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 Semaine du 15 au 22 octobre 2008, numéro 736

 

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Mahmoud Al-Zahar, chef de la délégation du Hamas au dialogue interpalestinien, dont la dernière session s’est tenue avec l’Egypte cette semaine au Caire, évalue les chances de parvenir à une réconciliation avec le Fatah du président Mahmoud Abbass.

« Nous ne sommes pas une carte entre les mains de régimes étrangers  »

Al-Ahram Hebdo : Que pensez-vous du rôle de médiation joué par l’Egypte entre les factions palestiniennes ? La réunion avec le chef des renseignements égyptien Omar Soliman s’est-elle déroulée comme vous l’aviez prévue ?

Mahmoud Al-Zahar : Oui bien sûr, ce n’est pas la première fois que nous nous entretenons avec Omar Soliman et la délégation qui l’accompagne. Après une interruption de deux mois, nous avons reçu des réactions encourageantes, car la délégation égyptienne porte une grande estime à la position positive du Hamas. Omar Soliman nous a appris que la Palestine occupait 70 % de ses préoccupations quotidiennes. Donc, nous accordons une grande estime à cette position et aux efforts déployés par la délégation égyptienne, à son réalisme et à son impartialité pour rapprocher les points de vue entre les factions palestiniennes.

— Certains ont pourtant parlé d’une proposition de réconciliation entre le Hamas et le Fatah du président Mahmoud Abbass que l’Egypte allait présenter à la délégation du Hamas. Et en cas de refus de ce dernier, Le Caire porterait la proposition à la Ligue arabe pour obtenir son approbation en vue de vous l’imposer. Qu’en est-il ?

— En fait, c’est ce que nous avons entendu dire de la part d’autres parties palestiniennes. On a entendu dire que l’Egypte allait présenter une proposition purement égyptienne ; et si nous la refusions, elle irait la soumettre à la Ligue arabe pour humilier, assiéger et juger le Hamas. Ce sont certaines factions ou plutôt des organismes palestiniens qui ont propagé ces idées. Nous avons consulté les procès-verbaux des réunions tenues entre Omar Soliman et les autres factions palestiniennes. Nous en avons déduit une idée claire, bien étudiée et rédigée. C’est pour cela que quand nous nous sommes entretenus avec Omar Soliman, nous n’avons pas eu besoin de beaucoup de temps pour nous décider. Au contraire, notre position était claire. Nous avons pu trancher en peu de temps toutes les questions qui nous concernent et qui sont en relation avec la partie égyptienne, ainsi que notre relation avec le Fatah.

— Quels sont les principaux points discutés avec la partie égyptienne ?

— Il y a des points principaux qui sont à l’origine du problème. Premièrement, la structure du gouvernement et la nature de ses missions et deuxièmement, l’OLP et la non application des accords concernant cette organisation, les questions relatives à la sécurité, les élections, les points de passage et autres questions comme les relations entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, nos relations avec les pays arabes ... Ce sont des points extrêmement importants dont la résolution nécessite l’union du peuple palestinien pour qu’il puisse affronter l’occupation israélienne et développer ses plans de résistance.

— Sur quoi êtes-vous convenus concernant ces sujets ?

— Nous nous sommes convenus sur tous les sujets et nous avons même fixé des dates et des mécanismes d’exécution. Une autre réunion est prévue pour le 25 octobre courant et il se peut que l’accord de réconciliation ne soit pas seulement bilatéral avec le Fatah mais aussi avec les autres factions.

— Qu’en est-il de la polémique autour de la structure du gouvernement ? S’agira-t-il d’un gouvernement d’entente ou d’un gouvernement technocrate ?

— Trois structures sont possibles. Premièrement, la structure technocrate qui convient à un pays stable comme l’Egypte mais qui ne convient pas à un pays comme la Palestine, qui souffre d’une crise grave, car il existe un service de sécurité en Cisjordanie et un autre différent dans la bande de Gaza. Le côté égyptien est convaincu de cet avis. Quant au gouvernement d’union nationale, il se limitera aux factions. Nous avons déjà testé ce genre avec l’accord de La Mecque. Il avait ses avantages et ses inconvénients. Il ne reste que le gouvernement d’entente nationale, ses frontières sont plus larges, car il peut regrouper les différentes factions ainsi que des personnes qui peuvent ne pas avoir de soutien populaire mais avoir un poids effectif. C’est pourquoi nous avons choisi ce dernier genre.

— Quel délai à estimez-vous convenable pour parvenir à un accord sur toutes les questions ?

— Omar Soliman évalue ce délai entre 6 et 9 mois.

— Cette réunion sera-t-elle un nouveau début dans les relations entre le Fatah et Hamas, après les différends des derniers mois ?

— Nous avons entendu de bonnes paroles de la part du Fatah dans les rencontres organisées loin des discussions officielles. La partie égyptienne sait très bien que notre position est indépendante, que nous avons préservé notre mouvement qui ne peut être ni vendu ni acheté, que nous appliquons nos politiques avec un professionnalisme acceptable. Par conséquent, nous espérons que notre relation avec le Fatah se développera pour le meilleur. Ceci sera dans l’intérêt des deux parties.

Les Palestiniens qui se trouvent dans une région étroite et faible, dans les territoires occupés en Cisjordanie et à Gaza, ont besoin du soutien et de la protection de l’Egypte et aussi du soutien des pays arabes et islamiques et du monde entier. C’est pourquoi nous entretenons des relations privilégiées avec de nombreux pays mais ceci ne signifie pas que nous pouvons être manipulés par tel ou tel régime. Nous ne sommes pas une carte entre les mains de régimes politiques étrangers. Le Hamas essaye donc de s’écarter des différends confessionnels, religieux et politiques et tient à ne pas s’ingérer dans les affaires internes des pays arabes. Nous souhaitons que les relations avec l’Egypte se développent, abstraction faite des différends relatifs aux conceptions et aux systèmes politiques dans la région. Nous savons tous que la politique et la géographie politique de la région changent constamment ; par conséquent nous ne voulons pas que les relations avec l’Egypte soient liées à la géographie politique, mais plutôt à la géographie et à l’histoire.

Propos recueillis par Achraf Aboul-Hol

 




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