Al-Ahram Hebdo, Enquête | Un trafic mondial aux allures compliquées

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 Semaine du 1er au 7 septembre 2010, numéro 834

 

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Enquête

Vol De Tableau. Les musées occidentaux aussi peinent à assurer la sécurité des œuvres comme en témoignent des récents exemples.

Un trafic mondial aux allures compliquées

Si le vol de « Coquelicots » a suscité autant de colère et surtout d’accusations, selon lesquelles il reflète des carences graves en Egypte, il n’est pas moins vrai que le trafic de l’art est en pleine floraison en Occident. A titre d’exemple, on peut citer des cas très récents. Tout récemment, un bronze de Dali, « La femme aux tiroirs », a été dérobé dans un musée de Bruges, en Belgique. Ce bronze, exposé dans le cadre d’une exposition temporaire, ne bénéficiait pas de protection particulière. Les caméras de surveillance ont fonctionné, elles ont montré que le voleur avait descellé la sculpture de son socle pour l’emporter. « Il faut qu’après les caméras, du personnel soit là pour réagir », explique Julien Anfruns, directeur général du Conseil International des Musées (ICOM), émanation de l’Unesco.

Autres disparitions, en mai 2010, cette fois au Musée d’art moderne de la ville de Paris. Cinq tableaux signés Braque, Léger, Matisse, Modigliani et Picasso disparaissent en pleine nuit. Là encore, ce casse d’une ampleur artistique exceptionnelle a été filmé par les caméras de surveillance. Mais ici, l’alarme était en panne. Et les commentateurs français de dire, comme dans les histoires de fantômes, un visiteur cagoulé est passé par la fenêtre et a emporté les toiles après les avoir dégagées de leur cadre.

Certains diront que le vol d’un tableau de maître dans un musée égyptien est une fatalité, l’Egypte ayant des difficultés à protéger son gigantesque patrimoine. Mais la disparition de cinq pièces importantes dans un musée de la ville de Paris est plus étonnante. Il y a trois ans, un rapport avait mis l’accent sur les défaillances de la sécurité à la française avec comme principal point faible l’absentéisme des gardiens. Caméras de surveillance, détecteurs de bris de vitres et présence de surveillants sont la base de la sécurité dans les musées. Parfois ils emploient les grands moyens pour protéger leurs trésors, comme Le Louvre avec La Joconde : elle est désormais dans un coffre en verre blindé. Le musée y gagne en tranquillité mais le visiteur est mis à distance. Les musées sont généralement installés dans des bâtiments anciens. Y organiser la sécurité des œuvres — et des visiteurs — est généralement plus compliqué que dans un édifice récent. En plus de l’installation d’équipements de surveillance sophistiqués, l’ICOM prône une gestion informatisée des objets exposés. Leurs mouvements vers les réserves ou vers les expositions temporaires devraient être systématiquement relevés.

« Les collections sont toujours à risque », explique Julien Anfruns, directeur général de l’ICOM. Et les risques sont divers ; pour empêcher que des œuvres soient dérobées, on peut les protéger de façon mécanique, en les attachant au mur par exemple. On ne peut plus les voler, « mais en cas de feu, on ne peut pas évacuer l’œuvre d’art en question » … Le musée d’art moderne de la ville de Rio de Janeiro a brûlé à 90 % dans les années 1970. Il s’est reconstitué grâce à la volonté de l’Etat brésilien et avec la générosité de mécènes. Les responsables du musée ont cherché l’équilibre entre la sécurité incendie du bâtiment, sujet sensible, et les risques de vol. A Séoul, le nouveau musée a pris une décision radicale : tout est montré dans des vitrines.

Jusqu’à présent, dans un musée, on pouvait presque toucher les œuvres. C’est une « tradition occidentale de laisser les œuvres à portée de la main », indique encore Julien Anfruns. Il n’est pas certain que l’habitude persiste si les vols continuent. Et toujours dans ce même contexte, une question se pose : peut-on vendre un tableau volé ? Stéphane Théfo, un officier français spécialisé dans le trafic d’œuvres d’art à l’Interpol, affirme que si le tableau est connu, c’est compliqué d’en tirer de l’argent. Les voleurs peuvent essayer de le fourguer, mais avec une œuvre d’art célèbre, ils ont toutes les chances de se faire interpeller. Si un antiquaire ou autre est contacté pour acheter un tableau volé, il contactera immédiatement les autorités. Pour « Coquelicots », les choses se passeront-elles ainsi ?

Hala Fares

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