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 Semaine du 3 au 9 septembre 2008, numéro 730

 

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Opinion
 

La trousse de premiers secours du gouvernement

Mohamed Salmawy

 

Au moment où le gouvernement a commencé à prendre des mesures rigoureuses stipulant la nécessité que chaque voiture dispose d’une trousse de premiers secours et a décrété la nouvelle loi du trafic sanctionnant les automobilistes qui ne la possèdent pas, le récent incendie du Conseil consultatif est venu prouver que le gouvernement même ne possède pas ce genre de trousse pour sécuriser ses bâtiments en cas d’accidents. D’autant plus que certains de ses édifices, dont le Conseil consultatif, sont connus non seulement pour avoir une grande valeur historique, mais aussi pour être d’importants bâtiments de souveraineté.

L’intransigeance gouvernementale sur la nécessité et l’importance de cette trousse de premiers secours dans chaque automobile se manifeste dans la clause qu’on retrouve dans la nouvelle loi du trafic, qui stipule de ne pas délivrer le permis aux automobilistes qui ne la possèdent pas. Puisque cette trousse magique est inexistante sur le marché, le gouvernement a alors été contraint de donner aux propriétaires des voitures un délai de trois mois pour l’obtenir.

D’habitude, certaines voitures fabriquées à l’étranger sortent de l’usine en étant munies de cette trousse, comme les Mercedes. Cependant, la loi allemande ne conditionne pas la livraison du permis par la possession de cette trousse.

Chez nous, la loi est plus sévère à tel point que les propriétaires des voitures Mercedes n’ont pas pu renouveler leurs permis, même en possédant la trousse de secours allemande. On leur a dit dans l’Organisme du trafic qu’elle n’était pas conforme aux critères stipulés par la loi.

Ainsi, le gouvernement a-t-il prouvé qu’il est plus rigoureux que le gouvernement allemand. Cependant, cette rigueur n’est appliquée que sur les citoyens uniquement. Alors que le gouvernement même a le droit de ne pas disposer d’une trousse de secours ni de prendre de quelconques mesures préventives, ni avec ses voitures qui errent dans certaines rues sans plaques ou bien dégageant de leurs tuyaux d’échappement une fumée noire opaque. En tout cas, ces voitures, ou bien elles transportent les épouses des hauts responsables chez les coiffeurs, ou bien ramènent leurs enfants des écoles.

La question ne réside pas dans l’incendie d’un édifice qui serait restauré immédiatement pour être prêt pour la prochaine session parlementaire, mais dans le fait qu’il s’agit d’un monument de grande valeur historique qu’on peut difficilement remplacer.

Nous sommes devant une cause de négligence gouvernementale inouïe qui pourrait exposer la vie des citoyens au danger. Imaginons que ce bâtiment qui a pris feu au centre-ville était la propriété d’un citoyen, comme le ferry Al-Salam, et non pas celle du gouvernement. Ce dernier n’aurait-il pas remué ciel et terre et un procès n’aurait-il pas été intenté contre lui pour négligence flagrante ayant exposé la vie des gens à un danger dans l’une des zones les plus encombrées de la capitale ? Ce citoyen n’aurait-il pas été considéré comme un ennemi du peuple et aurait probablement quitté le pays fuyant la rage et la colère des gens et les poursuites judiciaires qui pourraient mener à l’incarcération, dans un autre cas que celui du ferry ? Le problème est qu’il n’y a aucun compte demandé aux responsables, une mesure qui est censée en général tranquilliser les gens et empêcher la répétition de la catastrophe. D’ailleurs, d’habitude chez nous ce genre de catastrophe se déroule à répétition, depuis l’incendie de l’Opéra en 1971 en passant par l’incendie du Palais Al-Gawhara, ensuite Al-Mossaferkhana pour finir avec celui du Conseil consultatif. Tous ces bâtiments ont une valeur et une empreinte historiques incontestables et la perte de chacun d’eux est une catastrophe à tous les niveaux, depuis la défaillance des systèmes d’urgence jusqu’à une léthargie de la performance gouvernementale. La question qui s’impose et qui n’est pas unique en son genre suite à cet incendie est la suivante : quelles sont les mesures et les précautions prises par le gouvernement après les incendies antérieurs semblables ? L’Etat a-t-il mis en place des règles strictes pour éviter la répétition de telles catastrophes, lui qui applique ces règles strictes aux citoyens ? Le gouvernement a-t-il sécurisé ses bâtiments historiques importants ? A-t-il demandé des comptes aux responsables des catastrophes précédentes pour qu’ils soient plus vigilants dans l’avenir ? Rien de cela n’a eu lieu. Le bâtiment ne comportait pas d’appareil de pré-alerte contre les incendies, semblable à celui que l’on retrouve dans les hôtels. Si le bâtiment comportait un tel appareil primitif, il aurait été facile de détecter le feu dès le départ avant que des heures ne s’écoulent et que le mal n’ait lieu. Surtout que le bâtiment n’est pas assuré contre les incendies. Et s’il l’était comme le reste des bâtiments publics de par le monde entier, la compagnie d’assurance aurait assumé les sommes exorbitantes estimées à des millions, évitant que le gouvernement ne les assume à partir des fonds publics à des fins de rénovation. Et s’il y avait des comptes à faire dans les cas précédents, de tels incendies ne se seraient pas répétés dans les immeubles historiques de cette manière humiliante.

Ce qui arrive prouve que le gouvernement se croit au-dessus du peuple et que ce qui s’applique sur les citoyens ne s’applique pas sur lui. Le gouvernement n’applique pas sur lui-même les mesures qu’il applique sévèrement sur les citoyens. Nous espérons que cette fausse immunité du gouvernement aura disparu avec les pertes et les endommagements résultant de l’incendie du Conseil consultatif. D’autant plus que le peuple n’accepte plus cette immunité. Le peuple, quant à lui, est devenu aussi rigoriste, exigeant du gouvernement de posséder une trousse de premiers secours avant d’obtenir un permis de régir les affaires des citoyens .

 

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