Al-Ahram Hebdo,Invité | Franco Frattini, « Il faut ouvrir un horizon politique crédible au président palestinien »
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 20 au 26 janvier 2010, numéro 802

 

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Invité

Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, était en visite en Egypte cette semaine. Il parle des relations avec l’Egypte et du rôle de l’Europe au Proche-Orient.

« Il faut ouvrir un horizon politique
 crédible au président palestinien »

Al-Ahram Hebdo : Quels étaient les objectifs de votre visite en Egypte ?

Franco Frattini : Je suis venu en Egypte pour rencontrer le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmad Aboul-Gheit, ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, pour discuter de la complexité de la situation au Moyen-Orient et définir les résolutions qui s’imposent pour arriver à la stabilité nécessaire de la région. Je suis venu partager avec l’Egypte ses ambitions de paix. Notre objectif commun est de parvenir à une solution juste et permanente qui fera renaître l’espoir chez tous les peuples de la région, l’espoir en un avenir meilleur grâce au développement économique et social.

D’autre part, l’Egypte est le premier partenaire économique de l’Italie dans la région de la Méditerranée. Il est donc indispensable de renforcer le niveau de coopération bilatérale entre nos deux pays afin de développer tous les éléments de croissance. La coopération économique, en plus de la coopération culturelle et scientifique, constituent les aspects de notre relation bilatérale que cette visite vise à consolider.

— Justement, où en sont les relations de coopération entre les deux pays ?

— Les relations entre l’Italie et l’Egypte ont acquis des dimensions exceptionnelles. Ce sont des relations solides qui se sont affirmées ces dernières années grâce à l’intensité des rencontres à tous les niveaux, politique, économique, culturel ou scientifique. L’intensité de ces rencontres a abouti, en 2008, à la décision de l’organisation d’un sommet annuel auquel prennent part les principaux représentants des deux pays. Le dernier sommet s’est tenu dans la ville de Charm Al-Cheikh le 12 mai dernier, et le prochain se tiendra à Rome au printemps prochain. Ces sommets ont permis l’expansion des activités conjointes dans tous les domaines. Ils ont aussi renforcé l’échange de connaissances et l’entente entre la société civile des deux pays. L’Italie est le premier pays européen et occidental avec lequel l’Egypte réalise ce degré de coopération. Le fait qui a poussé le président Moubarak à déclarer qu’il voulait en faire un modèle pour les relations euro-méditerranéennes. En preuve de sa volonté d’élargir les domaines de rapprochement et d’entente avec l’Egypte, l’Italie a encouragé la participation de l’Egypte aux réunions du G8. Ce, en estime du rôle décisif qu’a joué l’Egypte en tant que pays arabe, africain et musulman dans le processus de paix au Moyen-Orient et dans la réalisation de la stabilité dans les régions de crise en Afrique.

— A votre avis, quelles sont les chances de parvenir à la paix au Moyen-Orient ?

— La disposition de la Maison Blanche à participer directement à la résolution du conflit israélo-palestinien est une occasion exceptionnelle que nous ne pouvons pas nous permettre de rater. Les Etats-Unis, l’Union Européenne (UE) et les pays arabes déploient aujourd’hui tous leurs efforts pour la reprise du dialogue. Je suis convaincu que, dans ce contexte, il est impératif que l’Europe, après le renouvellement de ses institutions à la suite de la mise en vigueur du traité de Lisbonne, parle d’une seule voix et exerce fermement le rôle d’interlocuteur international. Il est indispensable de surmonter l’état d’immobilisme résultant du manque de confiance mutuel entre les parties en conflit et de revenir à la table des négociations pour régler tous les sujets en suspens dans un délai final, à définir. Les directions des deux peuples palestinien et israélien doivent prendre des décisions courageuses sachant que la communauté internationale est prête à les soutenir dans l’application d’un accord de paix.

— Les puissances internationales ont-elles un rôle à jouer à cet égard ?

— Il est nécessaire que l’UE, les Etats-Unis et les pays arabes lancent un message clair aux parties prenantes en vue de les pousser à la table des négociations. La communauté internationale doit présenter les garanties politiques nécessaires aux deux parties, afin que les négociations parviennent dans un délai raisonnable à l’établissement d’un Etat palestinien indépendant, démocratique, viable, qui respecte la sécurité d’Israël et s’intègre harmonieusement dans les systèmes régional et international. Il faut ouvrir un horizon politique crédible à la direction palestinienne actuelle. Ceci renforcera le président Mahmoud Abbass qui est l’élément de modération dans la réalité palestinienne d’aujourd’hui. L’objectif reste l’existence de deux Etats qui coexistent en paix, non seulement au niveau de la sécurité, mais aussi au niveau du développement économique. La création d’institutions et l’encouragement du développement économique sont deux conditions nécessaires à la paix. Mais les Palestiniens trouvent, à juste titre, que cela n’est pas suffisant.

— Comment voyez-vous le rôle de l’UE dans le règlement du conflit au Proche-Orient ?

— Le processus de paix et la stabilité au Moyen-Orient représentent une priorité pour l’UE, non seulement du point de vue sécuritaire, mais surtout en raison de l’héritage culturel et historique de la région que partage aussi l’Europe.

— Pensez-vous que la Ligue arabe peut jouer un rôle important à ce sujet ?

— La Ligue arabe a un rôle très important dans la coordination des positions de ses membres. C’est une chose extrêmement importante aujourd’hui afin de consolider les positions du président palestinien Mahmoud Abbass dans le processus de paix. L’initiative de paix adoptée par la Ligue arabe en 2002 constitue toujours un outil politique pour le développement du dialogue et un point de départ important des négociations. La paix au Moyen-Orient n’émanera pas seulement d’un accord entre les Palestiniens et les Israéliens, ce sera le résultat d’un engagement conjoint qui nécessite en premier lieu une unanimité autour de l’objectif et une aptitude au dialogue. Par conséquent, la Ligue arabe constitue un partenaire fondamental pour que les énormes efforts déployés par les pays arabes modérés portent leurs fruits et pour assurer un véritable essor au processus de paix.

— Existe-t-il des outils de coordination entre l’Italie et la Ligue arabe ?

— Il existe une excellente coopération entre l’Italie et la Ligue arabe. Le mémorandum d’entente signé à Rome le 28 février 2008 entre l’Italie et la Ligue arabe établit un cadre de coopération dans les domaines politique, culturel, scientifique et médiatique. Il prévoit également l’échange de visites, y compris la tenue d’une rencontre annuelle entre le ministre italien des Affaires étrangères et le secrétaire général de la Ligue arabe et entre ce premier et les ambassadeurs arabes à Rome. Enfin, ce mémorandum stipule que l’ambassadeur italien au Caire assiste aux réunions d’intérêt commun organisées par la Ligue arabe. En effet, l’Italie est le seul pays membre de l’UE qui a accrédité son ambassadeur au Caire comme délégué permanent auprès du secrétariat général de la Ligue arabe.

— Pensez-vous que l’Union Pour la Méditerranée (UPM) peut être relancée malgré l’inertie du processus de paix au Proche-Orient ?

— Je pense que la fondation de l’UPM constitue un moment historique pour la relance de la coopération euro-méditerranéenne qui doit continuer à être parmi les priorités de l’UE. Je pense donc que le dernier accord concernant la nomination du secrétaire général de l’UPM constitue un pas important. Mais il faut tout de même reconnaître que l’UPM n’a pas réussi jusqu’ici à jouer son rôle en tant qu’entité politique active dans la région. Malheureusement, le projet a succombé face à de nombreux problèmes. Nous avons donc besoin d’une forte volonté politique pour aller de l’avant dans le processus de complémentarité euro-méditerranéenne. L’Italie est prête à assumer son rôle par le biais de nombreuses stratégies, en particulier celle concernant les domaines de complémentarité entre tous les Etats méditerranéens comme le développement des infrastructures, l’énergie, l’encouragement des petites et moyennes entreprises, la modernisation graduelle des législations des entreprises et, enfin, l’octroi de visas pour certaines catégories de citoyens. Cette Union pour la Méditerranée est, avant tout, faite pour les citoyens.

— Comment évaluez-vous les accords entre l’Egypte et l’Italie concernant l’entrée en Italie de travailleurs égyptiens dans certains secteurs professionnels ?

— Les accords déjà conclus avec l’Egypte concernant la main-d’œuvre sont le meilleur exemple d’une coopération bilatérale épanouie. Les quotas, qui avaient été conclus en 2002, ont augmenté conformément à la signature de deux accords complémentaires en novembre 2005 et mai 2009. Il est prévu de permettre au ministère égyptien de la Main-d’œuvre de gérer 25 % des quotas fixés, en présentant des listes comprenant les noms d’ouvriers égyptiens désireux d’immigrer en Italie conformément à leurs spécialisations .

Propos recueillis par Magda Barsoum

 




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