Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | L’Etat palestinien, une chimère ?
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 6 au 12 mai 2009, numéro 765

 

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Palestine. A une dizaine de jours de la visite de Netanyahu à Washington, les dirigeants israéliens donnent le ton en excluant une solution durable qui inclut la création d’un Etat palestinien.

L’Etat palestinien, une chimère ?

Les perspectives de création d’un Etat palestinien s’éloignent de plus en plus au vu des dernières déclarations des responsables israéliens. Ni le premier ministre de droite, Benyamin Netanyahu, ni son chef de la diplomatie, leader du parti d’extrême droite Israël Beitenu, ni même le président Shimon Pérès, qui a été l’artisan des accords d’Oslo et qui a longtemps soutenu l’idée d’une solution de paix prévoyant un Etat palestinien indépendant coexistant en paix avec Israël, n’ont dit un mot sur l’hypothétique Etat palestinien.

Presque simultanément, les 3 responsables, Pérès à Washington, Lieberman à Rome et Netanyahu à Tel-Aviv, ont évoqué à leur manière le « processus de paix », sauf que la paix y est, semble-t-il, absente ...

Pour le premier ministre Netanyahu, qui s’est dit prêt, lundi, à ouvrir immédiatement des négociations de paix avec les Palestiniens, il s’agit d’une approche « en trois volets » — questions politiques, développement de l’économie palestinienne et renforcement des forces de sécurité palestiniennes, soit des négociations à son goût, qui excluent totalement l’idée d’un Etat indépendant, pourtant considérée comme la solution à terme dès le lancement du processus de paix.

Pour faire preuve de bonne volonté, ou plutôt pour masquer sa mauvaise foi, Benyamin Netanyahu s’est disposé à reprendre les négociations de paix « sans délai et sans conditions préalables ». Et d’ajouter, et ce par téléphone satellitaire dans le cadre de la conférence organisée par le Comité des affaires publiques américano-israéliennes : « Le plus tôt sera le mieux ». Sans conditions ? Cela semble chimérique puisque dans le même discours, Netanyahu a dit attendre des Palestiniens qu’ils reconnaissent Israël en tant qu’Etat juif. Or, les Palestiniens reconnaissent Israël depuis la signature des accords d’Oslo en septembre 1993. Et cet accord, qui avait lancé le processus de paix, prévoyait des négociations par étapes, la dernière incluant les questions les plus délicates, dont les frontières, Jérusalem et les réfugiés. Et en insistant sur la reconnaissance d’Israël en tant qu’« Etat juif », Netanyahu veut se débarrasser une fois pour toutes de la question hautement délicate des réfugiés palestiniens qui ont fui en 1948. Une telle reconnaissance permettrait aux Israéliens d’empêcher leur retour, ce que redoutent les Palestiniens.

Dans le même temps, le nouveau chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, a préféré mettre l’accent sur ce qu’il considère le « danger iranien » plutôt que sur les perspectives d’un Etat palestinien lundi à Rome, première étape d’une tournée européenne qui inclut Paris, Prague et Berlin. Rien de nouveau dans la position de Lieberman. Dès sa prise de fonctions le 1er avril dernier, il a renié la promesse faite en ce sens par l’ancien premier ministre Ehud Olmert en novembre 2007 à la conférence d’Annapolis. A Rome, interrogé sur ce point, Lieberman a argué qu’il était trop tôt pour un gouvernement âgé de seulement cinq semaines pour « avoir tous ses projets diplomatiques prêts (...). Nous avons l’intention de prendre l’initiative et de ne pas perdre notre temps à des déclarations et des slogans », réaffirmant toutefois que depuis les accords d’Oslo, les rencontres et propositions de paix n’avaient abouti à aucun résultat concret.

Même le président israélien Shimon Pérès, qui a pourtant été l’un des artisans d’Oslo, a omis, lors d’une visite à Washington, de parler d’Etat palestinien, se prononçant vaguement pour la paix entre Israël et tous les Arabes. Même s’il n’a qu’un rôle protocolaire, le président israélien se rallie ainsi à la position du nouveau gouvernement.

« Wait and see »

Donc, rien de prometteur dans tout cela. Les Palestiniens le savent, les membres de la communauté internationale aussi. Les premiers, impuissants, reprochent à Israël de ne pas s’engager à négocier sur les questions primordiales que sont le statut de Jérusalem et les réfugiés palestiniens, ni à rechercher une solution à deux Etats, selon une déclaration du négociateur en chef, Saëb Eraqat. Le président palestinien Mahmoud Abbass, lui, s’en remet à Washington. Il a affirmé dimanche qu’il rappellerait à Barack Obama que les conditions pour une reprise des négociations de paix avec Israël sont l’approbation par l’Etat hébreu d’une solution à deux Etats et l’arrêt de la colonisation. Mais avant lui, c’est Netanyahu qui sera à Washington le 18 mai prochain.

En attendant, la communauté internationale reste évasive. Si l’Union Européenne (UE) a pris l’initiative de geler le renforcement des relations avec Israël, en attendant que le nouveau gouvernement s’engage à œuvrer à la création d’un Etat palestinien, elle attend toutefois la première rencontre entre Netanyahu et le président Barack Obama pour savoir sur quel pied danser avec le gouvernement conduit par le chef du Likoud. Certes, le président américain s’est lui aussi engagé à œuvrer pour une solution dans ce sens, mais depuis son arrivée au pouvoir début 2009, rien de concret n’a été fait, bien qu’Obama ait fait de la résolution du problème israélo-palestinien l’une de ses hautes priorités en matière de politique étrangère. Et les pressions américaines sur Tel-Aviv, que les Palestiniens espéraient de la part de la nouvelle Administration américaine, se font attendre.

Les Palestiniens devraient-ils alors se tourner vers la Russie ? Moscou souhaite donner par l’intermédiaire de l’Onu un nouvel élan au processus de paix à l’occasion d’une réunion ministérielle du Conseil de sécurité sur ce sujet le 11 mai, a affirmé lundi l’ambassadeur de Russie, Vitaly Tchourkine. Là aussi, les espoirs sont minces. L’Histoire nous a déjà montré que la Russie, même depuis l’époque de l’URSS, n’a jamais rien fait de concret pour les Palestiniens, sinon leur donner un soutien sans lendemain.

Abir Taleb

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