Al-Ahram Hebdo, Opinion | Mohamed Salmawy , Une joie avortée
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 2 au 8 Janvier 2008, numéro 695

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Opinion

Une joie avortée

Mohamed Salmawy 

Parmi les sujets qui sont rarement couverts par les médias américains, ceux de cette tragédie qui se reproduit continuellement dans les territoires palestiniens occupés. Chaque fois que les forces de l’occupation israéliennes expulsent les habitants de leurs maisons, elles le font pour l’une de deux raisons. 

La première consiste à annexer les territoires à ceux de l’Etat israélien, comme il arrive par exemple à Jérusalem. Le résultat de cette politique a été une réduction importante de la partie de la ville habitée par les Palestiniens, celle-ci a été progressivement avalée depuis l’occupation qui a commencé en 1967. La deuxième raison s’explique par la volonté d’installer de nouvelles colonies juives, semblables à celles que l’on retrouve un peu partout en Cisjordanie, et qui ressemblent à des champignons sauvages qui naissent du jour au lendemain.

J’ai été surpris de lire dans l’édition du 22 décembre du Washington Post un grand article intitulé « Les pauvres paysans résistent aux tentatives du gouvernement visant à s’approprier de leurs terres ». On pouvait y lire que les habitants d’une île donnant sur le fleuve se sont réveillés un jour surpris par la présence de soldats armés encerclant leurs terres, ce qui avait semé la terreur dans les lieux. Le lendemain, les forces ont stationné dans l’île et ont demandé à ses habitants de l’évacuer sur ordre du gouvernement, sans avancer des raisons.

Le gouvernement avait essayé, il y a plusieurs années, d’occuper une autre île voisine, prétendant que ses habitants y résidaient de manière illégitime et que ses terres étaient uniquement la propriété du gouvernement. Les habitants, qui ont certainement vu ces agissements d’un mauvais œil, ont refusé de se résigner à cet ordre bizarre. D’ailleurs, cet ordre n’a pas impliqué une allusion à une éventuelle mise en place d’un projet important sur ces terrains, ni une promesse d’indemnisation convenable ou non pour les habitants de la région.

Ainsi, la confrontation normale qui naît dans de telles circonstances a eu lieu. Le propriétaire s’attache à sa terre face aux tentatives d’expulsion. Surtout qu’aux yeux du paysan, la terre, où qu’elle soit, est la source de son gagne-pain, de son orgueil et de son honneur. Le fait de la vendre est considéré comme un déshonneur et lui vaut le sarcasme et la malédiction de tout le village.

Le journal américain décrit comment les habitants se sont dressés face aux forces qui viennent occuper leurs terres. Quelques-uns ont même creusé leurs tombes de leurs propres mains dans leur sol et s’y sont allongés. Comme pour dire qu’ils seront inhumés dans leurs terres et qu’ils ne la quitteront pas, coûte que coûte. Les femmes se sont mises à insulter les forces de l’occupation qui, sans scrupules, se sont mis à tirer en l’air, puis sont revenus ramasser les douilles des balles éparpillées par terre, pour anéantir toutes les preuves qui peuvent être utilisées contre eux.

Certains sages se sont alors adressés aux paysans en leur disant : « Si le gouvernement est maladroit, soyons nous les sages ». Ils se sont dirigés vers les commandants des forces qui avaient imposé leur emprise sur l’île et étaient munis de papiers prouvant qu’ils disposaient d’une propriété légale de ces terres, et qu’ils payaient régulièrement les impôts fonciers depuis plus d’un siècle.

Face à cet état de faits, les forces ont demandé aux paysans de les rejoindre pour rencontrer leurs commandants et leur remettre ces papiers. Les forces de l’occupation ont alors réussi à rassembler les habitants de l’île dans un autobus qui les a conduits à une destination inconnue. Après avoir vécu une longue souffrance pendant quelques jours, il ont reçu l’ordre de signer les contrats de cession de leurs terres, sinon ils ne seront jamais libérés.

Sous l’effet de la pression et de la menace, les paysans ont signé les contrats de cession de leurs terres, sans savoir au profit de qui, ni qui sera le prochain propriétaire. Mais ils sont revenus à l’île, plus que jamais déterminés à défendre leurs terres jusqu’au dernier souffle.

La confrontation connaît toujours une escalade entre les deux côtés. Le gouvernement, quant à lui, ne clarifie pas comme d’habitude l’affaire aux habitants et se soucie peu des médias internationaux qui font peu de cas de tels sujets.

Raison pour laquelle j’ai été très heureux par l’intérêt enfin porté à la couverture des actes de confiscation perpétrés par les forces de l’occupation israélienne contre les habitants palestiniens originaux par l’un des journaux les plus renommés et les plus anciens comme le Washington Post. Mais ma joie a été avortée. J’ai découvert, après avoir lu quelques lignes de la correspondance d’Ellen Knickmeyer, qu’elle n’a pas rédigé son reportage d’Israël ou des territoires palestiniens, mais d’Egypte. J’ai su que les territoires qui sont ciblés par le gouvernement sont ceux de l’île Al-Qorsaya qui se situent au nord de l’île de Dahab au sud du Caire et que la situation était sur le point de se transformer en une confrontation sanglante. Ainsi, le gouvernement n’a toujours pas présenté des raisons valables de cette violation injustifiée sur les terres des paysans de cette île, et n’a pas dit qui en était le bénéficiaire.

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.