Papyrus de maximes et de sagesses

Mohamed Salmawy

 

A chacun sa façon

Makram Mohamad Ahmad

 

La dignité des Libyens

Massoud Al-Hénawy

 

Diverses scènes et une seule cause

Abdel-Moneim Saïd

 

Un, deux ou trois Etats ?

adwan Ziyada

Ecrivain syrien

 

 

Edito

 

Edito

 

Les nouvelles

orientations d’Ankara

La crise qui vient d’opposer Israël à la Turquie pose à nouveau la question des nouvelles orientations d’Ankara qui, pour certains analystes, se tourne vers l’est et les Arabes, et pour d’autres s’emploie seulement à se forger une stature régionale.

En envoyant ses excuses à l’ambassadeur turc, humilié la semaine dernière par le ministre israélien adjoint des Affaires étrangères pour une affaire de série télévisée turque jugée antisémite, Benyamin Netanyahu a exprimé son inquiétude concernant le rafraîchissement des liens entre Israël et la Turquie. Et il a demandé aux responsables de trouver les moyens d’y remédier. En d’autres termes, Israël ne veut pas perdre un précieux allié musulman dans la région, mais s’interroge sur la diplomatie turque.

En moins d’un an, le président turc, Abdullah Gul, et le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, ont visité trois fois la Syrie et ont reçu ou ont été les hôtes des dirigeants égyptien, jordanien, libanais ou libyen. Des accords mutuels de coopération ou de suppression de visas ont été signés. Recevant la semaine dernière le premier ministre libanais, Saad Hariri, M. Erdogan en a profité pour critiquer Israël, comme il le fait régulièrement depuis un an. « Est-ce que le gouvernement israélien est en faveur de la paix ou pas ? », s’est interrogé le dirigeant turc dont le pays, membre de l’Otan, a signé en 1996 une alliance militaire avec l’Etat hébreu. M. Erdogan a aussi reproché une nouvelle fois aux Occidentaux de s’en prendre à l’Iran, estimant qu’Israël dispose de l’arme nucléaire et que « ceux qui mettent en garde l’Iran doivent faire de même pour Israël ». Début novembre, il avait pris la défense du président soudanais, Omar Al-Béchir, qui est visé par un mandat d’arrêt international, faisant hausser des sourcils à Washington et à Bruxelles.

Pour les analystes turcs, l’incident israélo-turc sur le feuilleton TV marque la fin d’un « âge d’or ». Les dirigeants turcs, qui sont issus de la mouvance islamiste, assurent, quant à eux régulièrement que rien n’a changé. « Si la politique d’Israël s’orientait vers la paix (...), les relations entre la Turquie et Israël changeraient de manière positive du jour au lendemain », a répété le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, architecte de la diplomatie du « zéro problème avec les voisins » de la Turquie. Il est pourtant probable qu’Ankara essaie de se démarquer de l’héritage de la politique des militaires envers Israël, depuis 1995. Les raisons de cette attitude sont multiples : populisme, électoralisme, mais aussi lassitude vis-à-vis de l’Europe.