Al-Ahram Hebdo, Evénement | Un pas de plus vers la paix
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 Semaine du 8 au 14 août, numéro 674

 

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Soudan. Des groupes rebelles du Darfour se sont réunis à Arusha (Tanzanie), sous l’égide de l’UA et de l’Onu. Un pas vers l’unification de leurs positions avant la tenue de négociations de paix avec le gouvernement de Khartoum.

Un pas de plus vers la paix

Quelques jours après l’acceptation par le régime soudanais de la résolution de l’Onu stipulant le déploiement d’une force hybride, plusieurs factions rebelles du Darfour se sont assises à la même table de pourparlers pour la première fois depuis plus d’un an, à Arusha, avec pour objectif de présenter un front commun lors des futures négociations de paix avec le gouvernement soudanais.

Ces pourparlers cruciaux, qui ont débuté vendredi dernier et pris fin lundi, ont réuni à huis clos dans le nord de la Tanzanie des leaders politiques et militaires des différents mouvements rebelles de cette région de l’ouest du Soudan, ravagée par la guerre civile depuis 2003. A la fin de leurs pourparlers, les factions rebelles se sont accordées pour présenter des revendications communes en vue de négociations de paix avec le gouvernement de Khartoum.

Ces groupes « ont présenté une plate-forme commune sur le partage du pouvoir, le partage des richesses, les arrangements sécuritaires, les problèmes liés à la terre et aux questions humanitaires, en vue de négociations finales ». « Ils ont aussi recommandé que les discussions finales se tiennent d’ici deux ou trois mois » avec le gouvernement soudanais, ajoute le texte de leur communiqué. En marge de la réunion, l’émissaire de l’Onu au Darfour, Jan Eliasson, et son homologue de l’UA, Salim Ahmad Salim, se sont entretenus avec des représentants du Tchad, d’Erythrée, d’Egypte et de Libye afin de les convaincre d’user de leur influence sur les factions soutenues par leurs pays respectifs.

En effet, la complexité du dossier du Darfour émane de la multiplication des parties antagonistes, de la divergence de leur agenda, de la différence de leurs intérêts et finalement de l’intervention de parties étrangères. Si la rébellion avait été lancée en 2003 par deux principaux groupes rebelles, le Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM/A) et le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), l’accord de paix d’Abuja (Nigeria) de 2006 n’a été signé que par un seul mouvement rebelle, la faction du SLM de Minni Minawi.

Depuis, les autres factions ont éclaté en petits groupes, la violence a augmenté et de nouvelles factions sont apparues. Selon les analystes, il aurait fallu relancer depuis des années les pourparlers entre les rebelles ou en d’autres termes le volet politique et faire pression sur les parties régionales qui les financent, avant que la situation ne se dégrade. Mais malheureusement ces réunions ont tardé, ce qui a donné lieu à de multiples dissensions et a compliqué davantage le dossier du Darfour. La guerre civile au Darfour a fait depuis 2003 quelque 200 000 morts — chiffre contesté par Khartoum — et plus de 2,1 millions de déplacés sur une population de six millions d’âmes.

Boycott de Abdel-Wahed Nour

Toutefois, la réunion d’Arusha a été ternie par l’absence de plusieurs figures importantes de ces factions notamment celle de Abdel-Wahed Nour.

Le fondateur du SLM/A et actuel chef d’une faction SLM, Abdel-Wahed Mohamad Nour a décidé de boycotter la rencontre, estimant que la situation sécuritaire au Darfour n’était pas « propice » à cette réunion. Il avait subordonné sa venue à Arusha à la mise en place d’un programme « pétrole contre nourriture » et à l’interdiction de survol du Darfour. « Les négociations de paix ont besoin d’un environnement propice, mais le gouvernement du Soudan continue à tuer des gens, des milliers sont toujours déplacés », a dénoncé samedi le leader rebelle, joint par l’AFP par téléphone à Paris. « Reconnaître de nouvelles factions sera sans fin, les rebelles se diviseront de plus en plus, on verra de plus en plus de (création) de mouvements », relève-t-il.

Nour ne dispose que de peu de combattants, mais, en tant que représentant de l’ethnie Four, majoritaire au Darfour, il jouit d’un large soutien dans la population, notamment parmi les 2,5 millions de réfugiés.

Selon les analystes, un accord de paix ne saurait se passer de sa bénédiction. Face au boycott de Nour, le Soudan a accusé la France de ne pas avoir suffisamment encouragé Nour.

A Karthoum, l’ambassadeur de France a été convoqué samedi afin d’expliquer pourquoi Paris n’avait pas davantage encouragé Nour à participer à la rencontre.

Quoi qu’il en soit, la relance du processus politique est d’autant plus urgente que le Conseil de sécurité vient de donner le feu vert au déploiement de 26 000 hommes au Darfour. Cette force hybride Onu-Union africaine est la plus grosse mission de maintien de la paix jamais envisagée. La plus coûteuse aussi : 2 milliards de dollars pour la première année. Mais la réunion d’Arusha et la résolution onusienne augurent-elles la solution de la crise du Darfour ? Beaucoup en doutent. Déjà au lendemain de son adoption à l’unanimité par le Conseil de sécurité, des divergences d’interprétation de la résolution apparaissent plus que jamais entre les pays occidentaux et Khartoum, risquant de compromettre sa mise en œuvre. La résolution invoque le chapitre 7 de la charte de l’Onu autorisant le recours à la force en cas de légitime défense, pour assurer la libre circulation des travailleurs humanitaires et pour protéger des civils attaqués, mais elle reconnaît la souveraineté du Soudan. Elle a néanmoins été édulcorée à plusieurs reprises et elle n’autorise plus le recours à la force pour confisquer et détruire des armes illégales, se contentant de prévoir une surveillance de ces armes. Les Occidentaux soutiennent que le principal objectif de cette force sera de protéger des civils innocents, tandis que le Soudan maintient que la responsabilité ultime continuera de lui incomber. De quoi susciter de nouvelles craintes d’un retour à la case départ.

Rania Adel

 




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