Al-Ahram Hebdo, Economie | Le succès limité de la 3G
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 19 au 25 août 2009, numéro 780

 

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Economie

Télécoms. Deux ans après leur lancement, les services de la troisième génération (3G) n’attirent que très peu d’abonnés. En raison de leurs coûts, mais aussi parce que leur utilité est mal comprise.

Le succès limité de la 3G

Les 322 000 utilisateurs des services 3G représentent 0,7 % des abonnés aux services du portable au premier trimestre 2009, selon les chiffres de l’Organisme régulateur des télécommunications (NTRA). Un chiffre faible, mais qui devrait s’élever légèrement à 1,3 % au second trimestre, alors que le nombre total d’utilisateurs de portables est de 40 millions en Egypte.

Mobinil, le plus grand opérateur de téléphonie portable du pays, s’empare à lui seul de 200 000 abonnés 3G. Comme les deux autres opérateurs, il refuse de dévoiler des détails sur le chiffre d’affaires mensuel par utilisateur (ARPU), considéré comme étant un indicateur de rentabilité de ces services. « Le groupe est au début de son investissement dans les services 3G. Nous voyons actuellement comment ces services se traduisent en profits », justifie Hassan Kebbani, directeur général de Mobinil.

Cette dernière a été la seule société à révéler le total de ses abonnés à la 3G alors que ses concurrents (Vodafone et Etisalat) se sont abstenus de dévoiler leurs chiffres. « J’ai envoyé vos questions au responsable concerné de la société mais il ne m’a pas répondu » a affirmé à l’Hebdo Ahmad Abdel-Samie, directeur des relations publiques chez Etisalat Egypt. Ce qui marque une certaine gêne de la part des deux entités qui étaient pourtant les premières à intégrer les services 3G dans le pays.

Arrivé sur le marché égyptien en mai 2007, Etisalat a été le premier opérateur des services 3G. Pour obtenir sa licence, la société a déboursé 17,5 milliards de L.E., ainsi que 3 milliards de L.E. pour la modernisation des infrastructures. Un mois après, Vodafone l’a rejoint pour s’emparer d’une part du marché. Quant à Mobinil, elle s’est d’abord opposée à proposer la 3G, car elle estimait que la rentabilité économique était nulle. Mais elle a fini par céder en payant la coquette somme de 3,4 milliards de L.E., ce qui lui a permis de mieux faire face à ses concurrents. « Nous étions en retard dans le lancement de ces services en raison du manque d’infrastructures. Aujourd’hui, notre objectif est de transformer notre réseau de services vocaux en un autre offrant des applications 3G plus modernes. C’est pourquoi nous avons choisi la société Cisco pour mettre en place le projet d’unification des réseaux et améliorer la qualité des services offerts tels que la télévision portable et la réduction des prix proposés au public », explique Kebbani lors d’une conférence de presse tenue le mois dernier à l’occasion du lancement de ce projet de modernisation, dont le coût est de plus de 250 millions de L.E.

Campagnes d’explication

Mais le manque d’informations sur le nombre exact d’abonnés à la 3G dans le pays reste un problème qui entrave l’évaluation du degré de réussite de ces services. « Les sociétés de portables ne nous donnent pas d’informations détaillées sur la classification de leurs abonnés. Ils nous donnent seulement leur nombre total de clients sans préciser les abonnés à la 2G ou la 3G. Ce qui nous empêche de connaître le taux de pénétration de cette technologie en Egypte », souligne Amr Al-Alfi, directeur du département des recherches auprès de la maison de courtage CI Capital. Opinion partagée par Moustapha Al-Gabali, expert en télécommunications. Pour lui, ni le nombre d’abonnés, ni le taux de pénétration sont des preuves du degré de réussite de ces services. « Le lancement de ces services n’a pas connu un grand succès. La meilleure preuve de cela est le fait que les opérateurs ne dévoilent pas les chiffres. Pour une évaluation pertinente, chacune de ces trois sociétés devrait annoncer le taux de l’utilisation des services 3G par heure et sa répartition socio-économique », souligne-t-il en assurant que ces informations devraient être annoncées aussi par l’Organisme régulateur des télécommunications (NTRA). Mais ce dernier refuse également de dévoiler ce type d’information et lance la balle dans le camp des opérateurs. « Nous n’avons pas les informations détenues par les trois sociétés de portables et ce sont elles qui devraient nous les annoncer », avoue le président de l’organisme, Amr Badawi, en ajoutant qu’il ne possède qu’un chiffre, celui du nombre d’utilisateurs de portables, qui s’élevait 41,26 millions à la fin de l’année dernière. Avec la répartition suivante chez les 3 opérateurs : 3,56 millions pour Etisalat, 17,6 millions chez Vodafone et finalement Mobinil qui détient la part du lion avec 20,1 millions d’utilisateurs, pour un taux général de pénétration de 55,3 %.

L’absence de chiffres et statistiques n’est pas le seul obstacle à l’expansion des services 3G en Egypte : les prix élevés de ce service restent aussi une entrave majeure. Avec une facture mensuelle qui peut aller jusqu’à 5 000 L.E., l’on réfléchit deux fois avant d’avoir recours à cette technologie. D’un autre côté, le manque de connaissance sur cette technologie empêche le développement de ce service en Egypte. Car la majorité des détenteurs de portables ne savent pas à quoi sert la 3G. « Les opérateurs ne procèdent pas à l’organisation de campagnes d’explication sur les différentes applications de la technologie 3G. A ce jour, seuls les hommes d’affaires et les institutions financières utilisent ce service. Il faut que la population connaisse mieux l’existence de ces services », explique Moustapha Al-Gabali.

D’après un rapport publié en mars 2009 par le groupe Arab Advisors, lié à la Banque jordanienne d’investissement dans le secteur des télécommunications dans la région de MENA, le taux de conscience des services 3G (le pourcentage des clients connaissant les services 3G) est de 57 % en Egypte, contre 70,7 % en Tunisie et 80,36 % au Qatar. Par ailleurs, le rapport note que 17,4 % des abonnés à la 3G utilisent cette technologie pour les services Internet, contre 85,6 % en Arabie saoudite et 20,9 % au Qatar.

Gilane Magdi

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