Al-Ahram Hebdo, Visages | Khaled Saleh
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 Semaine du 12 au 18 mars 2008, numéro 705

 

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Visages

Avec une dizaine de films et plus de 25 pièces de théâtre, le comédien Khaled Saleh devient une star à 44 ans. Ni jeune premier, ni farceur, il mise sur le naturel profond.

Le jeu de la polyvalence

La quarantaine dépassée, Khaled Saleh a connu la consécration. Loin du physique du jeune premier, il a pu convaincre et devient l’un des comédiens les plus populaires du cinéma égyptien. En peu de temps, il a réussi à attirer l’attention de par une panoplie de films et de personnages, lesquels ont défrayé la chronique. Récemment, on l’a vu incarner avec brio le rôle de Hatem, le policier corrompu dans Héya fawda (chaos) de Youssef Chahine et Khaled Youssef. « C’est le grand succès de ma vie », s’exclame l’acteur sur un ton jovial, évoquant le policier du Chaos qui concrétise tous les maux de la société. Il ajoute : « Etre acteur était le rêve de ma vie, je n’ai cessé de jouer, de personnifier, depuis mon enfance ».

Un grand amour est né par pur hasard. A la mort de sa mère, il était en quatrième primaire. Pour surmonter ses peines, sa famille l’a encouragé à se joindre aux amateurs de son école pour faire du théâtre. Et de fil en aiguille, il est reconnu comme l’un des plus talentueux. « Jusqu’au baccalauréat, on ne faisait que répéter sans jamais présenter de vrais spectacles. C’était la poisse. Je n’arrivais pas à concrétiser mon but ultime ».

Khaled Saleh a longtemps zigzagué, avant de trouver sa place, celle qu’il a mûrement choisie, à la dérobée. Même en effectuant des études de droit, il n’a pu s’empêcher d’adhérer à la troupe théâtrale universitaire. « J’ai donné beaucoup de spectacles avec des futurs comédiens tels Mohamad Héneidi, Mohamad Saad, Khaled Al-Sawi, Hani Ramzi et le scénariste Ahmad Abdallah que j’ai rencontrés à l’université », dit-il, expliquant qu’il passait ses journées sur les planches au point de ne pas connaître où se trouvent les amphithéâtres.

Une fois diplômé, il décide de faire carrière d’avocat. Et effectue un stage dans le cabinet d’un ami. « J’ai pratiqué le métier d’avocat pendant 20 jours. En touchant mon premier salaire, c’était la grande surprise : je n’avais droit qu’à une seule pièce de monnaie ! J’ai alors décidé de renoncer au rêve d’être avocat et chercher un autre métier qui pourrait servir de gagne-pain pour un homme marié et responsable ».

Il a mis de côté aussi ses ambitions d’artiste pour tenir un commerce avec son frère aîné. Pendant sept ans, il n’a pensé qu’à subvenir aux besoins de sa famille, mais vers 1994, il n’a pas tardé à exprimer son ras-le-bol, dévoré par sa passion. Cette fois-ci, il faut être comédien et jouer sur les planches du théâtre Hanaguer. « Je considère que c’est le théâtre le plus important et le plus riche en Egypte. Je dois à sa directrice Dr Hoda Wasfi beaucoup, car elle a cru en moi ».

En participant à la pièce de théâtre Toqous al-icharat wal tahawolat, en 1998, la réalisatrice Ineam Mohamad Ali l’a sélectionné pour incarner le personnage du poète Maamoun Al-Chennawi dans un télé-feuilleton sur Oum Kalsoum, la diva de l’Orient. C’est également, en jouant dans cette même pièce du dramaturge syrien Saadallah Wannous que le réalisateur Mohamad Abou-Seif l’a choisi pour les films Al-Naama wal tawous (l’autruche et le paon) et Khalli al-démagh sahi (reste alerte).

Une seule scène jouée dans le film comique Mohami kholea a valu à Khaled Saleh un grand succès, la même année. « J’interprétais le rôle d’un juge et cette scène unique m’a introduit aux producteurs de cinéma ». Sans traîner dans les couloirs des studios ou sur les plateaux, il a pu quand même persuader dignement les producteurs.

Puis, un beau jour de l’année 2004, se produit un phénomène que le comédien décrit poétiquement comme « atteindre le septième ciel ». Sa carrière prend son envol.

Juste après, c’était le rôle d’un officier de la Sûreté d’Etat, disgracieux et corrompu, dans le film Tito. Un film qui lui a permis de faire tête d’affiche.

Puis, les succès s’enchaînent avec des fictions comme Mallaki iskendériya (Alexandrie ... privé), Harb atalia (feu d’artifice), An al-echq wal hawa (sur la passion et l’amour), 1/8 de douzaine de vilains, L’Immeuble Yacoubian ...

Chemises et pantalons simples, couleurs sages, Khaled Saleh surfe sur une vague ordinaire, tout en apportant sa petite touche personnelle.

Commerçant, homme d’affaires, avocat, comédien de théâtre, cinéaste et star de télévision, il se raconte, un peu, revient sur ses débuts, sa carrière, ses rencontres déterminantes avec des artistes et des professeurs, qui lui ont ouvert les portes du succès, tel le réalisateur Tareq Al-Erian qui lui a offert son premier grand rôle. Ce qu’il tait, par discrétion ou par pudeur sur lui-même, sa vie, ses qualités humaines et ses talents d’acteur, on le découvre à travers les commentaires des gens du métier, ses premiers admirateurs. Que ce soit sur scène ou dans les coulisses, confie Mazen Al-Gabali, le réalisateur de son film Fattah eineik (ouvre tes yeux) avec Moustapha Chaabane, « il est différent. Il respecte son travail et écoute attentivement les consignes des réalisateurs, contrairement à d’autres comédiens avec qui j’ai travaillé ».

Sa manière de jouer est aujourd’hui plus profonde et plus mûre, notamment après sa collaboration avec un nombre de réalisateurs dont Khaled Youssef qui, selon lui, l’a aidé à façonner son style et son interprétation en étant à l’aise. Pour ce, il a accepté de paraître comme invité d’honneur dans Hina mayssara (sine die).

« Autrefois, mon fils Ahmad me demandait par quoi répondre à ses camarades de classe lorsqu’on l’interroge à propos de la profession de son père : avocat, marchand ou acteur ? Maintenant, lui et sa sœur Aliaa se sont rendus compte que leur père ne les trompait pas et qu’il a déployé beaucoup d’efforts pour se faire une place ». Un sentiment de satisfaction l’emplit, sans pour autant lui faire tourner la tête. « Avant de se hâter pour faire tête d’affiche, je devais savourer la profondeur de mes seconds rôles », Et de conclure : « Ni jeune premier ni farceur, j’ai compris qu’il fallait miser sur la sincérité du jeu ».

Yasser Moheb

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Jalons

1964 : Naissance à Guiza.

1994 : Début de sa carrière théâtrale.

1998 : Participation au télé-feuilleton Oum Kalsoum.

2002 : Premier rôle au cinéma, avec Khalli al-démagh sahi

(reste alerte).

2006 : Participation au film L’Immeuble Yacoubian.

2007 : Premier rôle dans Héya fawda (chaos) de Youssef Chahine.

 

 




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