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 Semaine du 10 au 16 février 2010, numéro 805

 

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Palestine. Le flou persiste sur une éventuelle saisine par la Cour Pénale Internationale (CPI) du dossier des crimes de guerre commis par Israël contre Gaza fin 2008. Ban Ki-moon a, en effet, émis des doutes sur la crédibilité des enquêtes menées par Israël et l’Autorité palestinienne.

Affaire à suivre

Plus d’un an après l’offensive israélienne contre Gaza, la question des crimes qui ont eu lieu au cours de ce conflit continue à faire des remous. Et les résultats des enquêtes menées de part et d’autre restent insuffisants. La guerre menée par l’Etat hébreu contre la bande de Gaza fin 2008 a fait plus de 1 400 morts côté palestinien, dont des centaines de civils. C’est probablement la seule information sûre à l’heure qu’il est. Du moins pour les Nations-Unies, qui accusent les deux parties, à savoir Israël et l’Autorité palestinienne, de ne pas avoir mené avec justesse leurs enquêtes concernant ce conflit. Ce week-end, le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, a ainsi mis en doute la crédibilité des enquêtes diligentées par Israël et l’Autorité palestinienne sur les accusations de crimes de guerre durant le conflit de 2008-2009 dans la bande de Gaza.

Dans un message adressé à l’Assemblée générale de l’Onu, Ban reconnaît que les deux camps examinent le comportement des soldats israéliens d’un côté et des activistes palestiniens de l’autre, comme le demandait une résolution votée en novembre dernier par l’Assemblée. Mais quant à savoir si ces enquêtes sont bien « indépendantes, crédibles et conformes aux normes internationales », il a choisi de réserver son jugement. « Aucun jugement ne peut être établi sur l’application de la résolution par les parties concernées », écrit le diplomate sud-coréen dans cette lettre, qui accompagne des documents remis par Israël et l’Autorité palestinienne sur leurs enquêtes respectives.

Accusé d’avoir eu recours à une force excessive et de ne pas avoir distingué les combattants des civils, Israël répond que les activistes se sont servis des populations comme de boucliers humains. Une réponse qui cache mal les forces disproportionnées utilisées par les deux parties, et dont témoigne le nombre de victimes des deux parties : 1 400 côté palestinien contre 13 seulement côté israélien. Sans parler de l’usage par Israël des bombes à phosphore contre les civils, des engins explosifs interdits internationalement.

Blocage de l’administration américaine

La réaction palestinienne aux allégations israéliennes ne s’est pas fait attendre. Le ministre de la Justice du gouvernement Hamas, Mohamad Faraj Al-Ghoul, a affirmé que les « allégations » selon lesquelles les groupes armés palestiniens avaient tué ou blessé des civils israéliens dans ce conflit, avaient « besoin d’être soutenues par des preuves ». De plus, le Hamas veut que l’Onu transfère le dossier de l’offensive israélienne sur la bande de Gaza à l’hiver 2008-2009 à la CPI. C’est ce qu’a déclaré samedi à l’AFP Mohamad Faraj Al-Ghoul. Il a cependant dit s’attendre à un blocage de l’administration américaine dans ce processus.

Le 27 janvier, le Hamas avait absous les groupes armés palestiniens, dont son bras armé, de tout crime de guerre durant le conflit à Gaza, en indiquant avoir mené ses propres enquêtes conformément aux recommandations du rapport Goldstone, commissionné par l’Onu. Le rapport Goldstone recommande la saisine de la CPI si Israël et les Palestiniens, accusés de « crimes de guerre » voire de « crimes contre l’humanité » durant la guerre, n’annonçaient pas d’ici fin janvier leur intention de mener des enquêtes « crédibles » sur la manière dont le conflit a été conduit.

Dans un rapport officiel remis fin janvier à l’Onu, Israël s’est efforcé de réfuter les accusations de la commission Goldstone et a refusé jusqu’à présent la création d’une commission d’enquête réclamée par l’Onu. Aussi bien l’Etat juif que le Parti islamiste du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, ont rejeté toute accusation de crimes de guerre. Le Hamas a indiqué avoir remis à l’Onu une réponse rejetant toutes les accusations portées contre ses combattants. Ce document ne figure pourtant pas dans le dossier envoyé par Ban Ki-moon à l’Assemblée générale.

Quant à Israël, il avait initialement refusé de coopérer avec le juriste sud-africain Richard Goldstone, auteur du rapport sur le conflit que l’Etat juif a bien sûr jugé erroné. Mais Israël a fini par décider de fournir des informations au secrétaire général de l’Onu. Et Tel-Aviv, qui ne voit que ce qu’il veut voir, s’est félicité cette semaine de la déclaration du secrétaire général, estimant qu’elle tenait compte d’un rapport communiqué par Israël. Dans ce rapport, Israël affirme avoir ouvert des enquêtes sur 150 incidents séparés, dont 36 font l’objet d’une enquête criminelle. Deux officiers supérieurs ont reçu un blâme et une seule condamnation a été prononcée, selon l’armée : contre un soldat qui avait volé une carte de crédit. C’est dire à quel point l’enquête israélienne est loin d’être juste.

Abir Taleb 

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