Al-Ahram Hebdo,Invité | Cheikha Hissa Al-Sabbah
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 Semaine du 7 au 13 janvier 2008, numéro 696

 

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Invité

Cheikha Hissa Al-Sabbah, présidente du Conseil des femmes d’affaires arabes, récemment en visite en Egypte, analyse pour l’Hebdo les potentiels de coopération entre les pays arabes .

« La plupart des projets initiés par des femmes arabes ont connu des réussites »

Al-Ahram Hebdo : Y a-t-il une évolution au niveau du statut de la femme dans le domaine des affaires dans la région du Golfe en particulier et dans les pays arabes en général ?

Cheikha Hissa Al-Sabbah : Sans se jeter des fleurs, en tant que femme d’affaires membre de ce conseil durant 8 ans, nous avons vu que la plupart des projets initiés par des femmes d’affaires arabes ont connu des réussites. Elles ont fait preuve de performance. La femme arabe, si l’occasion s’offre à elle, s’avère créative et exploite toutes ses capacités et tout son potentiel. De nombreux petits, moyens ou grands projets qu’elles gèrent effectivement sur le marché sont reconnus et ont une grande renommée.

— Vous avez toujours soutenu l’enseignement universitaire des filles dans les pays du Golfe. Comment évaluez-vous la situation aujourd’hui ?

— Aujourd’hui, le problème est inversé. L’enseignement universitaire dans le Golfe représente un problème majeur pour les institutions éducatives et non pas pour les individus. D’autant plus que les filles sont de plus en plus intéressées par les études universitaires et post-universitaires, en raison du nombre croissant de candidates. Raison pour laquelle les organismes et les institutions éducatives dans le Golfe souffrent d’une incapacité d’assimiler les nombres de plus en plus croissants. A tel point que les familles envoient leurs filles acquérir le savoir dans les autres universités à l’étranger, ce qui n’était pas pensable autrefois.

— Mais le statut de la femme dans le monde arabe est encore loin d’être reluisant. Quelle est l’issue pour sortir du tunnel ?

— Personnellement, je ne suis pas pessimiste et je ne voudrais pas décrire la situation de tragique. Ce n’est pas non plus un tunnel. Le problème a deux volets. L’un se rapportant aux habitudes, aux coutumes et au comportement des individus et qui est probablement la cause de tous les problèmes. Alors que l’autre se rapporte aux gouvernements et aux régimes au pouvoir. D’ailleurs, j’ai pu détecter à travers les nombreuses rencontres successives avec certains leaders arabes, preneurs de décision, une volonté réelle de réforme du statut de la femme arabe. Il y a une foi inébranlable et une grande confiance dans les capacités de la femme et dans le rôle positif qu’elle assume dans le développement de sa société.

— Quel est le rôle du Conseil des femmes d’affaires arabes que vous présidez ?

— Le Conseil des femmes d’affaires arabes est une ONG qui a une activité économique. L’un de ses plus importants objectifs est de réaliser une coopération et une entente entre les différentes femmes d’affaires arabes. De sorte qu’elles se connaissent et qu’elles échangent les expériences et le savoir-faire. Et donc d’élargir les horizons d’investissements, de quoi faire un bon usage de leurs capitaux et créer des opportunités d’emploi pour les femmes arabes. Le conseil œuvre également à faire parvenir la voix de la femme arabe, détentrice de capitaux et de projets, aux sphères de prise de décisions politiques et économiques.

— Quels sont, selon vous, les obstacles majeurs qui entravent l’union économique et commerciale arabe ?

— En parlant d’intégration arabe économique, je parlerai, en l’occurrence, en tant que présidente du Conseil des femmes d’affaires en termes d’investissements et de commerce.

La plus importante entrave qui freine notre action est la différence et la variation des systèmes politiques entre les économies ouvertes, les économies qui s’engagent sur cette voie et le troisième groupe majoritaire qui adopte malheureusement des systèmes économiques très fermés. Chose qui se répercute négativement sur la liberté de transfert des capitaux arabes. Conséquence, les systèmes banquiers, les lois relatives à l’investissement, ainsi que celles de l’échange commercial sont très différents. N’oublions pas également d’évoquer l’indexation des devises étrangères sur le dollar dans des pays, sur l’euro ou sur des paniers de devises dans d’autres. Finalement, la différence du niveau de vie entre les pays arabes fait que quelques-uns attirent les investissements arabes alors que d’autres au contraire les repoussent.

— Vous venez de visiter l’Egypte pour assister à une grande conférence sur les investissements, Comment évaluez-vous le climat de l’investissement en Egypte aujourd’hui ?

— Le climat des investissements en Egypte est de plus en plus prometteur. Il y a juste quelques années, l’Egypte stagnait et beaucoup de ses secteurs économiques étaient en stagnation. Elle était en proie au désespoir en général. L’Egypte n’avait pas l’espoir que quelqu’un serait capable d’introduire le changement. Mais, la région arabe a été surprise par le gouvernement actuel, différent et caractérisé par une performance, une compétence et une ouverture sur les secteurs privés égyptien, arabe et international. Nous avons remarqué un changement sur la carte de l’Egypte qui s’est transformée d’un pays anti-investissement en un pays attirant les investissements, armé de tout le potentiel qu’il possède. Tous les indicateurs économiques ont évolué positivement. Le secteur privé a fait des bonds en avant avec l’agrément du gouvernement qui, à son tour, a assumé un rôle important, celui de régulateur de l’économie et non de propriétaire. Le fait d’ôter des entraves douanières, celles sur les impôts et autres a beaucoup facilité la mission des investisseurs égyptiens et arabes et les a encouragés à monter leurs projets.

L’Egypte a réussi à appliquer le programme de la privatisation à 40 %. Celui qui critique la politique de privatisation en Egypte, est celui qui ne s’intéresse pas au progrès du pays et aux nouvelles chances d’emploi. Il y a bien sûr ceux qui s’opposent sans connaître la réalité des choses et ceux qui sont plongés dans la bureaucratie et qui ne se sont pas adaptés au changement. Ceux qui critiquent la privatisation sont ceux qui veulent entraver la démarche du développement.

— Enfin, croyez-vous que l’Egypte possède aujourd’hui les facteurs de réussite qui entraîneraient prochainement une croissance du nombre d’investisseurs arabes ?

— J’estime qu’un grand effort est déployé par l’Etat, qui doit être multiplié pour régler les problèmes des investisseurs qui mènent le développement économique. Il incombe à l’Etat également d’assurer un suivi correct et de se dresser face aux tenants de la bureaucratie qui sapent parfois les efforts déployés par leur lenteur et leur passivité dans l’application des décisions et des procédures gouvernementales. Nous espérons également que l’Etat promulgue rapidement des lois qui compléteraient la législation qui gère les investissements en Egypte.

— Le prix du brut a fortement augmenté ces dernières années. Quelles sont les priorités de l’usage des revenus pétroliers en matière d’investissement dans les pays du Golfe aujourd’hui ?

— Les priorités de l’usage des revenus pétroliers après les dernières hausses doivent se focaliser sur le développement durable. Je crois que cet argent doit être surtout investi dans le domaine du développement humain et celui de l’éducation. Mêmes les aides qui parviennent des pays arabes producteurs de pétrole doivent impérativement être orientées dans ce sens dans les autres pays arabes .

Propos recueillis par
Magda Barsoum

 




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