Al-Ahram Hebdo, Enquête | Un culte de l’art

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 Semaine du 1er au 7 septembre 2010, numéro 834

 

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Enquête

Vol De Tableau . Ancien palais exprimant un certain art de vivre de l’élite égyptienne du début du XXe siècle, le musée Mahmoud Khalil, d’une valeur exceptionnelle, reste malheureusement peu connu des Egyptiens.

Un culte de l’art

Van Gogh, Rodin, des toiles de Monet, Delacroix, Toulouse-Lautrec, Gauguin, et même Picasso, un magnifique musée situé dans un palais qui lui-même ne manque pas de splendeur architecturale et donnant sur le Nil. Une institution véritable ; mais qui la connaît au Caire, là où elle se trouve ? Très peu. On n’en entend parler que lors des vols. De quoi mettre en relief le peu de publicités que fait le ministère de la Culture concernant un lieu fait de trésors. La même attitude au sujet d’autres musées qui sont tout aussi importants, mais que la bureaucratie et le peu d’intérêt réel manifesté par les responsables ont mis à l’ombre. Le musée Mohamad Mahmoud Khalil est d’une certaine manière l’un des plus originaux d’Egypte. Il est l’expression de toute une époque qu’on appelle celle de la « nahda » ou renaissance égyptienne faite d’ouverture sur la culture mondiale autant que sur une reconnaissance des arts anciens nés sur les rives du Nil. En fait, le musée au départ était le palais de Mohamad Mahmoud Khalil, ancien ministre de l’Agriculture, et son épouse française Emilienne Luce, construit en 1915. Sa façade, qui est sur le Nil, est du style art nouveau, répandu à l’époque d’un Caire cosmopolite. La façade orientale est plutôt néoclassique. Une synthèse et une harmonie de plusieurs styles reflétant une sorte de félicité et de richesse. Quant à la façade nord, elle est marquée par une grande fenêtre en vitraux colorés sertis de plomb, représentant un paysage naturel. Elle est signée Lucien Mette, Paris 1907.

C’est la collection personnelle de Mahmoud Khalil et son épouse qui constitue les pièces du musée. Le palais était habité par ce couple jusqu'en 1960. C’est selon le souhait de cet ancien ministre et le testament de son épouse que le palais est devenu un musée inauguré le 23 juillet 1962 et portant le nom de ces deux amoureux et passionnés de l’art. Le musée est donc l’expression d’une pensée et une vision d’une partie de la classe aristocratique égyptienne d’avant la Révolution. En effet, Mahmoud Khalil a occupé plusieurs postes et fonctions, ministre et même président du Sénat, il a joué un rôle important dans la vie culturelle, il a parrainé le mouvement des arts plastiques alors qu’il était président de la Société des amis de l’art dont il a contribué à la création en 1924. Il a contribué aussi à des échanges culturels entre l’Egypte et la France au cours de la première moitié du XXe siècle. En reconnaissance de son rôle, il a obtenu les plus hautes décorations françaises.

D’ailleurs, sa passion française s’explique. Lorsqu’il a débarqué à Paris en 1897, le notable Mahmoud Khalil a connu le Paris des années folles. Passionné de beaux-arts, il collectionne les tableaux de ses amis. D’où cette impressionnante collection qui est un mélange aussi de culture orientale et occidentale. Ce qui a fait que cet immense palais de quatre étages, et construit sur une superficie de 1 400 m2, abrite la collection d’art européen la plus importante du Moyen-Orient.

Ainsi, une visite, maintenant difficile évidemment, permet d’être au beau milieu d’un univers esthétique très raffiné. A l’entrée du jardin, nous pouvons apercevoir une plaque en marbre portant le nom du musée, entourée d’une superficie verte. A la droite du jardin s’élève un centre de restauration et d’entretien des tableaux. En grimpant quelques escaliers, vous vous trouvez à la salle du premier étage préservant plusieurs meubles et chaises ainsi que le piano du propriétaire du palais au même endroit.

Quant à la bibliothèque, elle renferme environ 4 000 livres et références artistiques que Mahmoud Khalil avait acquis.

Elle renferme également une salle de lecture et une autre de conférences, en plus d’une banque de données en contact direct avec la plupart des centres d’arts plastiques à travers le monde.

Le nombre de tableaux à l’huile, au pastel, les aquarelles et les dessins au palais atteint environ 304 tableaux reproduits par 143 peintres, dont 30 faits par 9 peintres égyptiens. Les statues en bronze, en marbre et en gypse s’élèvent à 50 statues faites par 14 sculpteurs, dont deux de Mohamad Hassan et une de Saïd Al-Sadr. Un musée plein de trésors qui s’est trouvé sous les feux de l’actualité pour des affaires de vol et qui mérite d’être mieux connu, et surtout d’être mieux géré par les responsables du ministère de la Culture.

Chaïmaa Abdel-Hamid
Ahmed Loutfi

 

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