Al-Ahram Hebdo, Afrique | Empêcher le pire
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 Semaine du 5 au 11 novembre 2008, numéro 739

 

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Afrique

RD Congo. Sous la pression internationale, les présidents congolais et rwandais ont accepté de participer à un sommet sur la crisedans l’est du pays, où une énième flambée de violences a déplacé des dizaines de milliers de personnes. 

Empêcher le pire 

Les efforts internationaux se sont multipliés cette semaine afin de régler la crise dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC). Une crise qui menace toute la région. Un chassé-croisé diplomatique était en cours entre Kinshasa, Kigali et Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, avec les visites du commissaire européen à l’aide humanitaire Louis Michel, de la secrétaire d’Etat adjointe américaine aux Affaires africaines Jendayi Frazer, ainsi que des chefs des diplomaties française et britannique, Bernard Kouchner et David Miliband.

Cet intense effort diplomatique a porté ses fruits en obligeant les deux chefs d’Etat de la RDC et du Rwanda, Joseph Kabila et Paul Kagame, d’annoncer leur participation à un sommet sous l’égide de l’Onu, en compagnie des chefs d’Etat de la région des Grands Lacs, des organisations régionales et de l’Union africaine. Ce sommet vise à mettre fin aux causes qui minent l’est de l’ex-Zaïre. L’organisation d’une telle réunion butait jusque-là sur le refus de Paul Kagame, président du Rwanda, qui affirmait que le conflit était une affaire intérieure congolaise et qui nie toute implication dans cette crise. En insistant sur son rejet de toutes ces accusations, les autorités congolaises, à leur tour, accusent toujours le Rwanda.

L’Union Africaine (UA) a donc annoncé dimanche qu’elle préparait activement un sommet sur les moyens de régler la crise dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC) et qui devait se tenir la semaine prochaine dans la capitale kényane. « Nous espérons que le sommet de Nairobi la semaine prochaine permettra de décider d’une feuille de route » sur les moyens de sortir de la crise, a déclaré dimanche à la presse, dans la capitale économique tanzanienne Dar Al-Salam, le ministre tanzanien des Affaires étrangères, Bernard Membe. M. Membe rapportait les propos tenus par le président en exercice de l’UA et président tanzanien, Jakaya Kikwete, à l’issue d’entretiens de ce dernier, dimanche, avec David Miliband et son homologue français Bernard Kouchner, sur la crise dans l’est de la RDC. Aucune date n’a pour l’instant était fixée pour ce sommet de Nairobi. « L’UA est très inquiète des derniers développements et souhaite que les parties en conflit en RDC respectent le cessez-le-feu de mercredi », a notamment déclaré M. Membe. Il a précisé que M. Kikwete avait récemment pris contact avec Joseph Kabila et Paul Kagame, ainsi qu’avec le président kényan Mwai Kibaki.

 

Accalmie précaire

Sur le terrain, les milliers de civils qui avaient fui les combats ces derniers jours ont commencé à reprendre le chemin de la route. Les rebelles étaient arrivés mercredi dernier aux portes de la capitale de la province du Nord-Kivu, Goma, et ont depuis décrété un cessez-le-feu unilatéral, qui semble être respecté jusqu’à présent. Goma a connu depuis vendredi dernier une accalmie même si la tension persistait avec les hommes du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda à ses portes. Les forces de Nkunda, qui a mis l’armée en déroute, ont campé sur leurs positions vendredi dernier à 10 km de Goma, respectant le cessez-le-feu unilatéral qu’elles ont décrété mercredi 29 octobre. Sur le terrain, la trêve perdure, mais la situation est loin d’être apaisée. Les rebelles ont organisé samedi une cérémonie d’investiture d’une nouvelle administration à Rutshuru, une localité située à 75 km au nord de Goma, passée sous leur contrôle. Chassés par les combats, des dizaines de milliers de déplacés étaient toujours en situation précaire dans cette zone, menacés par la faim, la soif et les maladies.

Kouchner et Miliband ont également demandé à M. Kagame, considéré comme un acteur-clé dans la région, d’apporter son soutien à cette trêve. Cette nouvelle poussée de violences dans cette région, très instable depuis le génocide de 1994 au Rwanda voisin, préoccupe la communauté internationale qui s’est activement saisie du dossier. En novembre 2007, la RDC et le Rwanda ont signé un accord pour le rapatriement au Rwanda des rebelles hutus rwandais des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), qui opèrent dans l’est de la RDC. De son côté, Kigali, où le régime est dominé par la minorité tutsie, s’engageait à ne pas soutenir la rébellion de Laurent Nkunda, le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP). En janvier 2008, un accord de paix a été signé à Goma, dans lequel tous les groupes armés qui opèrent dans l’est de la RDC s’engageaient à un cessez-le-feu et à une démobilisation des combattants. Ces deux accords sont restés lettre morte.

En plus de la face régionale, cette crise possède une autre face. Certains analyses prévoient que les problèmes internes soient au fond de la crise. Essayant de régler la crise au niveau local, l’Assemblée nationale de la RDC a investi dimanche dernier le nouveau gouvernement formé le 27 octobre et dont la première tâche sera de trouver une issue à la guerre civile. « L’Assemblée nationale approuve le programme présenté par le premier ministre Adolphe Muzito et investit le gouvernement qui entre immédiatement en fonction », a déclaré le président de l’Assemblée, Vital Kamerhe. M. Muzito a été nommé le 10 octobre au poste de premier ministre par le président congolais Joseph Kabila. Lors de sa nomination, le 26 octobre, le nouveau gouvernement avait été présenté comme « une équipe de combat à laquelle ont été assignées des missions essentielles de sécurité et de reconstruction », selon l’ordonnance du président Kabila.

Maha Salem

 




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