Al-Ahram Hebdo, Voyages | Les Egyptiens avaient le pied marin
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 Semaine du 6 au 12 février 2008, numéro 700

 

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Voyages

Egyptologie. La mission américano-italienne opérant à Wadi Al-Gawassis, sur la mer Rouge, a mis au jour de nouvelles évidences confirmant que les expéditions de Pount étaient nombreuses tout au long de l’histoire égyptienne, notamment au Moyen Empire. 

Les Egyptiens avaient le pied marin 

Non loin de la ville côtière de la mer Rouge à Safaga, à quelques 25 km au sud, s’étale Wadi Al-Gawassis, l’un des plus importants sites maritimes qui ne cesse de livrer au fur et à mesure de précieux secrets. Connue par l’aridité de son climat tout au long de l’année sauf pour quelques mois, cette zone est soumise depuis 7 ans à des  fouilles archéologiques opérées par une mission américano-italienne dirigée par Rodolfo Fattovich et Kathryn Bard. Cette zone comprend « l’un des plus anciens ports pharaoniques dont la date remonte à l’Ancien Empire, d’après les anciens documents », souligne Rodolfo Fattovich, professeur d’archéologie à l’université de Naples L’Orientale. Information affirmée par la mission qui avait trouvé lors des fouilles une grande collection de céramiques et de poteries datant de cette époque. En plus, presque toutes les trouvailles archéologiques prouvent l’importance de ce port et indiquent son utilisation pendant des expéditions maritimes destinées aux pays de Pount. Ces expéditions avaient eu lieu pendant la période du Moyen Empire et surtout lors du règne du roi Amnemhat III.

Il s’agit en fait de la présence de sept galeries creusées dans l’agglomération qui se trouve auprès de la côte de la mer Rouge. Seules deux de celles-ci ont été mises au jour au cours de la dernière saison de fouilles. Les fonctions de ces galeries variaient entre dépôts, ateliers ou étaient utilisées comme des abris pour les membres des expéditions. La mission a de même découvert plusieurs éléments de la navigation et des équipements nécessaires à l’expédition maritime. Citons à titre d’exemple : des cordes, des rames, des planches de bois, sans oublier les seaux d’argile, ainsi que quelques boîtes sur lesquelles sont inscrites par exemple « les merveilles des pays de Pount ». En effet, les cordes étaient utilisées dans la navigation à cet âge lointain. « Les cordes sont tellement bien conservées qu’elles paraissent neuves et fabriquées de nos jours », explique Fattovich. Pour les planches de bois, étant dérivées de Coptos dans la vallée du Nil, celles-ci servaient à monter les bateaux sur place, à Wadi Al-Gawassis. « Nous espérons mettre au jour les ateliers de la fabrication de ces bateaux maritimes, lors des prochaines saisons », commente l’archéologue Chiara Zazzara, membre de la mission. Autre découverte si précieuse ; les débris du bois ont été trouvés au seuil des galeries. « Les rames étaient nettoyées pour être réutilisées de nouveau dans les expéditions ultérieures. D’ailleurs, l’opération du nettoyage était effectuée à cet emplacement pour se servir de la lumière du soleil de la journée », explique-t-elle. Concernant les seaux d’argile, ceux-ci ont été trouvés en grande quantité. Ces seaux assuraient en principe les fermetures des productions alimentaires certes, mais donnent plutôt des informations administratives à l’instar de l’aménagement du stockage des éléments nécessaires pour l’expédition, notamment l’alimentation. Quant aux boîtes, celles-ci servaient à préserver les productions exportées de Pount. Citons à titre d’exemple : l’encens, et les productions exotiques ainsi que les pierres précieuses et le bois foncé. L’Egypte empruntait encore les animaux et leur cuir.

Les galeries servaient autant de dépôts et d’ateliers pour les membres des expéditions, que d’abris aux navigateurs. « Ceux-ci y fabriquaient le pain et conservaient encore les aliments nécessaires pour les quatre mois, la durée de l’expédition », explique l’archéologue. D’ailleurs, la mission a trouvé des assiettes en argile d’une seule mesure afin de garantir l’égalité des portions de la nourriture destinée à chaque membre de l’expédition. « C’est un autre argument qu’on vivait dans ces galeries », commente Zazzara. D’autre part, la mission a découvert plusieurs stèles, dont la date remonte au Moyen Empire, certes mais, dont le règne des souverains varie. Notons une stèle de l’époque de Sénousert III, deux autres du règne d’Amnemhat III dont l’une est découverte lors de la dernière saison et une quatrième appartenant à l’âge d’Amnemhat IV. Il paraît que les expéditions aux pays de Pount était une sorte de tradition que les souverains du Moyen Empire cherchaient à entamer et enregistrer sur les stèles pendant leur règne. Par ailleurs, l’expédition a trouvé d’autres stèles gravées de présentations d’offrandes, prières, salutations et de remerciements destinés aux différentes divinités. La plus distinguée est celle du dieu Mine, divinité maritime. Celui-ci ayant « sécurisé les membres de l’expédition durant toute l’excursion maritime, a été remercié sur cette stèle lors de leur rentrée », explique Zazzara.

 

Les dangers persistent

En outre, la mission, toujours en quête de l’ancienne baie du site et dont la limite est encore inconnue a inauguré deux nouvelles grandes phases de fouilles. A cet égard, une grande surprise les attendait avant même d’entamer leurs excavations. C’est la révélation d’une grande quantité de jarres. Peut-être, celles-ci servaient à conserver l’eau dont on avait besoin pendant l’occupation du site puisque « l’unique source d’eau découverte jusqu’à maintenant est située à une distance de 10 km du site », reprend le professeur. D’autre part, la mission était préoccupée cette saison par la consolidation des galeries qui risquent la destruction à cause des fissures. Pour Fattovich, il est difficile de continuer les fouilles avant de les restaurer.

Les dangers ne s’arrêtent pas là. Une autre menace est apparue et dont les effets sont plus graves. Ce sont les investissements touristiques. Beaucoup d’hommes d’affaires cherchent à exploiter la côte de la mer Rouge touristiquement, à bâtir des hôtels, voire des villages touristiques. « Wadi Al-Gawassis est un site ouvert et vaste sur la côte de la mer Rouge. C’est impossible de le fermer. Mais j’espère que les autorités prennent toutes les dispositions pour protéger un tel site archéologique de telle importance majeure », conclut Rodolfo Fattovich .

Doaa Elhami

 

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