Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Enième impasse  

  Président
Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef exécutif
Hicham Mourad
  Conseiller de la rédaction
  Mohamed Salmawy

Nos Archives

 Semaine du 20 au 26 octobre 2010, numéro 841

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Monde Arabe

Palestine . Entre la reprise de la colonisation et la demande de reconnaître Israël comme un « Etat du peuple juif », Benyamin Netanyahu ne laisse plus aucune chance à la paix, à moins d’une intervention musclée de la part des Américains.

Enième impasse

En liant l’arrêt de la colonisation à la reconnaissance du caractère juif d’Israël, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a donné un ultime coup au processus de paix. Car l’arrêt de la colonisation était une condition à la poursuite des négociations israélo-palestiniennes. Plus de négociations donc, et plus de processus de paix non plus. Israël s’entête et les Palestiniens ne veulent plus faire davantage de concessions. Tout porte à croire que c’est l’impasse. A moins d’un miracle.

En effet, Benyamin Netanyahu a publiquement proposé un gel de la colonisation en échange de la reconnaissance d’Israël comme « Etat du peuple juif », un marché aussitôt rejeté par les Palestiniens, qui l’estiment comme « sans rapport avec le processus de paix ». « Si la direction palestinienne dit sans ambiguïté à son peuple qu’elle reconnaît Israël comme l’Etat-nation du peuple juif, je serai prêt à réunir mon gouvernement pour demander un nouveau moratoire sur la construction » dans les colonies juives de la Cisjordanie occupée, a déclaré M. Netanyahu devant le Parlement israélien. « J’ai déjà transmis ce message via des canaux discrets et maintenant je le dis en public », a-t-il précisé. Il a assuré ne pas faire de cette question « une condition aux pourparlers », mais a estimé qu’il s’agirait d’une « mesure d’établissement de la confiance » envers la population israélienne, qui témoignerait de la sincérité de la volonté de paix des Palestiniens. « Cette question n’a de rapport ni avec le processus de paix ni avec les obligations qu’Israël n’a pas remplies. Nous la rejetons aussi bien en bloc que dans le détail », a immédiatement rétorqué le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat, qui a accusé le gouvernement israélien de s’obstiner à tuer toute chance de reprise des négociations, après sa décision de lancer des appels d’offres pour des logements de colons à Jérusalem-Est.

De son côté, Mahmoud Abbass a réaffirmé que les Palestiniens n’avaient pas à reconnaître le caractère juif de l’Etat d’Israël vu qu’ils ont déjà reconnu l’Etat. « Tous les jours, vous (les Israéliens) venez avec une nouvelle exigence. Cela suffit », a ironisé M. Abbass, un sourire aux lèvres. Et de prévenir : « Le désespoir alimentera l’extrémisme ». Mais le président palestinien tente de rester optimiste, déclarant qu’il gardait « de grands espoirs dans les efforts américains » de relancer le dialogue et en écartant l’hypothèse d’une nouvelle intifada.

Ainsi, le seul espoir à l’heure actuelle est que les Etats-Unis puissent faire suffisamment pression sur Israël. Or, ceux-ci se contentent de manifester leur déception quant à la reprise des activités de colonisation, estimant qu’elle compromettait leurs efforts de relance des pourparlers. « C’est contraire à nos efforts visant à relancer les négociations directes », a déclaré le porte-parole du département d’Etat américain, Philip Crowley. En mars dernier, l’annonce par le ministère de l’Habitat d’un projet de colonisation à Jérusalem-Est, en pleine visite du vice-président américain, Joe Biden, avait profondément irrité les Etats-Unis. Et M. Netanyahu avait dû présenter ses « regrets » pour le moment choisi pour cette annonce. Aujourd’hui, les Israéliens semblent se comporter à leur guise, ne craignant rien ni personne. Les Etats-Unis ont simplement accueilli favorablement la contre-proposition palestinienne à l’offre du premier ministre, Benyamin Netanyahu, estimant qu’elle était « le type de dialogue » susceptible de régler le différend sur la colonisation juive.

De son côté, l’Europe, dont le rôle est marginalisé dans le processus de paix entre Israël et les Palestiniens, tente d’intervenir pour éviter le pire. Le président français, Nicolas Sarkozy, qui dénonce les échecs successifs de ces négociations sous la seule houlette des Etats-Unis, expose régulièrement sa volonté de voir la France et l’Union européenne prendre une plus grande part dans le processus. Il a ainsi proposé un sommet à Paris réunissant le président palestinien, Mahmoud Abbass, le président égyptien, Hosni Moubarak, et le chef du gouvernement israélien, Benyamin Netanyahu. Mais pour l’heure, la rencontre reste hypothétique. « Après consultations, les parties concernées se sont mises d’accord pour décider d’une autre date », a déclaré le bureau de M. Netanyahu, sans plus de précisions. Cette décision a été implicitement confirmée par le principal négociateur palestinien Saëb Erakat. « La poursuite de la colonisation israélienne ruine tous les efforts de paix, que ce soient ceux du président (américain) Barack Obama ou ceux du président (français) Nicolas Sarkozy », a-t-il déclaré. Rien de nouveau .

Ines Eissa

Retour au sommaire

 

3 questions à
l’ambassadeur d’Espagne en Egypte, Antonio Lopez Martinez, qui vient d’achever sa mission dans le pays.
« Nous ne voulons pas que l’UPM soit l’otage du processus de paix »

Al-Ahram Hebdo : Barcelone devrait accueillir, fin novembre, le Sommet de l’Union Pour la Méditerranée (UPM). Sa tenue est-elle sûre et peut-on espérer que ce sera une occasion pour mettre réellement l’UPM sur les rails ?

Antonio Lopez Martinez : L’UPM est née du processus de Barcelone et ce processus ne marchait pas si mal que cela, au contraire, je crois qu’il avait juste besoin d’être renforcé. On a eu l’idée de créer l’UPM et on ne peut donc pas se permettre que ce soit un échec, parce qu’un échec de l’UPM signifie un échec du processus de Barcelone. Il faut donc tout faire pour lancer véritablement l’UPM et l’Egypte est très bien placée pour cela, tout comme la France et l’Espagne. On a besoin d’instances et d’institutions méditerranéennes, pour que nous puissions parler des choses et des projets qui nous unissent. En juin dernier, date initialement prévue pour le Sommet de l’UPM, on n’a pas voulu séparer les choses, c’est-à-dire l’UPM et le processus de paix, mais il faut oser le faire. Il ne faut pas laisser l’UPM se contaminer par le processus de paix.

— Mais le blocage du processus de paix et la position israélienne continuent d’entraver le démarrage réel de l’UPM et certains pays du sud de la Méditerranée menacent de ne pas se rendre à Barcelone si ce blocage continue …

— Nous œuvrons à ce que le sommet ait lieu comme prévu. Nous ne voulons pas que le scénario de juin dernier se répète. Il est nécessaire d’isoler les problèmes et d’aller de l’avant, sinon on risque de ne plus avoir ni de processus de paix, ni d’UPM.

Le président français, Nicolas Sarkozy, a lancé une initiative pour réunir, dans un mini-sommet, les dirigeants de la région, et ce avant le Sommet de Barcelone qui se tiendra les 20 et 21 novembre prochain. Il y aura aussi des réunions ministérielles entre les chefs de la diplomatie espagnol, égyptien et français en préparation à la rencontre de Barcelone. Nous ne voulons pas que l’UPM soit l’otage du processus de paix.

En ce qui me concerne et dans le cadre de mon nouveau poste de sous-secrétaire des affaires extérieures et de coopération au ministère espagnol des Affaires étrangères, j’aurai quelques responsabilités dans la préparation du sommet, notamment en ce qui concerne le protocole.

— Un des fondements de base de notre position à ce sujet est la nécessité de parvenir à une paix durable et juste dans le respect des deux parties. Il est vrai qu’il y a, en ce moment, une direction-clé de la part de l’administration américaine. Cela n’empêche toutefois pas le Quartette, ou l’Europe, d’avoir leur fonction. Personne n’a démissionné de ses fonctions même si les Etats-Unis jouent un rôle plus actif et plus musclé. L’Europe est toujours là, de même que les pays méditerranéens. Notre intérêt pour le processus de paix ne s’est jamais estompé. Le chef de la diplomatie espagnol, Miguel Angel Moratinos, a récemment effectué une mission qui l’a conduit en Israël, en Syrie et dans les territoires palestiniens. Il a aussi eu des entretiens avec le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmad Aboul-Gheit, en Belgique concernant le processus de paix et dans le cadre des préparatifs du Sommet de Barcelone. C’est pour dire que nous sommes tous très près de ce qui se passe au Proche-Orient .

Propos recueillis par
Aïcha Abdel-Ghaffar

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph- Héba Nasreddine
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.