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 Semaine du 7 au 13 janvier 2008, numéro 696

 

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Afrique

Kenya . Sous la pression américaine, gouvernement et opposition multiplient les signes d’apaisement, au moment où le président ghanéen John Kufuor entame une médiation au nom de l’UA.

Décrispation

Réagissant aux médiations et aux pressions de la communauté internationale, notamment celle des Etats-Unis, le président kényan Mwai Kibaki, dont la réélection est contestée par l’opposition, a fait une petite ouverture en invitant lundi son rival Raila Odinga à le rencontrer vendredi, pour tenter de sortir de la crise majeure secouant le Kenya. « Le président Kibaki a invité le leader de l’ODM (Mouvement démocratique orange) du leader Raila Odinga à une rencontre pour un dialogue visant à la fin des violences dans le pays, à la consolidation de la paix et à la réconciliation nationale », a annoncé la présidence. Tout en acceptant cette initiative, M. Odinga a conditionné mardi la rencontre avec le président à la présence d’un médiateur international, le président du Ghana, également président en exercice de l’Union Africaine (UA), John Kufuor. Celui-ci était attendu mardi après-midi à Nairobi.

Le fait que le M. Kibaki invite son rival apparaît comme une réponse aux critiques sévères formulées lundi par la secrétaire d’Etat adjointe américaine chargée des Affaires africaines, Jendayi Frazer. « Ils (les Kényans) ont été floués par leurs dirigeants et leurs institutions », a déclaré Mme Frazer. L’émissaire américaine, qui a mené des consultations à Nairobi pendant trois jours, a estimé « nécessaire » que la « crise soit réglée par les deux leaders, Kibaki et Odinga, (et qu’ils) travaillent ensemble afin de renforcer les institutions kényanes parce qu’il y a des problèmes majeurs dans le système électoral ». MM. Kibaki et Odinga « doivent réformer les institutions. Les problèmes de la commission électorale viennent des faiblesses du mode de sélection de ses membres (par le seul président). Ils doivent déconcentrer le pouvoir de la présidence », a estimé Mme Frazer. « Je pense que c’est un des thèmes sur lequel M. Kibaki a été élu la première fois » en 2002, a-t-elle ajouté, en référence à la réforme constitutionnelle, rejetée par référendum en 2005 et prévoyant la création d’un poste de premier ministre.

Le président a également annoncé la convocation d’une nouvelle session parlementaire à partir du 15 janvier. M. Kibaki avait jusqu’à fin mars pour convoquer le nouveau Parlement issu des élections générales. Cette convocation rapide peut aussi bien être interprétée comme un signe d’apaisement envers l’opposition, dans la perspective de la formation d’un gouvernement d’union nationale, que comme celui d’une affirmation de son autorité en tant que vainqueur officiel de la présidentielle.

De son côté, le parti de M. Odinga avait décidé plus tôt lundi, à la suite d’une rencontre entre son chef et Mme Frazer, d’annuler ses manifestations prévues mardi, expliquant sa décision par la venue du président en exercice de l’UA, John Kufuor, pour une médiation. « Kufuor, a précisé M. Odinga, m’a confirmé avoir reçu une invitation (du président) Kibaki pour se rendre au Kenya et conduire une médiation (...). C’est une avancée majeure et très importante ». Selon plusieurs observateurs kényans, M. Odinga a compris qu’il ne gagnerait pas la bataille de la rue, la police ayant fait montre de sa fidélité au pouvoir en place en empêchant efficacement plusieurs rassemblements de l’opposition à Nairobi et dans le pays vendredi et samedi.

M. Odinga accuse M. Kibaki d’avoir fraudé pour lui voler la victoire à la présidentielle du 27 décembre. « Je continuerai d’utiliser tous les moyens légaux et pacifiques pour m’assurer que soient respectés les véritables résultats de l’élection », avait affirmé M. Odinga, qui n’a été devancé que d’un peu plus de 200 000 voix par Kibaki selon le décompte officiel, mis en doute aussi par les observateurs occidentaux. Pour sa part, la principale organisation des avocats kényans, la « Law Society of Kenya » a qualifié de « nulle et non avenue » l’investiture de Kibaki et réclamé un nouveau scrutin. « Kibaki manque de légitimité pour gouverner et c’est la cause des problèmes auxquels le pays est confronté », a-t-elle dit.

L’ampleur de l’antagonisme et de la méfiance mutuelle entre Kibaki, un Kikuyu, et Odgina, un Luo, est l’un des principales difficultés qui attendent les médiateurs dans leurs efforts pour mettre un terme à plusieurs jours de violences à fortes connotations ethniques qui ont fait au moins 600 morts, selon de hauts responsables de la police kényane. Interrogé sur ce chiffre, Odinga a rétorqué qu’il était à ses yeux « plus proche d’un millier (de morts) ». Le bilan officiel de 486 morts, qui fait état en outre de 255 000 personnes déplacées, est plus lourd que celui qui circulait ces derniers jours. Il pourrait en outre s’aggraver selon les organisations humanitaires présentes sur le terrain. Les populations les plus défavorisées des bidonvilles et des zones rurales, notamment dans l’ouest du pays et dans la périphérie de Nairobi, où M. Odinga compte de nombreux partisans, ont été les plus affectées par les violences. Le Kenya est à présent confronté à une crise humanitaire. Les populations touchées par le déferlement de violences ont besoin d’aide, particulièrement dans la région de la vallée du Rift (ouest), où 100 000 personnes relèvent de l’urgence humanitaire, selon l’Onu. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a dépêché lundi, sous bonne escorte policière, onze camions dans l’ouest du pays avec suffisamment de vivres pour nourrir 38 000 personnes pendant deux semaines, un comble pour un pays jusque-là plutôt rompu à accueillir les réfugiés des pays voisins comme le Soudan ou la Somalie. Même si un calme précaire semblait revenu lundi, la crise, l’une des pires depuis l’indépendance du Kenya en 1963, a ruiné l’image d’oasis de stabilité dont jouissait l’ancienne colonie de la Couronne britannique au sein de l’Afrique de l’Est.

Hicham Mourad

 




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