociations durant les quelques jours passés, entre autres les crises au Kirghizstan, en Thaïlande, au Kosovo, en Afghanistan, à Chypre et surtout le dossier nucléaire iranien qui constitue un casse-tête pour les Occidentaux.

Comme l’année passée, le dossier iranien a occupé une place de prédilection lors des débats de l’Onu. Avant son départ samedi des Etats-Unis pour Téhéran, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a baissé le ton, réaffirmant que son pays pourrait cesser l’enrichissement d’uranium à 20 % s’il obtenait des grandes puissances du combustible pour son réacteur de recherche de Téhéran et rajoutant que l’Iran était prêt à négocier avec les grandes puissances sur son programme nucléaire. « La porte est ouverte pour des pourparlers et des négociations dans la justice et le respect », a assuré le dirigeant, dont le pays est visé par des sanctions internationales imposées par les grandes puissances. Prouvant sa bonne volonté, M. Ahmadinejad a invité Catherine Ashton, la diplomate en chef de l’Union Européenne (UE), à prendre contact avec l’Iran afin de « fixer une date » pour les pourparlers. « D’après le plan provisoire, le représentant de l’Iran rencontrera un membre du groupe des Six en octobre pour décider du cadre des entretiens », a-t-il précisé. Accueillant favorablement l’offre iranienne, les Six (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) ont dit souhaiter trouver « rapidement une solution négociée complète et de long terme » avec Téhéran. Selon le président américain, l’objectif ultime de ces débats serait de donner une chance à l’Iran de confirmer au monde la nature pacifique de son programme nucléaire, a affirmé M. Obama, reconnaissant qu’il n’y avait « pas de garanties » que les sanctions économiques imposées à l’Iran soient efficaces. Selon les experts, ces négociations pourraient reprendre dès cet automne, toutes les parties y paraissant prêtes.

Cette reprise prochaine du dialogue nucléaire n’a pas pourtant empêché M. Ahmadinejad, comme il en a l’habitude, d’utiliser la tribune de l’Onu pour provoquer l’indignation de l’Occident. Cette fois, il a choisi de présenter comme crédible l’idée selon laquelle un « complot » américain serait responsable des attentats du 11 Septembre 2001, provoquant le départ immédiat de la salle des délégations des Etats-Unis et de l’UE. Barack Obama a qualifié ces déclarations de « choquantes », « haineuses » et « inexcusables », alors que la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a jugé « scandaleux et inacceptables » les propos du président iranien.

D’autres dossiers chauds …

Selon les analystes, il ne faut pas trop espérer en une solution pacifique de la crise, car il s’agit toujours d’une manœuvre iranienne visant à gagner du temps. Mais sur le fond, Téhéran refuse toujours de renoncer à l’enrichissement, comme l’a dit M. Ahmadinejad sans détour à New York : « Nous n’avons jamais envisagé que les négociations aboutissent à l’arrêt de nos activités nucléaires ». Ainsi, les négociations d’automne n’aboutiront qu’à une nouvelle impasse.

Outre le casse-tête iranien, d’autres dossiers importants ont été au menu des négociations de l’Assemblée générale : le Kosovo, Thaïlande, le Kirghizstan et aussi l’Afghanistan ou plutôt « le bourbier afghan ». En effet, ce dernier constitue un deuxième casse-tête pour les Occidentaux et surtout les Américains qui voient leurs forces s’écrouler chaque jour sous les bombes talibanes en neuf ans de guerre. Une raison qui a poussé M. Obama à insister, à la tribune de l’Onu, sur la date de juillet 2011, comme début du retrait des troupes américaines de ce pays. « La mission est de fournir aux Afghans la capacité à assurer la sécurité de leur propre pays. Nous allons rester là-bas jusqu’à ce que cette mission soit accomplie », a déclaré M. Obama qui avait annoncé début décembre 2009 sa nouvelle stratégie dans le pays, comprenant l’envoi de 30 000 soldats supplémentaires, assorti d’un début de retrait en juillet 2011.

Passant à la crise kosovare, le président serbe, Boris Tadic, a affirmé, cette semaine devant l’Assemblée générale de l’Onu, que des discussions avec le Kosovo vont débuter « bientôt », tout en appelant les autres pays à ne pas reconnaître l’indépendance de cette ancienne province serbe. « Bientôt les deux parties vont discuter ensemble pour la première fois depuis de nombreuses années. Nous devons être patients et chercher les moyens de bâtir la confiance des deux côtés », a dit M. Tadic, insistant sur sa volonté de parvenir à la « réconciliation » dans les Balkans, toujours marqués par les stigmates des conflits qui ont secoué l’ex-Yougoslavie dans les années 1990 et a dit qu’il souhaitait voir la Serbie rejoindre l’UE. Après avoir été administré par l’Onu à la suite d’une mission de l’Otan qui a mis fin à la répression militaire contre les indépendantistes albanais en 1998-99, le Kosovo a déclaré unilatéralement son indépendance de la Serbie en février 2008.

Quant à la Thaïlande, qui a assisté à une forte crise cette année provoquée par le mouvement des Chemises rouges, le premier ministre thaïlandais, Abhisit Vejjajiva, a déclaré, devant l’Assemblée générale, que des élections législatives anticipées pourraient avoir lieu début 2011 si le mouvement d’opposition montre des dispositions pacifiques. « Nous pensons que six mois supplémentaires de stabilité devraient peut-être permettre d’organiser des élections anticipées l’an prochain », a-t-il dit. Le mouvement antigouvernemental des Chemises rouges a occupé Bangkok pendant deux mois, de mars à mai. L’organisation d’élections anticipées est une revendication-clé des Chemises rouges.

S’intéressant à tous les points chauds de la planète, l’Assemblée générale de l’Onu a aussi débattu du Kirghizstan. Lors des débats, le président Obama a appelé la présidente kirghize, Rosa Otounbaïeva, à faire tout son possible pour éviter de nouvelles flambées de violence dans ce pays voisin de l’Afghanistan, où les Etats-Unis entretiennent une base militaire stratégique. Rencontrant Mme Otounbaïeva en marge de l’Assemblée générale, M. Obama lui a exprimé son « admiration » pour les mesures entreprises afin de « rebâtir la démocratie » au Kirghizstan, secoué par des violences interethniques depuis la révolution qui a porté la dirigeante au pouvoir en avril dernier.

Reste à se poser la question : au sein de tout ce déluge de crises qui secoue les quatre coins du globe, de tout ce tourbillon de violences qui plante ses griffes dans l’avenir d’une planète endeuillée, l’Onu pourra-t-elle vraiment jouer un rôle efficace pour freiner les bains de sang qui coulent de partout ? Ou bien son rôle se limitera — comme d’habitude — à quelques recommandations qui demeureront, pour toujours, de l’encre sur papier ?.

Maha Al-Cherbini

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