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 Semaine du 30 juillet au 5 août 2008, numéro 725

 

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Opinion

La nouvelle carte du Proche-Orient

Wahid Abdel-Méguid
Politologue

Le procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) a réclamé l’arrestation du président soudanais Al-Béchir. Ce qui menace le Soudan de plus de démantèlement si les magistrats de la CPI décident d’exécuter cette demande.

Or, le Soudan n’est pas l’unique Etat arabe dont la carte est menacée de changement, puisque la région arabe est la plus perturbée dans le monde entier, concurrencée seulement par les Balkans.

Les perturbations dans le monde arabe, elles, impliquent un changement de la carte de la région, même si pour le moment ce changement reste équivoque.

Les crises du monde arabe, de l’Iraq au Liban et à la Palestine dans la partie asiatique et du Soudan à la Somalie dans la partie africaine, ont atteint un état critique ne permettant pas de négliger l’éventualité de voir survenir des changements sur la carte dans un avenir proche ou lointain.

Il y a un demi-siècle, le changement sur la carte arabe était lié à un mouvement nationaliste qui a généré une vague de prévisions, qui ont été renforcées par la réalisation de l’Union égypto-syrienne en février 1958.

Or, la scission rapide en septembre 1961, en plus de l’escalade des conflits arabes entre radicaux ou révolutionnaires et conservateurs ou modérés, appelée la guerre froide arabe, a mis le holà à ces perspectives ; la défaite de 1967 les a totalement anéanties, affaiblissant le mouvement national dont l’apparition avait donné l’impression qu’une nouvelle carte du monde arabe était sur le point d’être dessinée.

Et voilà qu’aujourd’hui, il est de nouveau question de changement, mais dans une autre direction. L’offensive américaine qui a bouleversé la région, et qui a commencé par la frappe contre l’Iraq, avait pour objectif d’amener une nouvelle répartition de la région dans le cadre du Grand Moyen-Orient. Et malgré l’échec de ce projet, il a provoqué de nouvelles interactions qui semblent sur le point d’entraîner un changement régional important.

Les néo-conservateurs qui ont l’hégémonie sur l’Administration américaine depuis 2000 n’ont pas réussi à susciter le changement auquel ils aspiraient. C’est-à-dire remplacer les gouvernements de certains Etats arabes et obliger d’autres à effectuer des changements politiques déterminés. Or, la région semble aujourd’hui au bord d’une modification différente résultant non de la réussite du projet américain, mais plutôt de son échec.

Il n’est pas uniquement question de l’Iraq où l’élaboration d’une nouvelle carte n’était pas l’un des objectifs du projet américain, mais du point de départ pour un changement dans toute la région. Le but était d’en faire un exemple à suivre en créant un Etat prospère au niveau démocratique, économique et social, et d’en propager le modèle par l’intermédiaire de pressions politiques différentes d’un pays à l’autre.

Mais le chaos iraqien a paniqué les Américains et provoqué l’échec de leurs desseins. Aujourd’hui, leur objectif est de sortir du marécage iraqien avec le minimum de pertes.

Donc, même si les plans américains ne visent pas à redessiner la carte de l’Iraq pour sortir de l’impasse, ceci ne signifie pas l’absence d’un changement de la carte de la région.

Parallèlement, il semble que l’impossibilité de parvenir à une solution à la cause palestinienne, surtout après le succès du Hamas à Gaza, pousse à ressusciter le projet jordanien, mais sous une nouvelle formule et dans un cadre plus large. Le projet jordanien aurait pour objectif d’introduire la Jordanie sur la voie des négociations palestino-israéliennes afin d’éviter leur effondrement total.

Il semble que dans un avenir proche, le choix jordanien sera l’unique solution permettant d’éviter l’effondrement de toute la situation palestinienne et non seulement les négociations. L’unique issue serait alors l’annonce d’un Etat palestinien provisoire en Cisjordanie, lié par une Union confédérale à la Jordanie, tout en laissant l’occasion à Gaza de s’insérer dans cette union à condition de mettre fin au canton du Hamas.

Dans ce cas, puisque la question de Gaza est reportée, il est donc facile de reporter les questions des frontières avec Israël, de Jérusalem et des réfugiés à une autre phase, ou à un délai indéterminé, pratiquement parlant.

Ce scénario semble être plus logique qu’un autre qui comprendrait l’Egypte et Israël à travers un échange de territoires. Cette conception consisterait à élargir le secteur de Gaza en rattachant la ville égyptienne de Rafah et une partie de la ville de Arich. Et en contrepartie, Israël devrait renoncer à des territoires dans le désert de Naqb de façon à permettre de tracer une autoroute internationale reliant l’Egypte à la Jordanie et à l’Arabie saoudite. De plus, Israël obtiendrait plus de 200 km2 autour de Gaza et du Ghar Al-Ordon et garderait les grands blocs coloniaux.

Cette conception n’est pas nouvelle. Elle a été proposée sous différentes formes depuis la fin des années 1970. Mais aujourd’hui, elle n’est suscitée que dans certains milieux israéliens et américains à cause du refus de l’Egypte. En effet, le président égyptien a dernièrement assuré qu’il était impossible que l’Egypte renonce à une parcelle du Sinaï, quelles que soient les circonstances.

Donc, il semble que c’est le choix jordanien qui amènera le changement de la carte arabe dans l’aile asiatique. Tandis que dans l’aile africaine, ce sont les crises du Soudan et l’ingérence dans ses affaires intérieures qui provoqueront le changement.

Si le cas soudanais semble aujourd’hui le plus dangereux, il ne faut pas négliger les conséquences de la détérioration de la situation en Palestine et en Iraq. Et si la solution jordanienne semble être la bouée de sauvetage pour les territoires occupés, il ne faut pas s’arrêter là.

Il est possible de voir la confédération palestino-israélienne annexer l’Ouest de l’Iraq où se concentrent les sunnites. Et ce, afin de calmer les craintes de certains Jordaniens qui craignent l’équilibre démographique inquiétant avec les Palestiniens. L’objectif est également de désamorcer la bombe à retardement qui existe dans la nouvelle entité iraqienne.

Pour certains, ce scénario pourrait être de simples illusions, et pour d’autres, il serait lointain au point de permettre de ne pas s’inquiéter. Malheureusement, nous avons pris l’habitude de penser au passé plus qu’à l’avenir. Or, il est nécessaire de songer sérieusement au futur de la carte arabe avant de ne plus avoir que le choix de s’y adapter passivement .

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