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  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 20 au 26 janvier 2010, numéro 802

 

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Environnement

Biodiversité . Le rythme des destructions causées par l’homme aux écosystèmes naturels va crescendo. Le taux d’extinction des espèces est effrayant. La situation nécessite une prise de conscience et une intervention rapide.

Des gestes pour sauver l’humanité

« Vous faites partie intégrante de la nature. Votre destin est intimement lié à celui de la biodiversité, à cette vaste variété d’animaux et de plantes, ainsi qu’à leurs lieux de vie et leurs environnements avoisinants, et cela dans le monde entier. Vous dépendez de cette diversité de vie pour votre alimentation, votre carburant, vos médicaments et bien d’autres choses essentielles sans lesquelles vous ne pourriez tout simplement pas vivre. Et pourtant, cette riche diversité est en train de disparaître à un rythme accéléré à cause des activités humaines. Nous sommes tous touchés par cet appauvrissement qui affaiblit nos systèmes de vie, dont nous dépendons pour résister aux menaces grandissantes comme les changements climatiques ».

C’est le message qui accueille les visiteurs du site Internet officiel de l’année internationale de la diversité biologique 2010 : http://www.cbd.int/2010/welcome/

Une vérité qui dérange : les différentes espèces, les animaux, insectes et végétations, voire bactéries, sont en déclin !

Cela veut dire, tout simplement, que le tour de l’homme viendra bientôt ! Les humains dans leur quotidien ont besoin de toute la diversité de la vie pour survivre sur terre.

Les experts s’inquiètent de l’avenir de la planète. Le seul moyen était d’encourager les gouvernements à mettre la conservation de la biodiversité sur leurs agendas. C’est la raison pour laquelle l’Onu a décidé de déclarer 2010 l’année internationale de la biodiversité avec pour thème « La biodiversité, c’est la vie ».

L’idée est de mobiliser le monde en faveur de cette richesse fragilisée par la pollution, la déforestation, l’agriculture intensive ou même l’urbanisation.

Pour sa part, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a annoncé dernièrement qu’elle publierait chaque jour en 2010 un portrait de chacune des 365 espèces animales et végétales les plus menacées de disparition afin de sensibiliser le public aux enjeux de la préservation de la biodiversité. En effet, un tiers des 1,8 million d’espèces connues dans le monde serait confronté à une menace d’extinction, et 6 à 12 millions d’espèces seraient encore inconnues des scientifiques.

En fait, depuis la Révolution industrielle, l’humanité traite les ressources naturelles comme si elles étaient infinies. Trop peu de gens réalisent que la biodiversité est une ressource en tant que telle.

La complexité de ces aspects a été reconnue dans son ensemble en 1972 lorsque l’Unesco lança l’initiative pionnière : la Convention sur la Diversité Biologique (CDB). Les trois objectifs de cette convention étaient : la conservation de la biodiversité, son utilisation durable et le partage juste et équitable des bénéfices liés à l’usage des ressources génétiques.

Des plans stratégiques peu effectifs

Ces dernières années, l’objectif principal des plans stratégiques de la CDB a été de réduire le rythme de perte de biodiversité, un but dont la réalisation était presque impossible.

« Je n’exagère pas en avouant que le rythme de la perte des espèces devient de plus en plus rapide. La population augmente dans le monde, ce qui pèse sur les ressources. Sans oublier les différentes activités humaines qui augmentent en parallèle avec la population mondiale comme l’agriculture, le tourisme ainsi que les différentes activités industrielles et économiques », commence David Cooper, du secrétariat de la Convention de la diversité biologique, dont le siège est au Canada. Il continue que malgré les pressions exercées sur les ressources, le tableau n’est pas tout à fait sombre.

« Il y a des pays qui font des pas en avant pour éliminer la perte de la faune et la flore. L’Egypte est un exemple à suivre en ce qui concerne la conservation des écosystèmes », souligne-t-il.

En effet, Cooper était présent en Egypte dans le cadre d’une réunion régionale de deux jours (10-11 janvier 2010) au siège de la Ligue arabe. L’objectif était de mettre les grandes lignes d’un nouveau plan stratégique pour la CDB à la place de l’ancien plan 2002-2010. « La potion magique c’est d’intégrer les activités de la conservation de la biodiversité dans les différentes activités industrielles, agricoles, touristiques, etc. », assure-t-il.

Pour Abdel-Hakim Olaya, point focal de la CDB au Yémen, le plan qui expire en 2010 n’était pas du tout un succès.

« On ne peut pas dire que l’ancien plan n’était pas réaliste, mais il fallait mieux dire qu’il était trop ambitieux », indique Olaya.

Les mêmes problèmes existent depuis belle lurette, que nous parlions biodiversité ou changement climatique, financement ou transfert de technologie. Les pays développés ne jouent pas leur rôle de bailleurs de fonds comme il se doit ! En plus, ils ne facilitent pas le transfert des technologies vers les pays en développement.

« Pour que le nouveau plan stratégique soit efficace, il faut qu’il soit à court terme et qu’il soit évalué tous les cinq ans. Cela facilitera le recensement des pertes ainsi que la discussion des nouveautés », souligne Abdel-Hakim Olaya.

En fait, le but de la réunion du Caire était de sortir avec une vision commune, ambitieuse et en même temps réaliste pour guider les leaders arabes dans leur lutte contre la perte des espèces dans la région.

« Une fois ce but réalisé, la pauvreté sera éliminée dans les sociétés arabes et la région connaîtra plus de prospérité. Le nouveau plan doit encourager la déclaration des réserves naturelles, la recherche scientifique, le respect des écosystèmes et la réduction du rythme de la déforestation », déclare Gamaleddine Gaballah, responsable du secrétariat technique du Conseil des ministres arabes responsables des affaires de l’environnement.

En effet, certains pays arabes ont leur propre plan stratégique qui vise la conservation de la biodiversité. L’Egypte, par exemple, était parmi les premiers pays arabes à préparer et à exécuter une stratégie nationale sur 20 ans (1997-2017) dans le domaine de la diversité biologique.

« Sans doute l’Egypte, comme tous les autres pays du monde, a ses priorités économiques, sociales et humaines et souffre, surtout sous les conditions économiques internationales, d’un manque de financement pour la conservation de ses richesses biologiques. Pour ce, une coopération Nord-Sud est indispensable pour réaliser les buts communs et éviter un sort catastrophique qui attend l’humanité », conclut le Dr Moustapha Fouda, responsable du département de la conservation de la nature au sein du ministère de l’Environnement.

Dalia Abdel-Salam

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Le saviez-vous ?

• On partage la planète avec près de 13 millions d’espèces vivantes différentes, y compris des plantes, des animaux et des bactéries, dont 1,75 million seulement ont été identifiées et enregistrées.

• On estime que le nombre des espèces connues — et nous sommes loin de les connaître toutes — a décliné d’environ 40 depuis les années 1970.

• Depuis 2000, les forêts primaires ont perdu 6 millions d’hectares par an. Près de 20 % des récifs coralliens ont été détruits.

• 25 % des espèces connues auront peut-être disparu d’ici à 2050.

Réaction tardive

L’enquête publiée par le quotidien Al-Masry Al-Yom concernant le déversement des déchets industriels de l’usine de sucre de Hawamdiya dans le Nil a suscité un large débat dans les médias ainsi qu’au sein de l’Assemblée du peuple. En fait, le ministère de l’Environnement est chargé de protéger le fleuve qui approvisionne le pays en presque 97 % de l’eau douce.

Il faut savoir que le Nil est protégé par deux lois complètement ignorées : la loi 48 de l’année 1982 sur la protection du Nil et la loi 4 de l’année 1994 sur la protection de l’environnement. Les analyses faites par ce ministère à la suite du débat ont révélé que le drainage de la compagnie de sucre traité secondairement ne doit pas être déversé dans le Nil, mais dans le réseau du drainage sanitaire.

En effet, le problème ne date pas d’aujourd’hui et l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE) a établi plusieurs procès-verbaux contre la compagnie en question, dont les 3 derniers étaient au mois d’août 2009.

« Pour résoudre le problème, nous avons signé un protocole de coopération avec la compagnie de sucre de Hawamdiya et l’Organisme du drainage sanitaire afin de transférer le drainage industriel vers le réseau de l’assainissement sanitaire dans la région d’Assar Al-Nabi », explique le Dr Mawaheb Aboul-Azm, directrice exécutive de l’AEAE.

Selon elle, un comité a été formé réunissant des membres du département d’inspection de l’AEAE et de la police de l’environnement pour faire des tournées d’inspection jour et nuit afin de s’assurer que le drainage est transféré vers le réseau du drainage sanitaire et non pas vers le Nil. A dire vrai, les procédures que le ministère de l’Environnement a récemment prises contre les usines industrielles de Hawamdiya sont assez fermes, mais elles ont tardé à venir ! Il convient de dire que le ministère n’a réagi qu’après le scandale ! .

D. A.-S.

 

 

 




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