Al-Ahram Hebdo,Monde | Musharraf joue l’apaisement
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 Semaine du 7 au 13 janvier 2008, numéro 696

 

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Pakistan . En acceptant l’aide de Scotland Yard dans l’enquête sur le meurtre de Benazir Bhutto, le président Musharraf cherche à prouver son innocence pour garder les chances de son camp lors des législatives du 18 février.

Musharraf joue l’apaisement

Après plusieurs jours de violences et de chaos politiques, le président pakistanais, Pervez Musharraf, a pu ramener un calme relatif dans un pays en ébullition suite à la mort tragique de sa « fille chérie », Benazir Bhutto. Le chef de l’Etat cherche surtout à se disculper de toute implication dans l’assassinat de cette dernière. Les partisans de Mme Bhutto persistent à qualifier Musharraf d’« assassin ». Pour eux, il est le premier accusé car Bhutto avait affirmé, à la veille de sa mort, qu’elle prouverait qu’il allait « truquer » les élections pour se maintenir au pouvoir.

S’élevant contre le camp du président, le parti de Benazir Bhutto a dénoncé, dimanche, les différentes versions des autorités sur les causes du décès, après que le président Pervez Musharraf eut admis qu’elle avait pu être tuée par une balle tirée par l’homme qui l’a visée avant l’attentat suicide. Jusqu’ici, les autorités estimaient qu’elle était décédée d’une fracture du crâne en heurtant le toit ouvrant du véhicule, alors qu’elle tentait d’esquiver les balles d’un tireur, avant l’explosion de la bombe du kamikaze. « Le régime change constamment sa position. Cela attise le doute et le soupçon et donne crédit aux exigences du PPP (Parti du Peuple Pakistanais) d’une enquête indépendante sous les auspices de l’Onu », a déclaré le porte-parole du mouvement, Farhatullah Babar. Le camp Bhutto et le PPP réclament depuis dix jours une enquête des Nations-Unies, sur le modèle de celle mise sur pied pour l’assassinat de l’ex-premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005, ce qui est quasiment impossible car cela nécessiterait l’implication présumée d’un pays tiers.

Rejetant une enquête onusienne, le président Musharraf a toutefois accepté la venue de Scotland Yard cette semaine pour diriger l’enquête sur la mort de Bhutto. Samedi, les cinq experts ont commencé leur travail, en inspectant le lieu de l’attaque. Mais il semble que leur tâche ne sera pas facile à cause des fautes de procédures et des erreurs des autorités. Islamabad s’était dit, pour la première fois, ouvert à l’idée d’une aide étrangère dans l’enquête, à la suite d’une proposition de la France et de l’Union européenne transmise par le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner en visite au Pakistan. « Accepter l’intervention de Scotland Yard est une tentative de la part de Musharraf de prouver son innocence de toutes les accusations qui le cernent. S’il accepte d’impliquer une instance neutre comme le Scotland Yard, c’est-à-dire qu’il n’a rien à craindre. C’est un jeu bien calculé car si son innocence est prouvée, son parti gagnera lors des législatives », analyse le Dr Hicham Ahmad, professeur à la faculté d’économie et de sciences politiques à l’Université du Caire.

Réfutant les accusations selon lesquelles il n’a pas assuré la sécurité à son opposante, le président Musharraf a affirmé fermement dimanche que Mme Bhutto était la seule responsable de l’attaque qui lui a coûté la vie : « Pour s’être levée hors de la voiture, je pense qu’elle est la seule responsable. Personne d’autre. La responsabilité est la sienne », ajoutant que son gouvernement avait fait tout ce qu’il pouvait pour assurer la protection de Benazir Bhutto. « Elle était menacée. Donc, elle a reçu plus de sécurité que quiconque », a-t-il dit.

Reste l’enjeu le plus crucial, les législatives. Déjà, les deux principaux mouvements de l’opposition — le Parti du Peuple Pakistanais (PPP) de Mme Bhutto et la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N) de l’ex-premier ministre Nawaz Sharif — ont décidé de prendre part au vote. Si l’opposition remportait ces législatives, le pouvoir de Musharraf, de plus en plus contesté, serait affaibli. Quel que soit son résultat, le scrutin du 18 février est assez crucial car il va dessiner le paysage politique de l’unique puissance nucléaire avérée du monde musulman, un pays peuplé de 160 millions d’habitants et sur lequel les yeux du monde sont braqués avec inquiétude, de crainte qu’il ne sombre dans le chaos .

Maha Chirbini

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