Al-Ahram Hebdo, Afrique | Scénario à répétition

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 Semaine du 1er au 7 septembre 2010, numéro 834

 

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Afrique

Somalie. Les rebelles islamistes ont lancé une nouvelle offensive anti-gouvernementale. Les combats se poursuivent depuis plus d’une semaine et promettent de traîner en longueur.

Scénario à répétition

La violence a repris de plus belle cette semaine en Somalie entre les insurgés Shebab et les forces gouvernementales soutenues par les troupes de l’Union africaine (Amisom). Un scénario à répétition à l’origine de l’instabilité et l’insécurité chronique de ce pays ravagé d’une longue guerre civile et des conflits ethniques toujours sans issue. « En Somalie, ce genre d’affrontements reprend périodiquement pour plusieurs raisons. Les rebelles (les insurgés Shebab) veulent avoir leur place au sein du gouvernement. Et tant que les autorités ne répondent pas à leurs revendications, la guerre se poursuivra. Ils ont un but et ils insistent à l’atteindre », explique le Dr Ibrahim Abdel-Razaq, analyste au Centre des études africaines au Caire. Et d’ajouter : « En plus, ils se sont soutenus par des mouvements étrangers. A chaque fois qu’ils stoppent les combats, ils ont un seul objectif : prendre haleine, récolter des aides financières, des équipements, recevoir des entraînements et recruter de nouveaux membres et ce pour reprendre leur mission ».

Ce qui se passe sur le terrain confirme cette analyse. Cette fois-ci, les Shebab, faisant usage d’armes lourdes et de batteries antiaériennes en tirs tendus, tentent notamment de prendre le contrôle d’une route stratégique dans Mogadiscio. Les combats actuels entre les rebelles islamistes et les forces gouvernementales somaliennes, qui ont éclaté depuis lundi 23 août, ont provoqué la mort de plus de 80 personnes, dont des civils. D’où la fuite d’une centaine de Somaliens qui ont quitté Mogadiscio ces derniers jours, essayant de trouver un refuge.

Les Shebab, qui se réclament d’Al-Qaëda et contrôlent une grande partie de la Somalie, concentrent leurs attaques sur le dernier axe stratégique tenu à Mogadiscio par les gouvernementaux et l’Amisom. La route Maka Al-Mukarrama est la seule voie de circulation et d’approvisionnement reliant l’aéroport international à Villa Somalie, le palais présidentiel. « Des militants soufis pro-gouvernementaux se sont retirés de leurs positions, mais nous avons renforcé le secteur avec des unités lourdement armées et la situation est maintenant sous notre contrôle », a déclaré à l’AFP Mohamad Adan, un responsable gouvernemental de la sécurité. « Les tirs se sont poursuivis sporadiquement et les militants islamistes essaient ardemment d’atteindre la route Maka Al-Mukarrama, mais je peux vous assurer qu’ils n’y arriveront jamais », a-t-il poursuivi.

En revanche, les Shebab ont revendiqué des avancées sur le terrain. « Nous avons avancé dans les lignes ennemies et pris le contrôle de leurs casernes près de Maka Al-Mukarrama. Je veux vous dire, aujourd’hui, que cette guerre va en finir avec le régime apostat et les envahisseurs africains », a déclaré samedi à la presse le porte-parole des insurgés, Sheikh Ali Mohamoud Rage. « Nous les avons affaiblis et forcés à reculer, l’unique route qu’ils contrôlaient est devenue notre ligne de front. Nous l’avons coupée et nos combattants vont continuer à avancer », a-t-il ajouté. Affirmant les mêmes déclarations, le porte-parole militaire des Shebab, Sheikh Abdiaziz Abu-Muscab, a expliqué qu’ils ont lancé cette vaste offensive, baptisée « opération éliminer les apostats », pour occuper des points importants et limiter de plus en plus le contrôle des autorités gouvernementales.

Depuis le lancement de leur offensive contre le Gouvernement fédéral de transition (TFG) en mai 2009, les Shebab ont considérablement réduit la zone contrôlée par le TFG, qui bénéficie du soutien des Nations-Unies, à quelques quartiers du sud de Mogadiscio. Les Shebab tiennent l’essentiel du centre-sud de la Somalie. A Mogadiscio, les 6 000 soldats ougandais et burundais de l’Amisom, déployés dans des secteurs stratégiques comme l’aéroport, le port, la présidence et d’importants carrefours, sont le dernier rempart empêchant les Shebab de prendre le contrôle total de la capitale somalienne. Pour les aider, l’Ethiopie, dont les troupes avaient occupé la Somalie de 2006 à 2009, a évoqué début août un possible retour dans « l’hypothèse improbable » où l’Amisom aurait besoin d’être secouru pour la stabilité dans la région, l’Ethiopie a appelé à la « destruction des Shebab et de leurs combattants étrangers qui ne cessent de semer la mort et le chaos ».

En première réaction à ces paroles, le gouverneur Shebab de la capitale, Ali Mohamad Hussein, a appelé la population à soutenir le « djihad en cours et à fournir armes et argent aux moudjahidin » annonçant par ailleurs l’arrivée sur le champ de bataille de 500 nouveaux volontaires. Les Shebab, qui se réclament d’Al-Qaëda et de son idéologie du djihad mondial, lancent régulièrement des attaques contre le TFG et l’Amisom à Mogadiscio. Ces attaques modifient rarement le rapport de forces, presque inchangé depuis la mise en place en janvier 2009 du TFG du président Sheikh Sharif Ahmed, soutenu à bout de bras par la communauté internationale.

Maha Salem

 




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