Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Pas de répit sur les colonies
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 Semaine du 25 novembre au 1er décembre 2009, numéro 794

 

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Palestine. La visite du président israélien Shimon Pérès, dimanche dernier au Caire, a mis en avant la colonisation à Jérusalem comme principal point de discorde entre Arabes et Israéliens. Une colonisation qu’Israël a décidé d’intensifier en toute impunité.

Pas de répit sur les colonies

C’est à coup de pelleteuses et de bulldozers qu’Israël compte poursuivre sa politique de judaïsation de Jérusalem. La semaine dernière, deux maisons palestiniennes à Silwan, village palestinien à Jérusalem-Est, ont été détruites par les forces israéliennes, sous prétexte que les maisons en question n’ont pas de permis de construire. Plus encore, le gouvernement de Benjamin Netanyahu a donné son autorisation pour construire 900 nouveaux logements à Gilo, colonie Israélienne également située dans la partie orientale de la Ville sainte.

Des mesures qui ont provoqué une vague de protestations au sein de la communauté internationale entre indignation dans le monde arabe et consternation européenne. Quant au président américain, Barack Obama, il a qualifié ces nouvelles mesures de « dangereuses ». Des réactions auxquelles Israël, au bout de plus de trente ans de politique de colonisation dans les territoires occupés, a fini par s’y habituer et, tant qu’il n’y a aucune mesure concrète prise à son encontre par la communauté internationale, ces condamnations n’ont pas eu et ne risquent pas d’avoir une influence quelconque sur sa politique.

D’ailleurs, Israël semble avoir perçu le revirement de la position américaine comme un feu vert à sa politique de fait accompli. Au début de ce mois, les Etats-Unis, qui au départ avaient demandé l’arrêt total de la colonisation comme condition préalable à la reprise des pourparlers, ont surpris le côté arabe en demandant aux Palestiniens de renoncer à cette revendication et de reprendre les négociations sans condition.

Rien de nouveau

En parallèle à cette politique de fait accompli, le président israélien Shimon Pérès aurait présenté, selon la presse israélienne, et ce non officiellement, une nouvelle proposition pour relancer le processus de paix : la création d’un Etat palestinien avec des frontières provisoires en attendant un accord final.

Or, cette proposition israélienne n’a rien de nouveau. Elle a été auparavant présentée aux Palestiniens et refusé par ces derniers. Car les Palestiniens ne doutent pas que des frontières provisoires se feront sur la base du mur de la séparation que les Israéliens ont construit autour et à l’intérieur des terres palestiniennes et qui valideront non seulement l’annexion israélienne de Jérusalem, mais également le grignotage d’une grande partie du territoire palestinien. Le résultat est sans équivoque : un Etat palestinien sans continuité territoriale, dépourvu de sa capitale et non viable. En faisant circuler de telles propositions, Israël, qui sait pertinemment qu’elles vont être rejetées par le côté arabe, tente de faire bonne figure en paraissant devant la communauté internationale comme un Etat qui tend la main aux Palestiniens pour relancer la paix ...

Plus encore, Israël cherche à montrer que la colonisation à Jérusalem est indépendante du processus de paix et qu’elle pourrait être poursuivie en parallèle aux pourparlers. Insistant donc sur la position israélienne selon laquelle Jérusalem ne figure pas dans d’éventuelles négociations.

Et c’est cette position qui fut le principal point de divergence entre le président égyptien Hosni Moubarak et son homologue israélien lors de la visite de ce dernier au Caire dimanche dernier. Shimon Pérès avait alors qualifié la colonisation de question « marginale » tout en soutenant la création d’un Etat pour les deux peuples palestiniens et Israéliens. Une position qui paraît contradictoire. Car les enclaves territoriales créées par la colonisation israélienne dans les territoires occupés ne peuvent pas permettre la constitution d’un Etat palestinien. Sans compter le grand Jérusalem créé par Israël qui divise la Cisjordanie en deux parties. D’autant plus que près de 200 000 colons juifs vivent dans la partie orientale de la Ville sainte, soit un tiers des colons dans les territoires occupés.

Et c’est précisément ce qui a poussé le président égyptien à demander à son homologue israélien de « prendre des décisions courageuses au service de la paix », insistant  que la question de Jérusalem  doit figurer sur la table des négociations et qu’il s’agit « non seulement d’un problème palestinien, mais d’une question qui concerne les musulmans à travers le monde ». Des demandes qui risquent de rester lettre morte.

Et pour rendre la situation plus compliquée, l’armée israélienne a entrepris des raids contre Gaza dans la nuit de samedi à dimanche derniers, faisant sept morts. Selon Israël, il s’agirait d’une riposte à des tirs d’obus lancés à partir de Gaza contre le sud d’Israël.

Que ce soit sur le terrain ou sur le plan diplomatique, la paix paraît plus que jamais improbable.

Heba Zaghloul

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