Al-Ahram Hebdo,Invité | Assem Ragab, « Il y a une hausse de la demande au niveau du marché local »
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 19 au 25 août 2009, numéro 780

 

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Invité

Le président de l’Organisme général de l’investissement et des zones franches, Assem Ragab, explique les retombées de la crise économique et financière mondiale sur l’investissement en Egypte ainsi que les mesures prises par l’Etat pour y faire face.

« Il y a une hausse de la demande
au niveau du marché local »

Al-ahram hebdo : Comment l’Egypte a-t-elle été affectée par la crise mondiale au niveau des investissements étrangers ?

Assem Ragab : Il faut premièrement reconnaître que nous ne sommes isolés ni de la situation mondiale, ni de la crise que connaît actuellement l’économie mondiale. Les ressources de l’Etat ont été influencées, y compris les investissements étrangers directs et l’investissement local. Il est donc évident qu’un rétrécissement relatif se soit produit au niveau du marché et de la demande, causant un recul au niveau de l’investissement direct. En étudiant la situation au cours des mois passés, nous remarquons que des investissements ont été interrompus, alors que les investisseurs attendent de voir comment sera la situation après la crise, comment le marché va bouger et quelles seront les tendances de l’investissement, etc. De façon générale, il y a des investissements, mais ils ont relativement baissé.

– Quels sont les investissements étrangers qui ont été les plus affectés ?

– C’est variable, mais les investissements continuent de venir de par le monde. Il faut signaler que le marché égyptien est encore en état de croissance. Malgré une baisse de la croissance de 7 à 4 ou 4,5 %, le marché connaît tout de même une croissance et les entreprises réalisent des marges de bénéfices convenables. En même temps, il y a des chances de croissance du grand marché de consommation dont jouit l’Egypte.

La crise a atteint son apogée au dernier trimestre de 2008 et les deux premiers mois de 2009, où les investissements étrangers se sont réduits. Mais nous avons remarqué récemment un regain d’intérêts des sociétés des pays du Golfe et de l’Asie ainsi que de certaines entreprises européennes, qui ne veulent pas voir réduire leur emprise sur les marchés mondiaux.

– Quels sont les secteurs qui ont le plus réussi à attirer ces investissements ?

– Un intérêt particulier est accordé aux activités industrielles et logistiques ainsi qu’à la vente au détail et les soins médicaux. Ce domaine en particulier possède des facteurs et des expériences encourageants.

– Quels sont les avantages offerts par l’Etat et l’Organisme général de l’investissement aux investisseurs arabes, étrangers et égyptiens pour faire face à la crise ?

– Du point de vue économique général, il y a une croissance du marché et une hausse de la demande au niveau du marché local qui représente le tiers de celui du monde arabe. Ce sont des avantages évidents. De plus, le secteur des services a connu un développement important. L’Egypte produit aussi de nombreux entrants pour plusieurs industries. Enfin, l’Egypte possède un élément important qui est la main-d’œuvre, colonne vertébrale du secteur tertiaire sur lequel nous parions énormément dans la période à venir.

– Mais plusieurs entreprises étrangères se plaignent du manque de main-d’œuvre qualifiée. Que faites-vous pour pallier à ce déficit ?

– Il est certain qu’il y a une main-d’œuvre en Egypte qui a besoin de plus de formation et de perfectionnement. Mais ceci n’empêche pas que nous possédons de nombreux talents dans les différents secteurs industriels. C’est pour cela que nous encourageons les investisseurs à contribuer à la formation de la main-d’œuvre.

– L’un des obstacles aux investissements est la faiblesse des infrastructures, comme les routes en Haute-Egypte. Que fait l’Etat pour remédier à cette situation ?

– Il faut qu’il y ait une certaine égalité et un équilibre dans la distribution des investissements et aussi dans le développement entre les différentes régions du pays. Il est donc question de réaliser un équilibre entre les besoins de l’investisseur dans le processus de développement, c’est-à-dire entre les frais d’un côté et la rapidité de la production de l’autre. Par exemple, s’il y a un investisseur capable d’assumer des frais énormes et qui désire réaliser une production rapide, il se dirigera vers des régions déjà bien équipées, comme Le Caire, Alexandrie et leurs banlieues. Mais en même temps, il devra assumer des charges plus lourdes en ce qui concerne la main-d’œuvre, le prix des terres ..., etc. Mais d’un autre côté, un investisseur peut patienter en assumant lui-même la responsabilité de la formation de la main-d’œuvre. Cet investisseur peut, en contrepartie, obtenir la terre gratuitement en plus d’une subvention de la part du gouvernement pour le financement des investissements et une subvention supplémentaire pour les exportations. C’est ce genre d’avantages qui peut attirer les investisseurs vers des régions moins équipées et moins prêtes pour attirer des investissements. Notre rôle est donc de montrer les avantages et les inconvénients de chaque région et chaque investisseur devra choisir ce qui lui convient le mieux.

– La nature des investisseurs en Egypte a-t-elle changé après la crise mondiale ? Sont-ils attirés par les mêmes secteurs qu’auparavant ?

– Les investisseurs sont devenus plus prudents et la liquidité monétaire est moins disponible. Ils veulent assumer moins de frais tout en étant sûr qu’il y aura des bénéfices. De plus, les investisseurs s’intéressent aux chances de réexportation et à réaliser un équilibre entre le marché local et les marchés d’exportation

– Est-ce que ceci s’applique à l’investisseur égyptien qui exporte sa production ? Est-ce que l’exportateur réclame une hausse de la part de la production exportée ou bien une hausse du taux consacré au marché local ?

– Certaines entreprises fonctionnant dans les zones franches ont réclamé d’augmenter le taux de ventes consacrées au marché local, surtout dans les domaines du prêt-à-porter et des industries alimentaires. C’est une solution efficace face au rétrécissement du marché mondial. Nous les avons alors aidées en diminuant les taxes ainsi que certaines autres charges financières pour les aider à surmonter la crise.

– Mais comment attirer davantage d’investisseurs en Egypte malgré la crise ?

– Ce qui importe le plus pour l’investisseur c’est le coût de l’exercice de l’activité. Le coût du lancement même de l’activité est très important chez n’importe quel investisseur. Récemment, certaines initiatives gouvernementales ont été prises en vue de réduire les charges du lancement de l’activité à travers une panoplie de mesures, dont des avantages financiers, comme certaines exonérations douanières et certaines réductions dans le chiffre minimal du capital des compagnies à responsabilité limitée. Nous avons par exemple dispensé les compagnies à responsabilité limitée des capitaux. Il y a des frais à verser au moment de l’obtention de la licence de l’activité mais il n’y a pas de somme minimale pour le capital des compagnies à responsabilité limitée. Dans les zones franches, nous avons également réduit les frais, comme ceux relatifs à la possession de la terre, la location ou bien le droit d’exploitation des terres. Afin d’améliorer la situation des investisseurs qui sont déjà en activité, nous avons mis à leur disposition les services dont ils ont besoin près de leurs lieux de travail. Nous avons alors vu nécessaire d’élargir les bureaux de représentation de l’Organisme de l’investissement, ainsi que les services qu’il offre dans les différentes régions du pays. Nous avons quatre bureaux dans quatre régions. Notre objectif au cours des années à venir est d’avoir des représentations dans tous les gouvernorats d’Egypte. Le rôle essentiel de chacun de nos bureaux n’est pas seulement d’aider à la fondation des compagnies, mais de délivrer les licences et procurer les services de l’après-fondation. Il leur incombe également de participer à la promotion de l’investissement.

– Obtenir les terrains à bas prix est l’un des plus grands soucis des investisseurs, en plus des problèmes relatifs au financement. Comment faites-vous face à ces problèmes ?

– Les problèmes les plus importants apparaissent dans la phase de l’après-fondation des sociétés. Nous nous concentrons surtout sur deux points. Premièrement, les licences et les services de l’après-fondation et, deuxièmement, les terres que nous nous efforçons de rendre le moins cher possible. Revenons ici à la question de l’équilibre dont nous avons précédemment parlé. Cette question est très importante en ce qui concerne les terres que nous proposons aux investisseurs dans des régions que nous voulons développer. Ces terres-là sont octroyées gratuitement aux compagnies industrielles. Dans d’autres régions mieux équipées, où les demandes sont élevées, les terres disponibles ne sont pas nombreuses et sont chères. D’autre part, nous cherchons à créer des industries complémentaires dans les régions que nous voulons développer. C’est-à-dire que nous préférons développer des industries alimentaires qui s’appuient sur les cultures développées dans les régions agricoles. Nous créerons ainsi des sociétés agro-industrielles complémentaires et réaliserons un vrai développement des régions. Nous éviterons de même des frais inutiles de transport. Car des industries agro-alimentaires seraient ainsi créées dans les mêmes endroits de la production alimentaire. L’objectif est donc de réaliser un développement complémentaire dans chaque région selon les ressources qu’elle possède.

– Les investisseurs ont-ils aujourd’hui un problème de liquidité ?

– Non, il n’y a pas de problème réel de liquidité, mais ce qui fait bouger les fonds ce sont l’intérêt et les bénéfices.

Propos recueillis par Magda Barsoum

 




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