Al-Ahram Hebdo, Opinion | Abdel-Azim Hammad , McCain, Obama et le Moyen-Orient
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 Semaine du 11 au 17 juin 2008, numéro 718

 

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Opinion

McCain, Obama et le Moyen-Orient

Abdel-Azim Hammad 

Lors des dernières élections présidentielles aux Etats-Unis, même les observateurs les plus pessimistes ne s’attendaient pas aux changements entrepris par le président Bush et son Administration en ce qui concerne la politique étrangère du pays. Pendant la campagne électorale pour les précédentes élections présidentielles, le général Brent Scocroft, conseiller à la sécurité nationale de Bush-père et président du groupe des conseillers de Bush-fils pour les affaires étrangères pendant la campagne, avait déclaré qu’au cas où Bush remporterait les élections, il ne s’attendait pas à des changements radicaux ni en Iraq, ni en Palestine. Ajoutant qu’il est possible que la nouvelle Administration réagisse mieux face aux réclamations nationales palestiniennes. Or, ce qui s’est passé est que la nouvelle Administration a changé sa politique envers l’Iraq de façon catastrophique, elle a totalement négligé la cause palestinienne, ne présentant à la question de la paix israélo-palestinienne que la vision israélienne comme base pour parvenir au règlement.

Cependant, l’invasion de l’Iraq a changé les équilibres de force au Proche-Orient et dans le Golfe arabe au profit de l’Iran qui a transféré son pouvoir de l’Iraq au Liban et à Gaza en Palestine. Les projets élaborés par l’Administration de Bush pour la région ont presque tous échoué. Et voilà que cette Administration est sur le point de quitter la scène, laissant le Proche-Orient dans une guerre froide avec l’Iran et ses partisans.

Avec cet arrière-plan, il faut s’attendre à des changements radicaux dans la politique étrangère américaine en ce qui concerne le Proche-Orient. Que le nouveau locataire de la Maison Blanche soit le démocrate Barack Obama ou le Républicain John McCain, il est sûr que les changements seront différents dans les deux cas.

Commençons par le cas d’Obama puisque ses promesses sont plus claires et vont dans 3 directions. Il a promis de retirer les forces américaines de l’Iraq et d’appeler à un dialogue avec l’Iran. Le plus important est qu’il a fermement assuré que le règlement de la cause palestinienne réalisera un intérêt national américain et constituera une garantie pour la sécurité d’Israël. Ce qui implique son engagement en tant que président américain à défendre la sécurité d’Israël en tant qu’Etat hébreu. La position d’Obama envers l’invasion américaine de l’Iraq n’a pas besoin de beaucoup d’explication puisqu’il a maintes fois répété que cet acte était depuis le début une erreur. Et pour ce qui est de l’Iran, sa position est claire. Même s’il refuse son armement nucléaire, il refuse aussi ce que les Américains et les Israéliens appellent « une menace iranienne à l’existence d’Israël ». Il a alors exprimé sa volonté de dialoguer avec les Iraniens, chose évidement nécessaire parce qu’il sera un président américain voulant sortir du bourbier iraqien avec un minimum de pertes. Obama est donc quelqu’un dont les avis sont très organisés puisque depuis le premier jour de sa campagne électorale, il a promis de retirer les forces américaines de l’Iraq.

Pour ce qui est de la cause palestinienne et sans toucher à la sécurité d’Israël, Obama semble être le candidat américain qui appartient le plus au courant qui est en train de grandir chez l’élite américaine, y compris les juifs américains. Ce courant appelle à la nécessité de sauver Israël de lui-même ou des groupes extrémistes qui refusent ce qu’ils appellent « les concessions douloureuses » pour réaliser une paix globale avec les voisins et en premier lieu avec les Palestiniens. Il est aussi prévu qu’Obama s’engage dans un dialogue avec la Syrie et procure le soutien nécessaire pour les négociations de paix syro-israéliennes actuellement en cours avec une médiation turque.

Barack appartient à ce qu’on appelle le libéralisme international qui refuse catégoriquement les illusions impérialistes. Ce courant est conscient que les limites de la force américaine et les circonstances de l’époque permettent aux Etats-Unis d’être la force la plus influente dans le monde. Mais non de dicter au monde des ordres impériaux par le biais de la force militaire. Donc, la meilleure politique capable de réaliser les intérêts américains avec en tête la sécurité nationale et en même temps capable de réaliser la stabilité et la paix internationales est l’action commune dans le cadre de la légitimité internationale. Mais la question sera totalement différente si le candidat républicain McCain remporte les élections.

Cet homme appartient à la génération de la guerre froide. Il a fait la guerre du Vietnam et appartient à l’aile rigoriste dans la politique étrangère à l’intérieur du Parti républicain, bien que sur certaines questions, il ait tendance à parler d’une voix libérale. Rappelons que McCain est parmi les adeptes de l’invasion de l’Iraq puisqu’il a écrit et présenté au Congrès, en coopération avec le sénateur Joseph Liberman, le projet de loi sur la libération de l’Iraq à la fin du mandat de Bill Clinton. Il est clair que McCain est prêt à rester sur le champ de guerre en Iraq pour cent ans encore pour gagner la guerre « contre le terrorisme » comme il l’appelle. Bien qu’il ait beaucoup atténué ce ton au cours des derniers mois, ceci revient à des motifs purement relatifs aux élections, et dès qu’il les remportera, il reviendra à son rigorisme. Et ce rigorisme peut mener à une escalade dangereuse sans limites en Iraq. McCain ne veut pas que les Américains souffrent du complexe de l’Iraq comme ils ont souffert de celui du Vietnam et reproche à Bush de ne pas recourir suffisamment à la force pour remporter la guerre en Iraq.

Dans un autre contexte, McCain tentera de reprendre le projet dans lequel Bush a échoué : la démocratie dans le Grand Proche-Orient comme meilleur moyen de lutter contre le terrorisme.

Pour les deux candidats, il est sûr que les changements demeureront dans le cadre des visions et des opinions de son camp quant à la politique américaine dans le monde. Dans le cas de McCain, il est question de diviser le monde en pays démocrates et non-démocrates. La concession que McCain avait présentée au cours de sa campagne pour devenir le candidat du Parti républicain, alors qu’on lui réclamait de renoncer à la tendance militaire, est d’appeler à la création d’une nouvelle organisation internationale pour les Etats démocrates sous une direction américaine. Et ce pour prendre des décisions et imposer des politiques aux pays non-démocrates qui, selon la propre classification de McCain, sont : la Chine, la Russie et la majorité des Etats arabes et islamiques. Bref, nous pouvons dire que les Etats-Unis et le monde entier sont face à deux éventualités : un monde basé sur la coopération et la conciliation avec Obama ou bien un monde basé sur le conflit et la division avec McCain.

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