Al-Ahram Hebdo, Monde | Une rencontre mais pas de résultat
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 20 au 26 janvier 2010, numéro 802

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Monde

Iran . Une nouvelle réunion a eu lieu à New York entre les six grandes puissances pour imposer de nouvelles sanctions à la République islamique. Mais elle a été infructueuse en raison des réticences de la Chine.

Une rencontre mais pas de résultat

Epuisés par les mille et un détours de Téhéran qui ne cesse de jouer au chat et à la souris avec la communauté internationale, les pays occidentaux ont décidé, cette semaine, de discuter l’imposition de nouvelles sanctions au régime iranien, déjà visé par trois résolutions de l’Onu assorties de sanctions et menacé de nouvelles mesures pour son refus de suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium, ce qui lui a valu une condamnation de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) en novembre.

En fin de semaine dernière, les six grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Russie, Royaume-Uni) et l’Allemagne ont tenu une réunion de deux heures à New York pour discuter de nouvelles sanctions contre Téhéran, mais sans prendre aucune décision en ce sens. La rencontre était « infructueuse », et les superpuissances se sont contentées d’envisager de nouvelles sanctions contre Téhéran, affirme Robert Cooper, directeur politique du Conseil de l’Union européenne. « Le groupe reste uni et engagé dans l’approche des deux voies (dialogue et menaces de sanctions), ce qui signifie que nous continuerons à chercher une solution négociée », a dit M. Cooper, sans citer la vraie raison de cet achoppement. En effet, la Chine, qui entretient des liens économiques étroits avec l’Iran, s’est montrée « réticente », dès la semaine dernière, à l’idée de nouvelles sanctions, les jugeant encore « prématurées » et n’avait, par suite, envoyé à la rencontre de samedi qu’un diplomate de second rang, alors que les représentants des autres pays étaient des diplomates de très haut rang. Pour Pékin, il faut poursuivre la voie du dialogue avec Téhéran, car la diplomatie a encore son mot à dire pour amener la République islamique à coopérer sur son programme nucléaire. Ne faisant aucune allusion à la division des Occidentaux sur le sujet, le numéro trois du Département d’Etat américain, William Burns, a salué les discussions les qualifiant d’« utiles et importantes ».

Excité par les tergiversations continues de ses alliés en matière de sanctions, les Etats-Unis ont décidé d’agir de façon unilatérale. Cette semaine, la chambre des représentants du Congrès américain a adopté un projet de loi sanctionnant les sociétés étrangères qui livrent des hydrocarbures en Iran. Le nouveau document américain étend l’action de la loi qui permet de sanctionner les entreprises qui entendent investir plus de 20 millions de dollars dans le secteur énergétique iranien. Le Sénat américain doit d’abord l’approuver pour que la loi soit promulguée. Ne se suffisant pas de l’arme des sanctions, les Etats-Unis ont gravement haussé le ton contre Téhéran, allant jusqu’à la menacer de frappe militaire. Selon le général américain David Petraeus, le commandant des forces américaines en Iraq et en Afghanistan, Washington a mis au point plusieurs plans militaires contre les sites nucléaires iraniens, dont des attaques à la bombe. « Les installations nucléaires iraniennes peuvent être tout à fait bombardées », a affirmé le général, sans la moindre diplomatie. Pourtant, il a affirmé qu’il « reste du temps avant qu’on n’atteigne un point critique ».

Laissant pourtant la porte entrouverte à la diplomatie, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a affirmé que l’administration Obama est disposée au dialogue avec l’Iran sur son programme nucléaire, malgré l’éventualité de nouvelles sanctions. A la Maison Blanche, le porte-parole adjoint de la présidence, Bill Burton, a fait écho à ces propos. « La porte est bien sûr toujours ouverte pour que l’Iran fasse ce qu’il faut et assume ses obligations internationales », a-t-il déclaré. « Mais nous avons également été clairs sur le fait que nous ne pouvons pas continuer à attendre et à patienter alors que les Iraniens eux-mêmes parlent d’augmenter leur production d’uranium hautement enrichi », a-t-il ajouté. Preuve de cette volonté de dialogue avec le régime iranien, les Six se sont convenus, samedi, de se réunir à nouveau avec des représentants iraniens pour débattre de la proposition de l’AIEA, prévoyant l’enrichissement à l’étranger d’une partie de l’uranium iranien.

Déclarations « irréfléchies »

Malgré toutes ces menaces, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a affirmé, samedi, que l’adoption éventuelle de nouvelles sanctions par le Conseil de sécurité de l’Onu ne ferait pas reculer l’Iran « d’un iota » sur son programme nucléaire controversé. « Ils ont émis plusieurs résolutions et ont sanctionné l’Iran. Ils pensent qu’ils vont ainsi mettre les Iraniens à genoux, mais ils se trompent », a déclaré M. Ahmadinejad. « Nous ne recherchons pas les conflits, mais vous avancez sans cesse de nouvelles exigences », a ajouté le président à l’adresse des puissances occidentales. De sa part, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, a aussitôt dénoncé les déclarations de guerre lancées par Washington, les qualifiant d’« irréfléchies ».

Soufflant le chaud et le froid comme d’habitude, Téhéran a renvoyé la balle dans le camp des Occidentaux, se disant prête à poursuivre jusqu’à fin janvier des discussions en vue d’un accord sur l’enrichissement de l’uranium. Justifiant l’offre de son pays, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, a expliqué que la date de fin janvier résultait d’un accord passé voilà un mois avec les Occidentaux. Après l’annonce, début décembre, par l’Iran qu’il produirait lui-même son uranium hautement enrichi si l’Occident n’acceptait pas ses conditions, « les autres parties ont demandé à la République islamique de leur donner deux mois pour parvenir à un accord et nous avons accepté », a dit Ramin Mehmanparast. « Un mois est écoulé et il reste donc encore un mois avant que l’Iran, si l’accord n’intervient pas, prenne la décision qui s’impose ».

Les Occidentaux ont donné jusqu’à fin décembre 2009 à l’Iran pour accepter une proposition, sous l’égide de l’AIEA, de faire enrichir et conditionner à l’étranger — en Russie puis en France — l’uranium hautement enrichi (à 20 %) dont il dit avoir besoin pour un réacteur de recherches médicales. Téhéran a rejeté cette offre et a proposé en retour des échanges simultanés et en petites quantités de son uranium contre du combustible enrichi à 20 %, ce qui a été refusé par les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l’Onu et l’Allemagne.

Téhéran, déjà visé par trois résolutions onusiennes assorties de sanctions, est menacé de nouvelles mesures pour son refus de suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium qui lui a valu une condamnation de l’AIEA en novembre.

Maha Al-Cherbini

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.