Al-Ahram Hebdo,Société | La bonne ch ère conviviale
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 10 au 16 mars 2010, numéro 809

 

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Société

Arts Culinaires. La Chaîne des rôtisseurs vient de tenir son gala d’intronisation de nouveaux membres en Egypte. Cette association internationale, fondée à Paris en 1950 et dont l’objectif est de promouvoir les mets d’exception, revêt aussi un aspect culturel singulier.

La bonne chère conviviale 

« J’ai 78 ans. J’ai passé une grande partie de ma vie à voyager d’un pays à l’autre. J’ai découvert la cuisine de plusieurs pays. Et je possède cet art de pouvoir reconnaître un bon plat avant même de le déguster. Je suis très exigeant en matière de cuisine, car je me dis qu’à cet âge, j’ai droit à un bon dîner chaque soir, car ce repas peut être mon dernier », c’est ainsi que le célèbre acteur Omar Al-Chérif, invité au gala de la Chaîne des rôtisseurs pour l'intronisation de ses nouveaux membres en Egypte, exprime sa passion pour la bonne cuisine et l’art de la table. Si au cours de ses années de carrière l'acteur a eu cette chance de découvrir l’art culinaire de nombreux pays, il tient à affirmer que c’est dans les restaurants et non pas les maisons qu’il trouve ses menus préférés. Car c'est il peut choisir entre des mets variés.

La promotion de la bonne cuisine et le respect de la convivialité et des plaisirs de la table, telle est la vocation de la Chaîne des rôtisseurs. Cette association mondiale de gastronomie fondée à Paris en 1950 est l’une des plus réputées et respectées. Elle réunit des membres du monde entier dans le même esprit de fraternité et d’amitié. « La Chaîne est aussi une passerelle entre les différentes cultures. J’ai pour cette raison accepté d’y adhérer pour faire le pont entre le Japon et les autres pays membres. Travailler avec des gens de différentes cultures ne peut être qu’un plaisir », explique Son Excellence Kaoru Ishikawa, ambassadeur du Japon en Egypte et chevalier d’honneur de la Chaîne des rôtisseurs.

La gastronomie comme instrument de paix, telle est d’ailleurs la vocation de la Chaîne des rôtisseurs, dont l’objectif est de réunir des professionnels et amateurs du monde entier passionnés par la grande cuisine. Un concept fondateur de la chaîne et qui la distingue des autres organisations en matière de gastronomie. C’est d’ailleurs cette philosophie qui a été à l'origine de la fondation.

Cette association a, en fait, réussi à cultiver et à développer l'art culinaire à tel point d'atteindre un degré de professionnalisme remarquable. Des exigences qui rappellent la splendeur de la « Table Royale ».  

Formation de jeunes cuisiniers

Depuis sa création, la Chaîne des rôtisseurs a connu une forte croissance. Présente dans 75 pays, elle compte aujourd'hui environ 27 000 membres, dont de grands chefs, propriétaires, gérants de restaurants et d'hôtels et d’autres amateurs qui partagent la philosophie de l'association. « Cette association de bons vivants passionnés par la grande cuisine se consacre à la promotion et au développement des valeurs gastronomiques tout en élargissant son spectre aux arts de la table. Chaque membre a le privilège de faire partie d'une tradition culinaire ancestrale qui continue d'être promue et célébrée aujourd'hui grâce aux nombreux événements internationaux, nationaux et locaux organisés par la chaîne ainsi qu'aux galas tenus par les branches de la chaîne de par le monde », explique Mohamad Hammam, membre du Conseil d’administration et du conseil magistral Bailli Délégué de Turquie.

D’après lui, l'association soutient également la formation de jeunes cuisiniers à travers le monde et ce, par le biais des Concours des Jeunes rôtisseurs. Des concours qui permettent de découvrir de nouveaux talents et prouver leurs compétences culinaires. Les concours ont lieu chaque année et sont ouverts aux apprentis cuisiniers.

A chaque gala, de nouveaux membres sont intronisés et des invités d’honneur viennent participer à ce dîner exceptionnel, et surtout faire de nouvelles connaissances. Les dîners, les invités sont généralement bien habillés, ont lieu dans les meilleurs restaurants et hôtels, sans compter les rassemblements moins formels, à l'exemple des « Dîners amicaux ». Des menus sont créés spécialement pour l'occasion par des chefs, dont beaucoup sont membres de la chaîne. C'est cet échange unique entre les membres professionnels et amateurs qui distingue la Chaîne des autres organisations.

A ce dîner exceptionnel tenu cette semaine au Caire, le prince Charles-Philippe d'Orléans, duc d'Anjou, et son épouse la princesse Diane, duchesse de Cadaval, membres de la famille royale de France et du Portugal, étaient présents. « J’ai ce plaisir de venir dans un pays comme l’Egypte qui possède un poids historique et culturel singulier. L’Egypte est un pays qui a une valeur particulière pour moi, car c'est à Siwa que j’ai demandé ma femme en mariage », confie le prince Charles-Philippe d'Orléans.

Ce n’est pas seulement pour déguster de la bonne cuisine ou tisser de nouveaux liens qu’ils sont venus en Egypte. La princesse Diane a été émue du rôle caritatif joué récemment par la Chaîne des rôtisseurs. « J’ai rendu visite à l'hôpital 57357 pour les enfants atteints du cancer et j’ai été impressionnée par ce projet géant entièrement créé par des dons. Grâce à la Chaîne des rôtisseurs, je compte participer dans des projets aussi remarquables », confie la princesse Diane.

Ces membres, des Egyptiens et des étrangers, continuent d'accroître le prestige et la réputation de la Chaîne. « L'adhésion à cette Chaîne offre l'opportunité de rencontrer des personnes qui partagent la même passion pour la bonne cuisine dans un climat de convivialité. Elle donne l'occasion aux membres professionnels, tels que les chefs, restaurateurs et hôteliers, de montrer leur savoir-faire à un public de connaisseurs », explique Abdalla Abdel-Aziz, architecte et membre de l’association depuis 25 ans. Ce qui le fascine par-dessus tout c’est cette culture de la qualité et non de la quantité. « Il est important d’apprendre à associer des mets qui vont ensemble, d'apprécier la présentation d’un bon plat, de se contenter d’une petite quantité de nourriture mais qui est servie avec raffinement et goût. Si l’œil est satisfait, l’estomac le sera sûrement », explique-t-il. Cet architecte et sa femme ont, au cours de ces 25 années, assisté à des galas à Paris, Berlin, Londres et Rome, rencontré des amis gastronomes, voyagé et dégusté les meilleurs plats.

« Les maillons de la Chaîne sont des individus qui ont du goût. Nous apprécions les belles choses de la vie : l’amitié, la gastronomie et les bons vins. Nous aimons nous réunir autour d’un bon plat, connaître les origines et la recette du plat que nous venons de déguster tout en échangeant nos idées. Si un bon plat est un mélange de tradition et de création, telle est la Chaîne des rôtisseurs », explique Peter Jones, membre de la Chaîne en Angleterre.  

La culture du monde arabe

Dîners, dégustations, conférences et concours, la connaissance et l'appréciation de la bonne cuisine font la renommée de la Chaîne des rôtisseurs. « L'adhésion à la Chaîne des rôtisseurs se fait uniquement sur invitation. La plupart des nouveaux adhérents ont été préalablement recommandés par des amis qui sont eux-mêmes membres. Une adhésion qui offre cette opportunité unique de rencontrer des personnes qui partagent la même passion », explique Karim Hénein, membre du Conseil magistral et membre du Conseil d’administration en France. En effet, Hénein est le seul membre non européen et non américain dans ce conseil.

C’est d’ailleurs son père qui a été le premier président de l’association en Egypte il y a plus de 25 ans. Si, à ses débuts, l’activité principale de la Chaîne était d’organiser des concours entre les chefs et de promouvoir le tourisme, aujourd’hui, les choses ont changé. Karim Hénein a, en fait, eu une autre vision des choses. « J’ai réalisé que des personnes de grande renommée étaient membres de notre association. J’ai donc eu l’idée de profiter de leur présence pour lancer des projets caritatifs et faire des dons aux plus démunis », dit Hénein, dont la femme se consacre aussi aux œuvres caritatives au service des lépreux, et c'est elle qui l’a encouragé à entamer ce pas. « Les membres de la Chaîne ont réussi à faire des dons en faveur des lépreux. Et grâce à un accord signé avec le programme des Nations-Unies pour la nourriture (UNFP), nous avons contribué à fournir de la nourriture à des personnes souffrant de la faim dans différentes régions du monde », explique Hénein.

Un véritable tournant dans l’histoire de la Chaîne des rôtisseurs. En élargissant son champ d’action, la Chaîne ne se limite plus aujourd’hui à la restauration et à l’hôtellerie. « Protéger et partager » est une fondation créée en janvier 2008 et qui vise à jouer un rôle dans le secteur du développement social pour nourrir et améliorer les conditions de vie des plus démunis, en particulier les enfants. Une entité créée pour apporter aide et assistance par le biais d’initiatives et de programmes d’aide mondiaux. Aujourd’hui, l’argent collecté par les 27 000 membres de la Chaîne de par le monde sert à limiter les souffrances des plus pauvres.

Hénein, dont les ambitions sont sans limites, a réussi aussi à introduire la culture du monde arabe et musulman dans les traditions de la Chaîne. « Autrefois, il y avait des plats qui étaient cuisinés avec du cognac. On pouvait aussi trouver comme plat principal dans un de nos galas un porc grillé ou du jambon ainsi que des boissons alcoolisées. J’ai en fait introduit l’idée des tables sans alcool et j’ai tenu à ce que l’on respecte les traditions et cultures des membres venant du monde arabe », explique Hénein. Aujourd’hui, il est fier que son association soit un pont entre les différentes cultures. Mais ce qui compte le plus pour lui c’est qu’elle ait réussi à introduire au monde entier une autre image de l’Egypte. « Une image différente de celle du journal télévisé il n'y a que des scènes de terrorisme. Notre rôle c’est de leur dire qu’il existe en Egypte des personnes raffinées, qui sont cultivées et ont du goût », confie Hénein. « En ma qualité de membre de la Chaîne des rôtisseurs, je fais le serment de toujours honorer l’art de la cuisine et la culture de la table. Je fais le serment de toujours honorer mes devoirs de fraternité et de respect à l’égard de tous les membres de la Chaîne des rôtisseurs », un serment prononcé par les milliers de membres de la Chaîne des rôtisseurs dans le monde et qui résume en quelques mots sa philosophie.

Amira Doss

 




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