Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Menace extrémiste à Gaza
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 Semaine du 19 au 25 août 2009, numéro 780

 

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Palestine. Le Mouvement de la résistance islamique Hamas a écrasé un groupe salafiste radical qui défiait son autorité dans la bande de Gaza.

Menace extrémiste à Gaza

Les miliciens du Hamas se sont déployés en force dimanche dans la bande de Gaza pour réaffirmer leur autorité sur l’enclave après des combats sanglants avec un groupe islamiste rival affilié à Al-Qaëda, Jund Ansar Allah (les soldats des partisans de Dieu). Le mouvement islamiste palestinien avait écrasé, samedi à Rafah, le groupuscule radical islamiste qui défiait son autorité dans la bande de Gaza lors d’une opération sanglante. Parmi les morts figurent le chef de ce groupe salafiste, Abdelatif Moussa, et son adjoint. Cinq policiers du Hamas, ainsi que Mohamad Al-Chamali, un chef local des Brigades Al-Qassam, la branche armée du Hamas, figurent parmi les décédés. La police du Hamas a par ailleurs fait état de l’arrestation de « 80 hors-la-loi », en référence aux salafistes. L’assaut a été donné par le Hamas après que le chef du Jund Ansar Allah, entouré de combattants armés, eut proclamé vendredi son allégeance à un « Emirat islamique », qui devait commencer à être implanté dans le secteur de Rafah. La police du Hamas avait donné l’assaut à l’arme lourde contre la mosquée de Rafah, où s’étaient retranchés des membres du groupuscule et a fait explosé la maison de son chef, le tuant avec son adjoint syrien du nom de Khaled Banat.

Après le retour au calme dimanche à Rafah, ville du sud proche de la frontière égyptienne, des habitants fouillaient dans les décombres d’immeubles de logements détruits au cours des accrochages de vendredi et samedi, qui ont fait 28 morts et dévasté une mosquée. Beaucoup déploraient les violences les plus meurtrières entre Palestiniens depuis 2007, année où le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza en chassant le Fatah du président Mahmoud Abbass. Certains prédisaient des actes de représailles de la part de jeunes activistes déçus par les tentatives actuelles du Hamas pour dialoguer avec l’Occident et sortir Gaza de son isolement.

Dans un communiqué diffusé sur un site Internet qu’utilisent des groupes de Gaza alliés à Al-Qaëda, un inconnu dissimulé sous le pseudonyme d’Abou-Mohamed Al-Makdessi exprime un mouvement de colère contre les maîtres de Gaza : « Le massacreur, c’est le Hamas. C’est lui qui tient le couteau ».

Mais le Hamas a fait comprendre qu’à ses yeux, l’affaire était close depuis la mort du médecin-prédicateur qui dirigeait le groupe djihadiste. « La situation est entièrement maîtrisée dans la bande de Gaza », a déclaré Ehab Al-Ghsain, porte-parole du ministère de l’Intérieur administré par le Hamas. Sur les routes, des policiers en uniforme bleu tenaient des barrages routiers et contrôlaient les voitures.

Des combattants de l’aile militaire du Hamas, portant masques et bandeaux sur le front, surveillaient discrètement d’autres Palestiniens tandis que des habitants déblayaient les abords de la mosquée de Rafah. Ghsain a rejeté des rumeurs diffusées sur Internet et selon lesquelles les Palestiniens de Gaza auraient reçu pour instruction de rester à l’écart des postes de police du Hamas, de crainte d’attentats suicide de la part de fidèles du groupe Jund Ansar Allah.

Les événements sanglants entre le Hamas et le groupe de Jund Ansar Allah ont immédiatement déclenché une polémique entre le Hamas et l’Autorité palestinienne. Un porte-parole du Hamas, Taher Al-Nounou a accusé les services de sécurité de l’Autorité palestinienne de collusion avec le groupe Jund Ansar Allah « afin de répandre l’instabilité et l’insécurité dans la bande de Gaza ». L’Autorité palestinienne, que dirige le président Mahmoud Abbass, a rejeté la responsabilité des violences sur le Hamas, estimant dans un communiqué qu’elles étaient la « conséquence naturelle du putsch qui a divisé la patrie et l’absence d’un Etat de droit » à Gaza.

Groupe proche d’Al-Qaëda

Ecrasée par la police du Hamas, l’organisation salafiste Jund Ansar Allah est un groupuscule idéologiquement proche d’Al-Qaëda. Il s’est posé en rival extrémiste du Hamas et a déclaré une guerre religieuse dans la bande de Gaza afin d’imposer la charia, la loi islamique.

Son leader spirituel, Abdelatif Moussa était un pédiatre âgé de 47 ans. Il était une personnalité connue surtout pour les fiévreux sermons qu’il prononçait régulièrement le vendredi dans une mosquée du quartier dit du « Brésil » à Rafah pour appeler au respect de la charia (la loi islamique). Vendredi dernier, il n’avait pas hésité à proclamer son allégeance à un « Emirat islamique au cœur de Jérusalem », dans un communiqué publié sur son site internet et sur des forums islamistes.

Le Jund Ansar Allah compterait quelques dizaines d’activistes et plusieurs centaines de sympathisants, selon des experts palestiniens. Il opère essentiellement dans le sud du territoire de Gaza, notamment à Khan Younès et à Rafah, bastions locaux de la mouvance salafiste. Jund Ansar Allah a littéralement déclaré la guerre aux tendances laïques pour faire appliquer strictement la charia et reproche au Hamas d’être « trop libéral » en termes de mœurs.

Selon des témoignages à Gaza, les membres du groupuscule ont ainsi menacé les propriétaires de cafés Internet d’incendier leurs établissements, et veulent imposer davantage de pudeur et de rigueur vestimentaire dans les rues et sur les plages du petit territoire. Jund Ansar Allah accuse régulièrement le Hamas de ne pas appliquer la charia, ce dernier rétorquant avoir pour priorité la lutte contre Israël. En juillet, le groupe avait annoncé l’arrestation de 3 de ses membres par le Hamas après une explosion ayant fait 52 blessés à Khan Younès.

Hicham Mourad

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