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 Semaine du 17 au 23 Septembre 2008, numéro 732

 

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Le Haut représentant de la politique étrangère de l’Union européenne, Javier Solana, était cette semaine au Caire en début d’une tournée au Proche-Orient. Il évoque les objectifs de sa visite et les prochaines étapes de l’Union pour la Méditerranée.

« Nous avons encore la possibilité de parvenir à une solution entre Palestiniens et Israéliens »

Al-Ahram Hebdo : Quelle est la raison de votre tournée dans la région au moment où les conditions régionales et internationales — démission du premier ministre israélien, présidentielles américaines — ne semblent pas favorables à une reprise des négociations israélo-palestiniennes ?

Javier Solana : Je suis venu dans la région à ce moment, car nous irons cette semaine à New York pour participer à la session de l’Assemblée générale des Nations-Unies et nous aurons là-bas des réunions importantes. Il y aura une réunion du Quartette international sur le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, Onu, Union européenne) et une autre entre celui-ci et les représentants des pays arabes. Ces rencontres vont se concentrer sur le processus de paix, au moment où la période de l’après-Annapolis touche à sa fin. Pour cette raison, il était très important pour moi en ce moment de réunir auprès des différentes parties le maximum d’informations avant de participer à ces importantes réunions de New York. Nous devons concentrer le maximum d’efforts pour que le temps qui nous reste soit utilisé de manière appropriée. Je sais que les conditions sont difficiles, vous avez bien mentionné les conditions, mais tout cela ne doit pas nous empêcher de continuer à travailler sur les objectifs que nous nous sommes fixés à Annapolis il y a un peu moins d’une année.

— Les espoirs soulevés lors de la conférence d’Annapolis en novembre 2007 se sont pourtant évanouis. Aucune possibilité ne semble-t-elle envisageable pour parvenir à un accord de paix israélo-palestinien avant fin 2008 ?

— Nous travaillons sur cette question depuis bien longtemps. Ce que vous dites ne doit pas nous faire perdre notre détermination de faire avancer le processus de paix. Il est sûr que depuis les négociations de Camp David réunissant le président américain Bill Clinton, le chef de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat et le premier ministre israélien Ehud Barak en 2000, il s’est passé beaucoup de temps, mais nous avons aujourd’hui encore une fois la possibilité et l’espoir de parvenir à une solution entre Palestiniens et Israéliens.

— Comment traitez-vous au sein du Quartette le problème de la domination qu’exerce le Mouvement de la résistance islamique Hamas sur la bande de Gaza ? Par quel moyen faudrait-il intégrer ce mouvement dans le processus de paix ? Cherchez-vous à l’écarter de toute participation à un règlement ?

— Les dirigeants du Hamas savent bien ce qu’ils doivent faire pour être intégrés à l’Autorité palestinienne, et donc incorporés au processus de paix. Ils doivent s’adapter aux réalités actuelles et doivent faire certains compromis et changer certains points qui sont très clairs et connus de tout le monde. Cette position est celle de la Ligue arabe, qui l’a réitérée à plusieurs reprises. Une position à laquelle nous avons accordé tout notre soutien. Je ne pense pas que le Hamas ait le sentiment d’être marginalisé ou d’être jeté dehors, car ses dirigeants savent de manière très claire ce qu’ils doivent faire pour qu’ils soient inclus dans le processus en cours.

— Que pensez-vous de la médiation que mène l’Egypte auprès des factions palestiniennes, notamment le Fatah et le Hamas, pour parvenir à une réconciliation à dénominateur commun ?

— Je pense qu’il s’agit d’une initiative très importante et j’apprécie très certainement la détermination du président Moubarak de parvenir à une solution à ce problème. Je suis de près les rounds de discussions entre les factions palestiniennes, et si l’Egypte parvient à des résultats satisfaisants, nous allons lui accorder notre soutien.

— De nombreux rapports d’ONG travaillant en Palestine ont indiqué récemment qu’aussi bien l’Autorité palestinienne que le Hamas utilisent des méthodes violant les droits de l’homme contre leurs prisonniers du camp adverse. Vous ne parlez pas au Hamas, mais soulevez-vous cette question avec l’Autorité palestinienne ?

— Lorsque nous entendons parler d’un rapport sur des violations des droits de l’homme, nous essayons de faire connaître notre position sur ce sujet aux responsables concernés. Nous le faisons sans essayer de nous imposer, mais pour montrer les informations que nous recevons de la part d’ONG ou de diverses institutions chargées de faire état des violations des principes des droits de l’homme. Et nous essayons de faire passer ce message à ceux qui peuvent en être responsables.

— Le projet de l’Union pour la Méditerranée a été lancé formellement à Paris mi-juillet. Mais de nombreux points restent encore non élucidés. Pouvez-vous faire la lumière sur le contenu de cette initiative et la suite à lui donner ?

— L’idée du sommet de Paris est de lancer un partenariat entre les deux rives de la Méditerranée pour être sur un pied d’égalité. Il s’agit d’une nouvelle étape du Processus de Barcelone. Comme vous le savez, la présidence actuelle est partagée entre l’Egypte et la France pour un certain temps. Le sommet sera suivi d’une réunion ministérielle qui aura lieu au mois de novembre où seront prises des décisions sur la structure du secrétariat et sur l’adoption de projets dans différents domaines comme l’économie, l’énergie, l’éducation, l’environnement, etc.

— Mais à quel point ce projet est-il adapté aux circonstances qui prévalent autour de la Méditerranée, où règnent surtout les disparités entre le Nord et le Sud ?

— C’est pour cette raison que l’idée est de travailler de la manière la plus orientée vers les besoins des gens. Nous allons mettre en place des projets, des programmes et des actions qui auront des répercussions positives sur les gens. Nous voulons faire cela, car nous voulons être plus efficaces en travaillant ensemble des deux rives de la Méditerranée. Nous voulons travailler dans les domaines qui auront de bonnes répercussions sur l’économie. Des domaines fondamentaux tels que l’énergie, l’environnement, l’éducation, la recherche, etc. Bref, tout cela aura des répercussions positives sur la vie des gens.

— La lutte européenne contre l’immigration clandestine soulève la question de la circulation des personnes dans la Méditerranée. Comment allez-vous traiter cette question dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée ?

— La question de la circulation autour de la Méditerranée sera l’un des points importants des discussions avec les pays du Sud. Les déplacements de biens et de personnes du Nord vers le Sud et vice-versa. Tout cela devra être traité dans un contexte plus large. Dans un contexte où tous les projets liés aux domaines des sciences, de l’économie, de l’éducation, de la recherche scientifique et de la technologie auront comme conséquence l’organisation des flux des personnes allant d’un côté à l’autre de la Méditerranée. Ce qui sera très important dans ce partenariat, c’est que nous comprenons les problèmes de la même manière.

— L’Europe a signé des accords d’association avec la majorité de ses voisins du sud de la Méditerranée dans lesquels figure le respect des principes de la démocratie, des droits de l’homme et des libertés fondamentales comme la liberté d’expression. Comment fonctionnent les mécanismes de suivi de ces dispositions ?

— Il existe avec eux un dialogue au niveau politique, qui implique aussi un échange sur les questions que vous venez de mentionner. Nous le faisons de la manière la plus respectueuse, car nous respectons ces pays, mais nous voulons aussi aller le plus loin possible dans cette direction, qui est celle menant au respect des valeurs fondamentales que nous partageons tous.

Propos recueillis par Randa Achmawi

 




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