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 Semaine du 5 au 11 novembre 2008, numéro 739

 

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Voyages

Archéologie. La visite du président italien, Giorgio Napolitano, en Egypte a permis de mettre en valeur la multiplicité et la diversité des formes de collaboration entre les deux pays.

Du Tibre au Nil,
coopération tous azimuts

La semaine dernière, le président italien, Giorgio Napolitano, s’est rendu au Musée du Caire pour célébrer l’inauguration officielle du laboratoire égypto-italien, installé dans cette vénérable institution. Cette cérémonie a de même témoigné de la signature d’un mémorandum de compréhension entre l’Egypte et l’Italie, qui vise à consolider les liens d’amitié et de collaboration culturelle, scientifique et archéologique dans le domaine de la protection du patrimoine culturel, et ce sans oublier la signature d’un second mémorandum de compréhension entre une université égyptienne et une autre italienne sur l’enseignement à distance. Dans le cadre de cette célébration, le président a aussi inauguré une exposition organisée dans la salle 45 par le Musée égyptien, en coopération avec l’Institut supérieur italien pour la conservation et la restauration. L’exposition explique les étapes de restauration, entamées par le nouveau laboratoire égypto-italien et reflète les étapes de coopération égypto-italienne à travers la présentation de l’historique du Musée égyptien. Une action qui se déroule en coopération avec l’Université de Milan.

Il s’agit d’une explication détaillée et concise des étapes du traitement de quelques pièces pharaoniques restaurées. Plusieurs photos représentent l’état de chacun des chef-d’œuvres traités lors de leur découverte, avant et après leur restauration et sont accompagnées de textes explicatifs en langue anglaise. Citons, à titre d’exemple, la tête de Toutankhamon, sortant d’un lotus et dont le crâne comprend une fissure, une autre tête de la reine Hatchepsout, découverte à Deir Al-Bahari, ainsi que des portraits du Fayoum. La visite est simplifiée grâce aux écrans qui projettent des films représentant les pièces antiques en trois dimensions. D’autres photos reflètent les stages d’entraînement que suivent les jeunes restaurateurs égyptiens au sein du nouveau laboratoire et l’utilisation de nouvelles technologies. Selon Wafaa Seddiq, directrice du Musée égyptien, le laboratoire égypto-italien fait partie d’un projet majeur de développement du Musée égyptien. D’un coût global de 1 319 000 euros, apportés par le ministère italien des Affaires étrangères, ce projet se compose de plusieurs phases. La première et la deuxième avaient déjà commencé avec le laboratoire de restauration et le programme d’entraînement. « Préservation, conservation et restauration ; documentation et photographie ; la muséologie moderne et la publication de catalogues ainsi que le développement de la librairie du musée sont les objectifs primordiaux de ces deux premières phases », explique la directrice. Pour elle, les stages d’entraînement sont d’une importance majeure pour le Musée égyptien. « Les Italiens excellent dans le domaine de la restauration des fresques ainsi que l’art muséologique. Il faut alors profiter d’une telle expérience afin d’évoluer les états de nos musées égyptiens », reprend Seddiq.

Réaménagement à long terme

Quant à la troisième phase du projet égypto-italien, c’est le réaménagement du Musée égyptien pour qu’il garde son attraction. Actuellement, la climatisation des salles, leur illumination ainsi que le réseau de sécurité sont en cours de rénovation. Les températures des vitrines sont aussi renouvelées. D’ailleurs, le projet réaménage le jardin muséologique en y dressant une boutique de vente de cadeaux, des copies de pièces archéologiques ainsi qu’un musée pour les enfants.

Mais le plus important, c’est le grand réaménagement du musée, qui vise à garder un petit nombre de pièces exposées actuellement ; les autres iront au grand musée de la civilisation en construction. « Raison pour laquelle nous sommes en train d’étudier actuellement les moyens d’exposer les pièces restantes. A priori, le musée de la place Tahrir sera consacré uniquement à l’historique de l’art égyptien et son évolution au fil des siècles. D’ailleurs, nous aurons l’occasion d’exposer encore l’histoire de l’archéologie, voire l’histoire du musée lui-même », reprend Wafaa Seddiq.

L’historique du musée sera de même mis en évidence dans le nouveau projet italien. « Nous avons retracé l’historique de la fondation de l’actuel bâtiment du Musée égyptien et son développement dans la salle 44 ». L’exposition est enrichie de panneaux comprenant les photos des premiers égyptologues dans les différents sites archéologiques, accompagnées de textes bilingues en arabe et en anglais qui expliquent leur empreinte sur le musée. Cette représentation reflète un autre aspect de la collaboration égypto-italienne. Le département archéologique de l’Université de Milan avait coopéré avec les inspecteurs du musée pour donner naissance à un chef-d’œuvre inédit : l’historique du Musée égyptien.

Doaa Elhami


 

3 questions à Patrizia Raveggi, directrice du Centre culturel italien, à l’occasion de la transformation du département archéologique italien en un centre.

« Nous mobilisons nos efforts pour faire du centre un institut autonome »

Al-Ahram Hebdo : La transformation du département en un centre, marque-t-elle un changement concret ?

Patrizia Raveggi : Absolument. Mais il faut comprendre la hiérarchie italienne. Le département d’archéologie dépendait, jusqu’il y a quelques jours, de l’Institut Culturel Italien (ICI). Ce département était dirigé par un expert d’archéologie qui ne pouvait prendre n’importe quelle décision sans avoir recours au directeur de l’institut, qui dépend lui-même du ministère italien des Affaires étrangères. La loi italienne considère l’expert d’archéologie comme la main droite du directeur de l’ICI. Pour la modifier, cela va prendre beaucoup de temps. Raison pour laquelle j’ai travaillé pendant un an pour le transformer en centre. Désormais, l’experte d’archéologie, devenue directrice, a droit de signer des accords avec les universités italiennes pour y initier des cours d’archéologie. Les certificats obtenus seront reconnus sur le plan international.

— Et concernant le budget qui représente un obstacle majeur, est-ce que ce problème est résolu ?

— Actuellement pas encore. Nous sommes en fin d’année. Il faut attendre les débuts de 2009 pour consacrer un budget à notre nouveau-né. Pour le moment, on ne sait pas encore si la somme sera importante ou pas. Mais c’est déjà une étape. Nous voulons que toutes les activités des missions archéologiques, les laboratoires, les salles d’études, soient financés à partir du budget qui va progresser au fur et à mesure au fil du temps. La transformation du département en un centre n’est qu’une période intermédiaire. Nous mobilisons nos efforts pour le rendre un institut autonome équivalant à celui de la culture et ceux des autres maisons archéologiques étrangères en Egypte.

— Les activités du centre subiront-elles des modifications quelconques ?

— Il y aura plus de support donné aux différentes missions italiennes archéologiques. Mais le plus important c’est d’établir une coopération plus étroite avec les départements archéologiques égyptiens et étrangers. Le centre va monter un site Internet comprenant les résultats des fouilles archéologiques ainsi que ses activités. D’ailleurs, l’initiation de cours sur toutes les périodes de l’histoire égyptienne, depuis la préhistoire jusqu’à l’époque moderne, occupe un intérêt majeur chez nous. Ces cours vont comprendre les récentes méthodes de restauration, la papyrologie, ainsi que la muséologie en tant que nouvelles sciences archéologiques. Pour ce faire, des accords seront signés afin que des professeurs compétents, venant de différentes universités italiennes, enseignent ces cours et enfin que des certificats des diplômes renommés dans le monde entier soient donnés.

Propos recueillis par D. E.

 

 




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