Al-Ahram Hebdo, Afrique | Une décennie de chaos
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
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 Semaine du 30 décembre 2009 au 5 janvier 2010 2009, numéro 799

 

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Afrique

Côte d’Ivoire. Les problèmes techniques d’enregistrement des électeurs ralentissent le processus et menacent la tenue de l’élection présidentielle en mars 2010.

Une décennie de chaos

Le coup d’Etat du 24 décembre 1999 a ouvert la plus grave crise politico-militaire depuis l’indépendance du pays, une crise aux conséquences économiques et sociales incalculables. Coup d’Etat militaire du général Robert Gueï le 24 décembre 1999, rébellion armée dirigée par Guillaume Soro, lancée le 19 septembre 2002 et qui a conduit à une guerre civile jusqu’en 2003, fin du mandat constitutionnel du président Laurent Gbagbo en octobre 2005. Et depuis, après 6 reports, les Ivoiriens sont toujours dans l’attente d’élections présidentielle, législatives et municipales censées ramener la paix. Une longue attente qui risque de se prolonger encore. Il semble en effet que le scrutin soit menacé d’un nouveau report. Des grèves du personnel judiciaire ivoirien, des problèmes techniques concernant les listes électorales et les fêtes de fin d’année risquent de compromettre le respect de la nouvelle échéance, à soir début mars. Or, ce scrutin est crucial pour tourner la page de la guerre civile de 2002-2003, à l’issue de laquelle la moitié du pays est resté aux mains d’insurgés cherchant à renverser le président Laurent Gbagbo. Une grève de deux semaines du personnel judiciaire a entraîné des retards dans les tribunaux qui devaient se prononcer avant le 26 décembre sur les contestations des listes électorales. Jusqu’à présent, six millions d’électeurs ont été enregistrés, mais un million d’inscriptions font l’objet de contestations. L’Onu a indiqué cette semaine qu’un tiers des cas contestés avaient été traités. Les contestations portent sur la nationalité, une question très controversée qui a contribué à alimenter le différend au centre de la guerre civile.

A cela s’ajoutent des problèmes financiers. Des responsables chargés de dresser les listes électorales se sont plaints de ne pas avoir reçu les fonds nécessaires pour mener leur tâche dans les temps. Certains accusent le président Laurent Gbagbo de faire traîner les choses pour prolonger son mandat, ce dont il se défend, affirmant que les retards sont techniques et que l’on est maintenant dans les temps.

Depuis 2005, les Ivoiriens ne cessent d’attendre ce rendez-vous historique, mettant tous les espoirs sur cette élection censée mettre fin au chaos. Il reste donc à savoir si le scrutin aura lieu et si, le cas échéant, la Côte d’Ivoire retrouvera la paix. , les doutes sont grands. Le 24 décembre 1999, lorsque le général à la retraite, Robert Gueï, faisait son pronunciamiento sur les ondes d’une radio privée d’Abidjan, toute la Côte d’Ivoire saluait « le coup d’Etat du père Noël ». Pour l’opposant historique de l’époque, Laurent Gbagbo, ce putsch consacrait l’échec des héritiers de l’ancien dirigeant Houphouët-Boigny que sont Henri Konan Bédié et l’ancien premier ministre Alassane Ouattara. Mais très vite, des convulsions politiques se font jour. Le général Gueï change de cap, renonce à son engagement de balayer la maison et de remettre la clef du pouvoir, comme il l’avait promis. Il affiche ouvertement son ambition de confisquer le fauteuil présidentiel. La suite relève d’un feuilleton à rebondissements. La junte, appuyée par son nouvel allié, Laurent Gbagbo, organise au forceps un référendum, le 23 juillet 2000, pour valider la Constitution de la 2e République. Celle-ci reprend à son compte et durcit la thèse politique de l’ivoirité en stipulant que « tout candidat à l’élection présidentielle doit être de père et de mère eux-mêmes ivoiriens et qu’il ne doit pas s’être prévalu d’une autre nationalité ». L’élection présidentielle se déroulera sans deux des trois poids lourds de la politique ivoirienne, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié.

Elle se termine dans le sang, avec la proclamation de la victoire de Laurent Gbagbo et la fuite du général Gueï. Le nouveau président avouera plus tard en décembre 2001, lors d’un forum sur la réconciliation nationale, que son élection s’était déroulée dans des « conditions calamiteuses » et que l’article 35 de la Constitution sur l’éligibilité à la présidentielle avait été introduit pour éliminer Alassane Ouattara. Ainsi donc, malgré le forum de réconciliation et l’ouverture du gouvernement à l’opposition le 5 août 2002, le pays continue de s’enfoncer dans la crise. Le 19 septembre 2002, sous la houlette de Guillaume Soro, des insurgés tentent de prendre le pouvoir. Après leur échec, ils occupent le nord du pays, soit près de 60 % du territoire.

Aujourd’hui premier ministre, après la signature, le 4 mars 2007, de l’accord politique d’Ouagadougou, sous la médiation du président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, Soro peine à organiser une élection présidentielle attendue par tous comme le sésame qui mettra fin à une décennie de chocs et de chaos en Côte d’Ivoire.

Abir Taleb

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