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 Semaine du 14 au 22 juillet 2010, numéro 827

 

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Palestine . Avec l’appui de Washington, Israël accentue la pression pour une reprise des négociations directes sans pour autant donner la moindre garantie ni faire la moindre concession.

La polémique vide de sens

Dix ans après les accords d’Oslo, le processus de paix s’est réduit à une seule question : effectuer des négociations directes ou indirectes. Au lieu de discuter des questions-clés dont le règlement est un préalable obligatoire à toute solution finale incluant la création d’un Etat palestinien, telles que les frontières, Jérusalem, les réfugiés ou encore le partage de l’eau, le différend se limite désormais à la simple question de la modalité des négociations.

Fidèle à sa politique de tergiversation, Israël a tout fait pour réduire la polémique à cette question. En se montrant prêt à reprendre les négociations directes et en rendant les Palestiniens responsables de la non reprise de ces discussions en raison de leur refus, Israël tente de gagner un point en faveur. Plus encore, Tel-Aviv renverse la situation en passant pour le bon élève et en pointant du doigt le « mauvais comportement » des Palestiniens. Ainsi, concernant la question des colonies, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a regretté que le moratoire sur les constructions de colonies en Cisjordanie occupée n’ait pas permis, jusqu’à maintenant, d’amener les Palestiniens à reprendre des discussions directes pour la paix. Si le dirigeant israélien n’a pas dit clairement qu’il n’y aurait pas d’entraves à l’érection de nouvelles constructions à l’issue du moratoire qui expire le 26 septembre, tout porte cependant à croire que la construction de colonies reprendra. « J’ai décidé, contrairement à tous les gouvernements précédents, de geler les constructions dans les nouvelles colonies pour une durée de dix mois, afin d’encourager les Palestiniens à entamer des discussions sur la paix », a dit le premier ministre israélien, faisant porter la responsabilité du blocage actuel aux Palestiniens.

Alors que les Palestiniens et les Etats-Unis estiment que les colonies israéliennes sont des obstacles à la paix, le moratoire est mal vécu par les membres de son parti, le Likoud et des partis de sa coalition gouvernementale qui défendent une politique dure envers l’Autorité palestinienne. Le ministre israélien de la Culture et des Sports, Limor Livnat, a ainsi indiqué qu’il n’y avait pas « le moindre doute » que la construction reprendra dans les colonies de Cisjordanie occupée à l’issue du moratoire.

Bloquées depuis l’offensive israélienne contre la bande de Gaza de l’hiver 2008-2009, les discussions ont repris le 9 mai sous la forme de discussions indirectes, dites de « proximité », par l’intermédiaire de l’émissaire américain George Mitchell. Autre tergiversation, M. Netanyahu a indiqué qu’il était prêt à faire des concessions aux Palestiniens. Pourtant, dans la réalité des faits, aucune concession n’est accordée côté israélien et, quand bien même ces négociations reprendraient, elles ne risquent pas d’aboutir à des résultats positifs concrets. Pour preuve, le premier ministre ne s’est pas prononcé franchement sur une prolongation du gel des colonies. Or, sans cela, il ne faut pas espérer une reprise des pourparlers.

Pour les Palestiniens, en effet, des progrès dans les discussions de proximité sont nécessaires avant d’engager les discussions directes souhaitées par Israël, mais aussi par les Etats-Unis, l’allié éternel de l’Etat hébreu. « Nous disons que s’il y a des progrès, nous entamerons des discussions directes. S’il n’y a aucun progrès, quel serait le bénéfice de négociations qui seront futiles et inutiles ? », a dit le président palestinien Mahmoud Abbass. Ce dernier a souligné que les Palestiniens souhaitaient des discussions indirectes pour progresser sur deux dossiers : les dispositions de sécurité et les frontières de l’Etat que les Palestiniens entendent fonder en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est.

La semaine dernière, lors de sa visite à Washington, M. Netanyahu a réussi à obtenir le soutien du président américain, Barack Obama, sur cette question. Ce dernier a exhorté les deux parties à reprendre des discussions directes d’ici septembre. Il a également assuré, vendredi, le chef de l’Autorité palestinienne de son engagement en faveur de l’établissement d’un Etat palestinien. Un engagement qui, même émanant du président du principal parrain du processus de paix et de la plus grande puissance mondiale, ne garantit absolument rien aux Palestiniens.

Abir Taleb

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