Al-Ahram Hebdo, Afrique | Geste de bonnes intentions
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 Semaine du 12 au 18 mars 2008, numéro 705

 

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Afrique

Tchad-Soudan. Les deux pays voisins, aux relations souvent tendues, signent ce mercredi un accord de réconciliation censé ramener la stabilité à leurs frontières.

Geste de bonnes intentions

Après un mois de négociations sous la médiation du président sénégalais Abdoulaye Wade, le Soudan et le Tchad doivent signer, ce mercredi 12 mars à Dakar, un accord en vue d’une solution définitive au conflit qui les oppose. Le Tchad et le Soudan, pays voisins à la frontière poreuse, ont des relations très tendues et s’accusent mutuellement de déstabilisation par des groupes armés interposés et de fomenter des troubles à leurs frontières communes ainsi qu’au Darfour, province de l’ouest du Soudan, qui est le théâtre depuis 2003 d’une guerre civile et d’exactions à grande échelle qui ont fait 200 000 morts et 2,5 millions de déplacés et réfugiés. En effet, N’Djamena accuse Khartoum d’armer et de soutenir les rebelles tchadiens qui ont failli s’emparer de la capitale tchadienne et renverser le régime du président Idriss Deby, début février, par des rebelles venus de bases arrières au Soudan, ce que les Soudanais nient. En retour, Khartoum accuse le Tchad de soutenir les rebelles darfouris.

Pour mettre un terme à ces tensions, les deux frères ennemis ont accepté de venir à Dakar pour trouver une solution définitive. Cependant, cet accord n’est pas le premier puisque les deux pays en ont déjà signé plusieurs, restés lettre morte. Mais la communauté internationale souhaite qu’il sera le dernier. Le président Wade avait expliqué que l’échec de précédents accords de paix signés entre les deux pays était dû au fait qu’ils « n’avaient pas prévu de dispositif de mise en œuvre ». Mais cette nouvelle tentative, visant à un rapprochement entre les deux pays, a sa nouveauté. Selon le président sénégalais Wade, le pacte de réconciliation qu’il a préparé comporte non seulement un accord général de non soutien à des rebelles, mais également des mesures concrètes pour son application. Les deux parties se sont mises d’accord sur ces engagements. Chacune s’est engagée à cesser de soutenir les opposants de l’autre sur son propre territoire. Il s’agit aussi d’empêcher des opposants de l’autre pays de franchir les frontières avec des armes. Troisième engagement : un désarmement général de tous les mouvements à l’exception des armées des Etats. « Il faut que tout le monde soit désarmé et que ce désarmement soit fait entre les mains des troupes qui sont sur place, c’est-à-dire celles de l’Union africaine, l’Eufor, ou les forces hybrides des Nations-Unies. Il faut que les bandes armées remettent les armes à ces forces internationales », a précisé le chef de l’Etat sénégalais. Ce dernier a reconnu que l’accord n’implique pas, à ce stade, les rebelles tchadiens qui cherchent à renverser le président Deby, pas plus que les insurgés darfouris qui se battent contre l’armée gouvernementale soudanaise et ses milices arabes alliées. Mais Wade a affirmé son intention de trouver des issues à ces problèmes pour la stabilité de la région.

En effet, cette rencontre de Dakar coïncide avec le début timide du déploiement de la force européenne Eufor, qui comportera au total 3 700 hommes, majoritairement des Français, dans l’est du Tchad pour protéger les populations civiles du Darfour. Afin d’y parvenir, le Sénégal souhaite que la communauté internationale se porte garante de cet accord de paix tchado-soudanais. Wade, qui fait partie des « sages de l’Afrique » et cherche à jouer les médiateurs dans une série de conflits sur le continent, a invité le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, et les chefs d’Etat de l’Union Africaine (UA) et de l’Union Européenne (UE) à se porter garants du futur accord de paix entre N’Djamena et Khartoum. « Je les ai impliqués dans le processus de mise en œuvre, nous aurons le témoignage, la présence de tiers qui vont garantir la sincérité des uns et des autres », explique Wade. « C’est en cela que je crois que le prochain accord sera un accord définitif ». A cet égard, le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, s’est rendu au Sénégal cette semaine pour assister à la signature de cet accord de réconciliation.

Wade a aussi indiqué qu’il s’agit là uniquement de la première étape d’un processus ardu visant à démêler l’écheveau des conflits régionaux à leurs frontières communes.

Maha Salem

 




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