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 Semaine du 14 au 20 mai 2008, numéro 714

 

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Opinion
 

Une idéologie sioniste à reconsidérer

Morsi Attalla

 

Il existe des signes confirmant qu’Israël désire actuellement être reconnu en tant qu’Etat purement sioniste. Il voit dans la célébration mondiale en grande pompe du 60e anniversaire de sa création la meilleure occasion pour réaliser son ancien rêve qui a précédé son existence de dix ans. Il faut noter que ce rêve est ancien et ne date pas de 2004, comme d’aucuns ont l’habitude de le considérer, lorsque Bush a prononcé son discours à Aqaba dans lequel il a évoqué le droit des juifs à disposer d’un Etat.

Celui qui croit que le refus d’Israël de discuter le droit du retour est lié aux conséquences qui peuvent en découler, c’est-à-dire la récupération par les réfugiés de leurs demeures et de leurs propriétés spoliées, aurait tort. Tel-Aviv est terrifié par l’idée que le droit du retour frappe au cœur l’idéologie sioniste sur laquelle est bâti l’Etat d’Israël.

L’expulsion des Palestiniens de la terre de Palestine fut l’un des piliers de l’idéologie sioniste à laquelle a appelé Theodor Herzl il y a plus de 100 ans. Lorsqu’il a écrit, le 12 juillet 1895 : « Nous essayerons d’expulser les démunis en dehors des frontières, en leur trouvant des opportunités d’emplois là-bas et en même temps on leur interdira de travailler dans notre pays ».

Avec le même esprit de Herzl, le sioniste fanatique Israël Zaoui a écrit en 1905 : « Nous devons nous préparer à expulser les tribus arabes par l’épée, comme l’ont fait nos aïeux ». Tel était leur plan qui date de plus d’un siècle, alors que nous sommes préoccupés jusqu’à aujourd’hui par la lutte opposant le Fatah et le Hamas. Le danger réel réside dans le fait que ceux qui suspectent le droit au retour des Palestiniens expulsés en 1948, conformément aux résolutions des Nations-Unies, ignorent intentionnellement une série de réalités. Au moment de la nakba, lorsque les Palestiniens furent victimes de la résolution de partage de 1947 et de la guerre de 1948, les propriétés des juifs à cette date en Palestine ne représentaient que 8 % de la totalité de la superficie. Alors que 92 % des territoires étaient la propriété du peuple palestinien et des Waqfs islamiques qui remontaient à l’époque ottomane.

Ce jour-là, le plus atroce crime politique et humain a eu lieu. Lorsqu’une minorité étrangère a envahi la Palestine, a expulsé ses habitants et a mis en place l’Etat hébreu sur les décombres de 531 villes et villages.

A mon avis, le fait de se résigner aux plans israéliens de suspicions soutenus par les Etats-Unis représente le plus grand danger pour le dossier des réfugiés. D’autant plus qu’il n’est pas du ressort de n’importe quelle autorité palestinienne de renoncer à ce droit. Car c’est un droit authentique aux réfugiés et ils n’ont mandaté personne pour le négocier à leur place. Le droit au retour est un droit élémentaire et non pas une simple licence qui expire avec le temps. En réalité, cette suspicion est sans fondement parce qu’elle autorise les réfugiés à regagner leurs demeures à condition de ne pas toucher aux habitants juifs. Cependant, c’est le contraire qui est vrai. Le retour peut être enrichissant par exemple au niveau de l’économie israélienne, notamment dans le domaine agricole qui souffre d’un sous-effectif.

Malheureusement pour la cause palestinienne, nous vivons un moment exceptionnel de l’Histoire où prévaut uniquement la loi du plus fort. Il est évident, en référence à des témoignages qui datent de 60 ans, que le projet sioniste avait pour visée de mettre en place un Etat enclavé au cœur du monde musulman séparant l’aile asiatique de l’aile africaine. L’objectif étant non pas uniquement d’empêcher son unité, mais de garantir sa faiblesse et sa dislocation. Ainsi, l’expérience de 60 ans d’Israël démontre que ceux qui ont soutenu le projet sioniste avaient pour objectif de saper n’importe quelle croissance civilisationnelle des Arabes et des musulmans qui sont préoccupés par des problèmes chroniques qui épuisent leurs énergies et leurs efforts. Le danger actuel menace toute la région et non pas seulement la cause palestinienne ou le droit des réfugiés palestiniens à retrouver leurs terres. Si Israël ne possède pas le courage de reconsidérer son idéologie sioniste expansionniste et si les Etats-Unis, en tant que principal allié, ne s’aperçoivent pas que le mouvement de l’Histoire prendra en fin de compte son cours normal, la région ne vivra jamais en paix et ne connaîtra jamais la stabilité.

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