Al-Ahram Hebdo,Environnement | Le crocodile du Nil passe de l’annexe I à II
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 31 mars au 6 avril 2010, numéro 812

 

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Environnement

Cites. L’Egypte a réussi à faire valoir ses arguments concernant le crocodile du Nil lors de la réunion des pays signataires de cette Convention internationale sur le commerce des espèces menacées. Focus.

Le crocodile du Nil
passe
de l’annexe I à II

« L’Egypte est sortie gagnante après un long marathon et un travail dur. Nous avons rencontré au début des oppositions de certains pays tels l’Indonésie et l’Union européenne. Leur opposition était basée sur le manque d’expérience égyptienne dans l’exécution de la convention de CITES », se réjouit Moustapha Fouda, ancien président du secteur de la biodiversité et des réserves naturelles au sein de l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE) et président de la délégation égyptienne lors de la conférence de la convention des Nations-Unies sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), qui a achevé ses travaux ce 25 mars 2010 à Doha, Qatar.

C’est à l’unanimité que cette conférence a voté la proposition égyptienne de transférer la population du crocodile du Nil de l’annexe I (qui comprend toutes les espèces menacées d’extinction et dont le commerce n’est autorisé que dans des conditions exceptionnelles) à l’annexe II (qui comprend toutes les espèces qui ne sont pas nécessairement menacées d’extinction, mais dont le commerce des spécimens doit être réglementé pour éviter une exploitation incompatible avec leur survie).

« Mais ils ont changé ce point de vue après toutes les discussions que nous avons entretenues lors des séances de débat. Nous y avons expliqué le programme de suivi du crocodile du Nil qui a commencé il y a deux ans. Il s’agissait pour nous de changer l’idée déjà prise sur l’Egypte selon laquelle il y a des abus et un non respect de la convention de la CITES », renchérit Moustapha Fouda. Et de préciser : « Les différentes parties étaient d’accord sur la situation dramatique de plusieurs espèces. Mais je dois l’avouer, la CITES s’est toujours appuyée sur des analyses scientifiques, mais en fin du compte, ce sont les discours sociaux, économiques ou politiques qui dominent entre les pays. Dès le premier jour, les discussions bilatérales commencent. Dans les couloirs, dans les dîners, les négociations parallèles étaient permanentes ».

Protégé et élevé en ranch

Le crocodile du Nil a une longue histoire. Il était respecté pour sa force et considéré comme l’un des gardiens des pharaons et des prêtres de l’Egypte antique. Vers les années 1950, cette espèce a été pratiquement éradiquée du Nil égyptien. La construction du Haut-Barrage d’Assouan et la mise en eau du lac Nasser ont donné au crocodile du Nil une seconde chance en Egypte, et dès les années 1970, l’on a pu observer irrégulièrement un certain nombre de ces crocodiles. L’habitat à la fois vaste, éloigné et hautement productif que représente le lac Nasser a rapidement facilité une réapparition de la population. Mais cela n’a pas été sans effets. « C’est depuis les années 1990 que les crocodiles étaient devenus un élément commun du paysage biologique, et les pêcheurs ont commencé à se plaindre de leur nombre trop élevé. Raison pour laquelle, en 2008, l’Agence égyptienne de l’environnement a reconnu le potentiel du crocodile du Nil en tant que ressource économique, et donc son utilisation durable comme réponse aux revendications de la communauté des pêcheurs du lac Nasser », affirme Samer Al-Moufti, secrétaire général de l’association Amoureux des réserves naturelles.

Des mesures ont été prises ensuite pour exécuter un programme de suivi du crocodile en 2008. « La première année a été très réussie, puisqu’elle a permis de former le personnel, d’estimer le nombre de la population, de recueillir des indices sur l’abondance des crocodiles pour justifier la poursuite de l’action de suivi, de se faire reconnaître des utilisateurs et des administrateurs des ressources naturelles du lac Nasser, et d’entamer une collaboration avec les spécialistes internationaux. D’où la création officielle de l’Unité égyptienne de gestion du crocodile, chargée de superviser le suivi futur de l’espèce et des activités annexes », indique Fouda.

Le plan égyptien présenté à la conférence se base sur l’élevage en ranch de crocodiles venant d’éclore dans la nature. Tous les crocodiles élevés en ranch seront marqués par des étiquettes pour l’inspection des carcasses et des cuirs. Pour ce qui est du commerce international, la délégation égyptienne à la conférence a souligné qu’il sera axé sur les peaux traitées et sur les articles en cuir. « A cet égard, nous avons demandé qu’un quota d’exportation annuel de 750 peaux d’animaux élevés en ranch soit accepté avec effet en 2013. Cela permettrait d’avoir amplement le temps de procéder aux opérations d’élevage en ranch approuvées pour constituer un stock et s’assurer que durant cette période, aucun animal ne sera prélevé dans la nature pour remplir le quota », précise FoudaSelon lui, il est attendu qu’un système de suivi de la population de crocodiles ainsi que des programmes d’utilisation se développent, et que des mesures soient prises pour faire respecter la réglementation et pour que les bénéfices tirés des animaux élevés en ranch soient affectés à la gestion de la faune et de la flore sauvage ainsi qu’aux populations locales.

Racha Hanafi

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Beaucoup d’insatisfaits

La prochaine conférence de la CITES aura lieu dans trois ans, et elle sera à Bangkok, en Thaïlande. Bien que de nombreux spécialistes soient convaincus que la CITES contribue à réduire le rythme de la perte de la biodiversité, ils espèrent néanmoins que les intérêts économiques ne pèseront pas autant sur la prochaine conférence comme, jugent-il, cela a été le cas à Doha.

En effet, beaucoup de pays et d’ONG de défense des animaux ont été déçus lors de cette conférence. Après douze jours de travaux, aucune protection pour les espèces marines commerciales n’a été votée. Ni le thon rouge de l’Atlantique, ni les coraux rouges, ni aucune espèce de requins n’ont obtenu de protection au cours de cette conférence. Les 175 pays signataires de la CITES ont refusé également d’interdire tout commerce international de l’ours polaire, dont les exportations sont actuellement limitées. Les ONG présentes à Doha n’ont trouvé qu’un seul motif de se réjouir : le refus de la conférence de déclasser les populations d’éléphants de la Tanzanie et de la Zambie.

R. H.

 

 

 

 




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