Al-Ahram Hebdo, Visages | Soulaf Fawakherji, Porter bien son prénom
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 Semaine du 3 au 9 septembre 2008, numéro 730

 

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Visages

De retour au drame télévisé ce Ramadan avec le feuilleton Asmahane, la jeune actrice syrienne Soulaf Fawakherji rêve de s’inscrire dans la lignée des plus imposantes figures de la profession, en affichant d’autres cordes à son archet.

Porter bien son prénom

Elle se sent enfin libre et fière de sa prestation dans le feuilleton Asmahane, qui relate la biographie de la célèbre chanteuse et qui est diffusé durant le mois sacré sur toutes les chaînes hertziennes et satellites arabes. Pendant quatre mois, elle était enfermée dans les studios pour les besoins de répétition. « C’était l’un de mes grands rêves artistiques de jouer dans une œuvre relatant la vie de la grande diva arabe Asmahane et surtout dans un drame égypto-syrien, où les conditions de travail étaient scrupuleusement respectées », affirme-t-elle sur un ton serein.

Elle a fréquenté les plateaux de la télévision égyptienne pour la première fois pour incarner « la chanteuse des princes et des princesses, explique-t-elle. C’est l’une des grandes divas de la chanson arabe, dont la vie est inconnue de nous tous, et j’ai l’honneur de participer à cette mission de représenter cette grande chanteuse après ces longues années ». En effet, cette entrée prestigieuse dans le drame télévisé, dans cette période privilégiée de l’année, à travers une œuvre dont le fond et la forme s’articulent à merveille, l’enchante à plusieurs titres.

Dans la réalité comme sur l’écran, elle est Soulaf Fawakherji, réputée pour le jeu de grands rôles romantiques dans les drames syriens. Son charme ravageur et son naturel follement charismatique sont ses atouts les plus appréciés.

Née à Latakieh, au nord-ouest de la Syrie, où son père travaillait comme critique de cinéma, la petite Soulaf a passé son enfance entre cette ville et Damas où elle faisait ses études scolaires. « Une enfance simple mais inoubliable aux accents richement culturels et humains », se souvient-elle. Son père, un amoureux de l’étymologie et des langues, l’a appelée Soulaf, qui veut dire le premier résidu du jus de raisin, alors que son patronyme Fawakherji est celui d’une grande famille en Syrie. Ce qui a rendu le nom et le prénom un peu étranges pour certains.

Mais, Soulaf porte très bien son prénom. Elle aime toujours aller aux sources des choses, chercher les origines et les raisons. « Une habitude qui paraît parfois fatigante, mais qui m’aide à mieux comprendre et savourer la vie ».

Captivante, Soulaf imprime à son port toutes les lois d’une âme en soif d’absolu, parfois trahie par la vie.

Il y a chez elle cet aura, cette manière de s’imposer naturellement dans la peau du personnage, toujours à la limite, entre rébellion et fragilité.

Dès son plus jeune âge, elle a donc choisi le moyen d’expression qui allait devenir son objectif dans son chemin artistique : le cinéma.

Etudiant l’archéologie à la faculté des lettres, de l’Université de Damas, elle trouve toujours un lien bien étroit entre ses études et son hobby qui s’est transformé en carrière : l’interprétation.

« Pour moi, l’interprétation et l’archéologie ont presque une même mission civile : avec l’interprétation, on plonge des les différents caractères, et avec l’archéologie, on étudie les différents monuments et leurs histoires pour le bien de l’être humain. Donc, les deux nous aident à méditer et à mieux nous sentir ».

Autres talents ? Bien sûr. Elle a étudié la peinture et les beaux-arts à l’institut Adham Ismaïl en Syrie.

Par un beau jour de 1997, la chance lui a souri lorsque le réalisateur syrien Raymond Boutros, ami de la famille, a rendu visite aux Fawakherjis qu’il a réussi à convaincre de laisser Soulaf apparaître dans son film Al-Terhal (l’errance). « Mes parents n’ont pas pu beaucoup résister, car ils savaient bien mon appétit pour l’art et mon ancien rêve de devenir actrice. J’ai joué un petit rôle qui m’a bien présenté pourtant sur la scène artistique syrienne. L’aventure a commencé ».

Les parents, acquis à la passion de jouer de leur fille, lui ont toutefois autorisé à cette pratique uniquement pendant les vacances universitaires.

Son physique, sa culture aidant, elle joue de petits rôles. Mais, elle devait attendre quelques années pour rencontrer le succès foudroyant pour son rôle dans le feuilleton syrien Al-Jabal (la montagne). Dès lors, son rêve était d’être célèbre, ou pour le moins qu’on puisse dire distinguée et connue par les passants des rues voisines.

Elle campe plusieurs rôles dans un grand nombre de drames télévisés syriens des années 1990, dont Al-Ayam al-motamarreda (les jours rebelles) avec le réalisateur Haytham Haqqi, Asr al-jonoun (l’ère de la folie) de Marwan Barakat et Al-Arwah al-mohagra (les esprits émigrants) de Chawqi Al-Majri.

Une fois la notoriété acquise, elle s’acharne à la défendre. « On me proposait toujours le même rôle : la jeune belle fille riche et ambitieuse, ce qui me faisait beaucoup peur d’être cantonnée dans une même étiquette. Néanmoins, je ne pouvais décliner à l’époque la chance d’être connue par le public », se souvient-elle.

Toutefois, elle entame un virage décisif. « Grâce à des changements radicaux de registres, je cherchais à me faire reconnaître comme une véritable comédienne et à casser l’image de la jeune femme douce et séduisante », décrète-t-elle.

A présent, on la voit se tourner vers des rôles plus nuancés. Le salut viendra entre autres avec le feuilleton Saqf al-alam (plafond du monde) ayant pour but de répondre à l’insolence de la presse danoise vis-à-vis du prophète Mohamad. Au cinéma, le succès était aussi au rendez-vous, dans le film Halim de Chérif Arafa, où elle a joué l’amante du rossignol. C’était avec Halim qu’elle a pu réaliser son rêve de monter les marches de Cannes. « Je suis reconnaissante au cinéma égyptien en fait de m’offrir l’opportunité de monter les somptueuses marches du Festival de Cannes, que ce soit avec le film Halim en 2006 ou cette année avec La Nuit du baby-doll, avoue la comédienne. Toutes mes expériences ont défilé devant mes yeux, pendant ce laps de temps, me motivant à aller de l’avant », proclame-t-elle.

Son style inimitable et son énergie sont à la mesure de son talent. On a sans cesse ce sentiment qu’elle laisse quelque chose d’elle-même, qu’elle risque quelque chose, que ça n’a rien d’un jeu, car ce sont ses propres blessures qui structurent ses rôles. « Chacun de mes rôles renferme l’un de mes propres sentiments ou plutôt une partie assez chère de mon âme », dit-elle.

Soulaf, la femme engagée dans l’art, ne craint pas de parler entre autres de la difficulté pour un artiste de garder une certaine prestance. Sans paroles superflues, sans fioritures, la femme simple, bien née et riche d’esprit, avance qu’elle est « une personne modeste et qu’elle mène une vie normale loin d’être milliardaire comme le prétendent d’aucuns ».

Dans une liberté de ton, elle affirme que dans sa vie quotidienne, la famille est toujours là, tout près. Elle porte un pendentif où est imprimée la photo de son fils unique. « Il s’appelle Hamza, il a aujourd’hui sept ans, mais je le prends pour un ami », dit-elle dans un grand sourire. « Parfois, j’annule des voyages ou je change le programme de mon travail pour la simple raison qu’il me dit qu’il a besoin de moi ou que je sens qu’il est fatigué ». C’est pourtant ce jeune Hamza qui maintient la famille soudée. « Comme dans toute famille, les problèmes conjugaux sont parfois là, mais c’était pour Hamza que tout est résolu, et c’est là la magie des enfants ».

Heureusement, sa vie privée est devenue au diapason de sa réussite professionnelle. Epouse du fameux réalisateur syrien Waël Ramadan, Soulaf souligne qu’ils cherchaient depuis toujours de former « un couple de deux amoureux et non pas de deux artistes ». Elle n’a pas de poses, ni de « trucs », elle incarne le rôle et le vit d’une manière presque spontanée. Il n’y a plus de frontières entre l’actrice et son personnage, on le sent d’une manière bien claire.

C’est avec joie qu’elle a accepté de devenir modèle dans le vidéoclip du chanteur iraqien Kazem Al-Saher, car c’est une façon pour elle d’exprimer son côté dynamique et son grand amour pour le style du chant d’Al-Saher. « J’avoue être l’une des fans de Kazem Al-Saher, c’est pourquoi j’ai accepté de paraître comme modèle dans l’un des vidéoclips de ses chansons. Avec Kazem, je ne me sentais pas modèle mais participante à son œuvre. Une expérience dont je me réjouis, mais que je ne répéterai plus ».

Finalement, Soulaf Fawakherji est aujourd’hui une comédienne entière, avec derrière elle une filmographie des plus impressionnantes malgré sa jeunesse. Ses nouvelles œuvres témoignent une fois de plus d’un talent en constante évolution et révolution et font garder l’éclat d’une comédienne pleine de ressources. Bref, pleine de vie.

 Yasser Moheb

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Jalons 

27 juillet : Date de naissance à Latakieh, en Syrie.

1997 : Première apparition sur l’écran à travers le film

Al-Terhal (l’errance).

2003 : Prix du Syndicat des artistes syriens.

2006 : Choisie par la presse syrienne comme meilleure actrice de l’année.

2008 : Sortie de son film

La Nuit du baby-doll.

 




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