Al-Ahram Hebdo, Monde | Vers plus de sanctions ?
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 Semaine du 2 au 8 septembre 2009, numéro 782

 

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Iran . Le nouveau rapport de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique ouvre la voie à un quatrième train de sanctions internationales contre la République islamique lors de la réunion des Six ce mercred en Allemagne.

Vers plus de sanctions ?

Dans une nouvelle évolution du dossier nucléaire iranien, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) a publié cette semaine un rapport accablant pour l’Iran, soupçonné de vouloir se doter de la bombe sous couvert d’un programme nucléaire civil officiellement destiné à produire de l’électricité. Le document de six pages constitue exactement ce qu’espéraient les grandes puissances, France et Etats-Unis en tête. Même si ce rapport n’avance aucune révélation sur de nouvelles failles relevées par les inspecteurs onusiens lors de leurs visites sur les principaux sites nucléaires iraniens, il résume cependant « la frustration de l’AIEA après six ans d’investigations globalement infructueuses et du refus manifeste de coopération du régime islamique ». Selon les experts, ce rapport pourrait bien encourager les capitales occidentales à renforcer leurs sanctions contre Téhéran lors de la réunion des directeurs politiques des six puissances impliquées dans les discussions sur le programme nucléaire iranien (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne), le mercredi 2 septembre en Allemagne. Le 24 et le 25 septembre, le dossier nucléaire iranien doit revenir, une fois de plus, sur le devant de la scène internationale, à l’occasion de l’Assemblée générale de l’Onu et lors du sommet du G20 à Pittsburgh.

Depuis plusieurs semaines, Washington, Paris et les autres capitales occidentales faisaient pression sur le directeur général de l’AIEA, Mohamad Al-Baradei, pour qu’il révèle l’étendue des découvertes faites par ses inspecteurs qui seraient, selon des rumeurs persistantes, restées consignées depuis près d’un an dans les tiroirs de l’agence afin de ne pas donner à Israël le prétexte pour lancer des frappes aériennes contre la République islamique. En effet, Téhéran n’a pas daigné, depuis un an, répondre aux nombreuses questions en suspens qui lui avaient été adressées par l’agence. Aucune explication n’a été fournie depuis février 2008 sur des renseignements troublants et concordants faisant état d’expériences de « militarisation » du programme nucléaire iranien, connues sous le nom de programme 110 et 111.

Juste après la publication du rapport onusien, une vague de colère a envahi les capitales occidentales. Dimanche, la France a été la première à lancer de sérieux avertissements à l’Iran, envisageant de nouvelles représailles si l’Iran ne reprend pas les discussions sur son programme nucléaire. « La France soutiendrait des sanctions économiques sévères, à la hauteur de l’enjeu, au Conseil de sécurité de l’Onu et au Conseil européen », a insisté le président français. Et il a poursuivi : « Ce sont les mêmes dirigeants en Iran qui nous disent que le programme nucléaire est pacifique et que les élections sont honnêtes. Qui peut les croire ? », s’est interrogé M. Sarkozy, furieux de l’échec de la politique de la main tendue déployée depuis le mois de février par l’Administration Obama en direction de l’Iran. En effet, le président américain a donné jusqu’en septembre à Téhéran pour ouvrir des négociations directes sur cette question et il n’a obtenu jusqu’à présent aucune réponse concrète de la part du régime iranien. Réticence qui a poussé les pays européens à penser à infliger des sanctions européennes à Téhéran si la communauté internationale échouait à se mettre d’accord sur des sanctions à l’Onu. Dimanche, la chancelière allemande, Angela Merkel, qui fait partie des défenseurs de nouvelles sanctions plus « ciblées » visant le secteur de l’énergie, en cas d’échec des discussions sur le dossier nucléaire iranien, a déclaré : « S’il n’y a pas de progrès, il nous faudra réagir avec de nouvelles sanctions », déclare-t-elle.

Quant aux Etats-Unis, ils ont sévèrement reproché cette semaine à l’Iran de ne pas coopérer complètement avec l’AIEA. « Sur la base de ce que nous avons vu, il paraît clair que l’Iran continue à ne pas coopérer pleinement et poursuit ses activités d’enrichissement », a déclaré le porte-parole du département d’Etat, Ian Kelly.

Les puissances occidentales ont complètement ignoré cette semaine les deux points positifs figurant dans le rapport onusien. Le premier étant la réduction du programme nucléaire iranien dans la centrale de Natanz, depuis le début de mai après trois années consécutives d’augmentation. Selon le rapport, l’Iran a utilisé ces derniers mois environ 400 centrifugeuses de moins que les quelque 5 000 en service recensées par l’AIEA dans son dernier rapport. N’y voyant aucun point positif, l’Occident a jugé que cette diminution pourrait être causée par un « problème technique et non par une volonté politique iranienne de résoudre la crise ». Le deuxième point positif figurant dans le rapport est la permission que Téhéran a accordée ce mois-ci aux inspecteurs onusiens de visiter le réacteur nucléaire à eau lourde d’Arak, dont l’accès leur était interdit depuis un an. Minimisant la valeur de cette permission, le porte-parole du département d’Etat a estimé que l’ouverture aux inspecteurs de l’agence onusienne du réacteur de recherche d’Arak n’était pas significative. « Je ne pense pas qu’il faille y accorder trop d’importance. A ma connaissance, il ne s’agit que d’une installation » a-t-il indiqué. « Ce n’est pas le large accès que l’AIEA recherche. Nous sommes très préoccupés par le fait qu’ils ne répondent pas aux inquiétudes de la communauté internationale », a ajouté M. Kelly.

Politique « futile »

Alors que la perspective de nouvelles sanctions se rapproche, l’Iran, le sang toujours froid, a opté cette semaine pour sa politique préférée : souffler le chaud et le froid. Ne voyant que les deux points positifs figurant dans le rapport, l’Iran a estimé que ce document est très « positif ». « Heureusement, l’actuel rapport de l’AIEA a été plus positif que les précédents en raison de la nouvelle approche de la République islamique », a déclaré le chef de l’Organisation Iranienne de l’Energie Atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi, tout en mettant l’accent sur le caractère pacifique du programme nucléaire iranien.

Inébranlable toujours, Téhéran a réitéré cette semaine son intention de poursuivre son programme controversé d’enrichissement d’uranium contre vents et marées. « Téhéran n’acceptera pas de pressions politiques visant à lui faire adopter des mesures dépassant ses engagements légaux », a affirmé de sa part l’émissaire iranien auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, soulignant que son pays a déjà fait plusieurs gestes d’ouverture.

Soufflant le chaud et le froid comme d’habitude, Téhéran a tendu cette semaine la main à la communauté internationale, appelant les diplomaties occidentales au « dialogue » sur le dossier nucléaire. « Il est temps pour d’autres parties de reconsidérer leur politique de confrontation envers l’Iran et d’adopter une politique d’interaction avec le pays », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hassan Qashqavi, rajoutant que la politique d’adoption de sanctions contre l’Iran est « futile » et rien ne peut empêcher l’Iran de faire valoir ses droits légitimes. Selon les politologues, cette main tendue par Téhéran ne signifie pourtant pas une inflexion iranienne, mais c’est plutôt une sorte de manœuvre. « Les Iraniens veulent garder toutes les portes ouvertes pour ne rien perdre. Pour le moment, ils multiplient les gestes d’ouverture pour éviter de nouvelles sanctions. Ils veulent gagner du temps pour achever à bien leur programme nucléaire et ensuite dialoguer en position de force », analyse l’expert Mohamad Abbas.

Face à cet « ennemi incassable », les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne espèrent, mercredi, convaincre la Russie et la Chine de renforcer les sanctions contre l’Iran, voire d’adopter au Conseil de sécurité de l’Onu un quatrième train de mesures coercitives. Pourtant, leur tâche sera ardue et leurs efforts pourraient bien être minés par le rapport mitigé de l’AIEA, car Pékin et Moscou pourraient prendre comme prétexte les deux conclusions positives figurant dans le rapport pour rejeter toute nouvelle sanction contre Téhéran.

Maha Al-Cherbini

 




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