Al-Ahram Hebdo, Afrique | Le second tour reporté

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 Semaine du 14 au 22 juillet 2010, numéro 827

 

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Afrique

Guinée. Le second tour de l’élection présidentielle, initialement prévu le 18 juillet, a été reporté à une date indéterminée, menaçant le pays de se plonger dans l’instabilité et l’insécurité.

Le second tour reporté

Après l’euphorie suscitée par la présidentielle du 27 juin, perçue comme un premier pas important vers une démocratisation de la Guinée, les espoirs semblent, à l’heure actuelle, se dissiper, et l’instabilité plane sur la vie politique guinéenne. En effet, le second tour de l’élection présidentielle, initialement prévu le 18 juillet, a été reporté à une date indéterminée, repoussant de facto la remise du pouvoir des militaires aux civils, après un demi-siècle de dictature. Ce report, annoncé vendredi dernier par un responsable de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), intervient quelques jours après la menace de démission du président de la transition, le général Sékouba Konaté. « Cela ne sera plus le 18 juillet maintenant (que sera organisé le second tour, ndlr). On est en train de voir, d’approcher la Cour suprême, pour fixer une nouvelle date », a déclaré à l’AFP Pathé Dieng, directeur des opérations à la Céni. M. Dieng n’a pas donné de raisons officielles pour justifier ce délai. Recours des partis politiques.

La Cour suprême reçoit actuellement les recours des partis politiques sur lesquels elle doit statuer. Elle annoncera, la semaine prochaine, les résultats définitifs et fixera une date pour le second tour. D’abord, la Cour suprême a huit jours pour recevoir les recours des partis politiques engagés dans la course pour la magistrature suprême. Ensuite, la Cour suprême a trois jours pour statuer. Selon la loi électorale, le second tour de la présidentielle doit avoir lieu 14 jours après la proclamation des résultats définitifs du premier tour. C’est au vu de ces résultats que la Céni va saisir le président de la transition pour que ce dernier prenne un décret de convocation des électeurs. Et ce scrutin devra être précédé de 14 jours de campagne électorale. Les élections étant traditionnellement organisées un dimanche, le second tour ne pourra donc pas avoir lieu avant le dimanche 1er août, soit au cœur de la saison des pluies. Les fortes pluies devraient compliquer, en raison du mauvais état des infrastructures routières, les déplacements lors de la campagne et le jour du scrutin ainsi que l’acheminement des résultats. Le 27 juin, plus de 3 millions de Guinéens avaient participé au premier tour de ce scrutin historique, considéré comme la toute première élection présidentielle libre depuis l’indépendance du pays en 1958, après une alternance de dictatures, civiles puis militaires.

Le second tour devrait opposer l’ex-premier ministre Cellou Dalein Diallo et l’opposant de toujours Alpha Condé si la Cour suprême confirmait les résultats provisoires publiés le 3 juillet. Sydia Touré, le président de l’Union des Forces Républicaines (UFR), arrivé 3e lors du scrutin du 27 juin dernier avec 15,6 % des voix, revendique la deuxième place d’Alpha Condé (20,67 % des suffrages). Son objectif : affronter le candidat de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) victorieux Cellou Dalein Diallo (39,72 %) lors du second tour prévu le 18 juillet prochain. « Des irrégularités de toutes formes et les résultats de plusieurs bureaux de vote et circonscriptions électorales ont été manipulés en faveur du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) d’Alpha Condé », s’insurge Sydia Touré dans un communiqué.

Le candidat accuse la Céni d’avoir œuvré en sous-main « pour éviter de mettre en colère les deux plus grandes tendances ethniques du pays (les Peuls et les Malinkés) ». Ces résultats sont cependant contestés, notamment par des partisans de l’ex-premier ministre Sidya Touré, arrivé en troisième position. M. Touré a affirmé qu’il y avait eu « bourrage d’urnes » et a accusé la Céni d’avoir fait en sorte qu’Alpha Condé obtienne la seconde place, en connivence avec le général Konaté qui préside la transition vers un régime civil. Le général avait menacé de démissionner, se disant très « peiné » par des propos « offensants » de manifestants l’associant à des fraudes. Depuis, il a reçu successivement les visites à Conakry du président de la Commission de l’Union Africaine (UA), Jean Ping, et du président malien, Amadou Toumani Touré, qui lui ont instamment demandé de rester jusqu’à la fin de la transition. Le président Touré a notamment déclaré, à l’attention du général Konaté, que « la meilleure manière de partir », c’était « de finir la mission » qui lui avait été confiée. « L’Afrique et l’Histoire nous regardent, et nous faisons en sorte qu’au-delà de nos intérêts propres, ce soit une partie qui gagne, et cette partie, c’est la démocratie », a-t-il conclu. La communauté internationale suit avec attention ces élections. La France a appelé les « acteurs de la vie politique guinéenne à préparer le second tour » de la présidentielle « dans le respect des règles démocratiques ». Avis partagé par le président américain Barack Obama, qui a appelé « toutes les parties en présence à continuer à privilégier les règles du droit et de la participation politique pacifique plutôt que les divisions et les violences ethniques ».

Maha Salem

 




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