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 Semaine du 23 au 29 avril 2008, numéro 711

 

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Egypte

Politique . Le gouvernement Nazif est critiqué pour sa politique économique. Des rumeurs circulent sur un éventuel remaniement.

Sous le feu des critiques

Partira, partira pas ? Les rumeurs vont bon train sur un possible départ du gouvernement d’Ahmad Nazif. Depuis quelques semaines, le chef du gouvernement fait face à une vague de critiques en raison de la flambée des prix et la détérioration des conditions de vie des citoyens. La presse officielle, qui fait habituellement l’éloge du gouvernement, a brusquement changé de position et s’est ralliée au cortège des « déçus ». L’hebdomadaire Akhbar Al-Yom publiait la semaine dernière un dessin du célèbre caricaturiste Moustapha Hussein, montrant deux citoyens parlant du premier ministre. L’un d’eux affirme avoir envoyé des tonnes de messages SMS sur le portable du chef du gouvernement mais celui-ci est constamment fermé. Et l’autre de lui répondre qu’il craignait que Nazif soit définitivement hors service. Plusieurs éditorialistes de journaux officiels ont critiqué ouvertement le gouvernement pour son incapacité de gérer les événements des 6 et 7 avril à Mahalla, où des heurts entre les appareils de sécurité et des manifestants ont fait officiellement 1 mort et des dizaines de blessés. L’annonce cette semaine d’un remaniement au niveau des gouverneurs a accentué les rumeurs sur une possible démission du gouvernement. Ancien ministre des Télécommunications, Ahmad Nazif a été désigné comme chef du gouvernement en juillet 2004 après le départ de Atef Ebeid. Il laisse alors derrière lui un secteur des télécommunications en pleine croissance et d’incontestables réussites. Nazif s’était notamment illustré par sa politique d’accès gratuit à Internet, qui a entraîné une hausse exponentielle du nombre d’internautes égyptiens (3,5 millions en 2004, contre 400 000 en 1999). Reconduit dans ces fonctions le 30 décembre 2005, il se fixe comme priorité la réforme du secteur économique. Près de deux ans après, les résultats obtenus dans ce domaine sont importants : réforme du secteur bancaire, privatisations, diminution unilatérale des droits de douanes à l’importation, signature de l’accord QIZ avec Israël.

Mais la hausse des prix des denrées alimentaires, notamment le blé, due à une augmentation des prix des matières premières, allait provoquer une véritable secousse. Plusieurs citoyens meurent dans les longues files d’attente devant la boulangerie en raison de la pénurie de pain. D’autre part, le prix du riz a doublé au cours de l’année écoulée et celui de l’huile de cuisine a presque quadruplé. Le prix du poulet a augmenté de 40 %. Résultat : l’éventail des couches sociales frappées par cette inflation galopante s’est élargi. Ce qui explique les grèves successives d’ouvriers, fonctionnaires, médecins et professeurs d’université. Dans ce climat social tendu, la question d’un départ du gouvernement actuel défraye la chronique. Des noms comme Rachid Mohamad Rachid, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Farouq Al-Oqda, gouverneur de la Banque Centrale ou même Ahmad Goweili, l’ancien ministre de l’Approvisionnement ont été évoqués comme de possibles successeurs. Rien n’est évidemment sûr mais les observateurs s’attendent à un remaniement limité au cours des prochains mois pour absorber la colère populaire.

Un nouveau gouvernement serait alors nommé où le premier ministre serait maintenu dans ses fonctions et où le poids des hommes d’affaires serait revu à la baisse. « On peut dire que le gouvernement Nazif est celui des hommes d’affaires. Il a poursuivi la libéralisation de l’économie et diminué les taxes, ce qui a profité à la classe aisée. Ainsi au cours des précédentes années, a-t-on noté une extension des quartiers huppés dans les grandes villes, tandis qu’au même moment les pauvres ne trouvaient pas à boire à cause de la pénurie d’eau », explique Magdi Sobhi, chercheur au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram.

Pourtant, le gouvernement Nazif a réalisé un certain nombre de succès sur le plan économique. Le volume des investissements en Egypte est passé de 18,7 % du PNB en 2005 à 22,2 % en 2007. De même, le taux de croissance est passé à 7,1 %. Mais le problème est que ces richesses n’ont profité qu’à la classe aisée. Mohamad Khalil Qoweita, député du parti du Rassemblement unioniste progressiste (RPU, gauche) estime, lui, que le maintien ou le départ d’un gouvernement ne sont pas la vraie question. « La vraie question est qu’il n’y a pas de véritable politique sociale en Egypte », estime Qoweita. Et de noter que Ahmad Nazif s’inscrit dans la même lignée que ces prédécesseurs Kamal Al-Ganzouri et Atef Ebeid. « Cette libéralisation accrue de l’économie sans remédier aux problèmes sociaux est une orientation générale de l’Etat. Les gouvernements en Egypte ne sont que des boucs émissaires », note Qoweita. Et de souligner que le taux de croissance avancé par le gouvernement n’est pas réel puisqu’en calculant celui-ci le gouvernement a inclus les fonds des assurances sociales. Qoweita ne s’attend pas à des changements majeurs. « Les attaques dans la presse gouvernementale contre le gouvernement visent seulement à résorber la colère populaire », estime-t-il.

Même son de cloche chez Essam Chiha, membre du haut comité du néo-Wafd, pour qui les gouvernements successifs ne font qu’appliquer des politiques supérieures. « Les gouvernements en Egypte sont formés de technocrates et non pas de politiques. Le problème du gouvernement Nazif est qu’il n’a pas été en mesure de réagir correctement face à la hausse des prix ». Pour Abdel-Ghaffar Choukr, du parti du Rassemblement, que le gouvernement parte ou reste peu de choses vont changer.

May Atta

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