Al-Ahram Hebdo,Environnement |
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 8 au 14 août, numéro 674

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Environnement

Irrigation. Ingénieurs et experts des pays du Bassin du Nil ont assisté au Caire à un atelier organisé par l’Initiative du Bassin du Nil (IBN). L’objectif était de faire connaître de nouvelles techniques plus respectueuses du fleuve.

Ensemble, préservons
 notre eau !

L’Association internationale d’irrigation et de drainage vient d’achever un atelier de six semaines au Caire, sous les auspices de l’Initiative du Bassin du Nil (IBN). Les participants, au nombre de 40 venant des pays du Bassin du Nil (Burundi, République démocratique du Congo, Egypte, Ethiopie, Kenya, Ouganda, Rwanda, Soudan, Tanzanie), étaient pour la plupart des ingénieurs et des experts dans le domaine de l’eau et de l’environnement.

Le but de cet atelier, organisé une fois par an en Egypte et considéré unique en son genre au Proche-Orient, est de promouvoir la coopération régionale, consolider les relations, échanger les idées et les expériences en vue de mieux gérer les ressources du Nil, augmenter son débit et réduire les pertes et les gaspillages. « En fait, le changement climatique est aujourd’hui en tête de l’agenda international. Préserver les ressources partagées est crucial. Non seulement pour la qualité de notre environnement et de notre santé, mais aussi pour maintenir la stabilité et la paix entre les nations », commente le Dr Hassan Amer, vice-président de l’Association internationale d’irrigation et de drainage et conseiller du ministre égyptien de l’Environnement.

Chaque pays membre de l’IBN, lancée en 1999, est chargé d’un domaine de formation. Ainsi, l’Egypte s’occupe-t-elle de la formation des cadres et des spécialistes, et le Kenya est en charge de la qualité des eaux, etc. Ces formations « de très courte durée », comme les qualifient la plupart des étudiants venant des pays du Bassin du Nil, sont financées par le ministère des Affaires étrangères, le ministère des Ressources hydrauliques et de l’Irrigation, l’Agence internationale japonaise pour le développement (JICA) et le Projet de formation africain. Le coût de ces formations s’élève à deux millions de L.E., comprenant les billets d’avion, le séjour, les excursions scientifiques, ainsi que la rémunération des enseignants.

Les participants assistent pendant les trois premières semaines à des cours théoriques au siège du Centre régional pour les études aquatiques et de formation, situé dans la zone du 6 Octobre, près du Caire. « Les cours traitent de planification, de résolution, d’exécution, de préservation agricole des champs et des fermes », précise le Dr Hassan Amer. Au théorique se mêle le pratique avec des visites sur le terrain, par exemple dans les environs de Marsa Matrouh, pour appliquer, entre autres, un système de récupération des eaux de pluie pour former un bassin. Ce système a beaucoup intéressé un participant tanzanien. « Le problème, chez nous, est que la pluie tombe sur une courte durée, une ou deux fois par an, mais avec un système d’irrigation égyptien développé et bien contrôlé, on peut cultiver même pendant la saison sèche, puisqu’on a de l’eau dans les réservoirs », note Valery P.M. Ng’atigwa, professeur d’université.

La méthode d’irrigation par aspersion et le système d’irrigation au goutte-à-goutte utilisés en Egypte n’existent pas non plus au Rwanda. « Pourtant, ils sont très intéressants dans les zones où il n’existe pas beaucoup de pluie au Rwanda, à savoir Unmtara et Bugesera. Dans notre pays, il existe le système d’irrigation par gravité. Donc, ce qu’on apprend ici nous permettra de développer ce système dans nos régions », avance Ndagano Jean Claude, ingénieur agronome au ministère de l’Agriculture rwandais.

Ces formations ont été efficaces pour les étudiants riverains. « Grâce à cette formation, nous allons améliorer nos techniques d’irrigation au Congo. Chez nous, le développement est basé sur la gestion des bassins versants. Nous allons conserver cette méthode en y faisant des ajouts », note Mangaa Ma Mbenza Joachim, ingénieur en génie rural en République démocratique du Congo.

Les cours ont également abordé le sujet du drainage. « Le système est très avancé en Egypte, parce qu’il est plus mécanisé : les appareils, les instruments et les machines creusent les canaux et enterrent directement les tuyaux de drainage. Et à côté, il y a des appareils électroniques qui contrôlent le fonctionnement des machines ... c’est très utile pour nous », ajoute l’un des Congolais.

Après ce succès, les responsables ont décidé d’organiser un atelier pour tout le continent africain durant les mois de novembre et décembre 2007 .

Manar Attiya

Retour au sommaire

 

Le Dr Mahmoud Medany, expert auprès des Nations-Unies en agriculture et changement climatique, explique comment le réchauffement planétaire touche aussi l’agriculture.

« La seule solution est de tirer profit de chaque goutte d’eau »

Al-Ahram Hebdo : L’agriculture est-elle touchée par les changements climatiques ?

Dr Mahmoud Medany : Oui, bien sûr. Le phénomène du changement climatique n’est pas nouveau, mais les différentes activités de l’homme, surtout industrielles, ont fait que le rythme de ces changements s’accélère. Je peux dire que toutes les activités ont des effets négatifs sur l’atmosphère et donc aussi l’agriculture. Les conditions atmosphériques affectent, augmentent ou protègent l’agriculture.

— Quelles peuvent être les conséquences sur l’Egypte ?

— Le premier effet est celui de la pénurie d’eau. Le réchauffement, la sécheresse et le raccourcissement des saisons de pluie font que les ressources du Nil diminuent. Les quartiers résidentiels ne sont pas les seuls pointés du doigt, puisque dans les campagnes, les gaspillages en eau sont également énormes avec l’agriculture. Celle-ci est, en fait, le premier consommateur d’eau douce du pays, et utilise plus de 85 % de ses ressources. L’agriculture représente à elle seule 65 % de la consommation totale d’eau. Si l’on ne gère pas l’eau avec plus de sagesse, la sécheresse deviendra chronique et les hommes en souffriront, d’autant plus que l’eau nécessaire à d’autres besoins, comme boire, se laver et cuisiner, viendra à manquer. Notre eau est limitée. Nous la tirons du Nil que nous partageons avec neuf autres pays, et la part de l’Egypte dans l’eau du Nil n’a pas changé depuis 1959, à savoir 55,5 milliards de m3 par an. Alors que la population a triplé entre-temps !

— Certaines cultures seront-elles plus affectées que d’autres ?

— Les récoltes d’hiver seront plus affectées par le changement climatique que celles d’été. Les pommes de terre, les laitues, les choux-fleurs ne supportent ni la haute température ni la salinité. Le blé, le maïs et le riz souffrent de la chaleur et ont besoin d’énormément d’eau, donc avec la diminution de la quantité d’eau, la production diminue, au lieu de produire 10 tonnes par feddan (0,42 ha), on ne produit que 7 feddans seulement. La culture du coton n’est pas affectée par le réchauffement, car elle a besoin de haute température. Tandis qu’avec la culture du riz, l’environnement est affecté deux fois : la première quand on plante, puisque la terre doit être recouverte d’eau, ce qui implique une consommation énorme. Or si on diminue l’irrigation, la production en riz diminue elle aussi. Et la deuxième, par l’incinération en plein air de quantités énormes de pailles de riz en automne, qui provoque un épais nuage noir au-dessus du Caire, depuis maintenant 8 ans. Mais le ministère de l’Agriculture déploie d’importants efforts pour élever différentes espèces végétales qui pourront supporter la salinité, l’humidité, la haute température et demander une faible quantité d’eau, tout en maintenant une bonne production.

 — Comment l’Egypte peut-elle éviter ces dégâts ?

— Nous sommes face à un vrai et gros problème. La seule solution est de tirer profit de chaque goutte d’eau, en améliorant la qualité des services. Les agriculteurs ont commencé à changer l’époque des moissons, c’est-à-dire qu’au lieu de cultiver telles ou telles plantes au mois d’août, on les plante en septembre et la culture du mois de mars sera plantée en février pour qu’elle puisse supporter le changement climatique. On a commencé aussi à changer les cultures de lieu géographique. C’est-à-dire qu’au lieu de cultiver en Haute-Egypte, on plante au Fayoum où la température est aussi élevée. Tandis que les cultures du Fayoum sont transposées dans le Delta ou à Ménoufiya car elles ont besoin d’une température plus fraîche.

La technologie moderne doit de même aider à réduire les dégâts. Aujourd’hui, les agriculteurs ont commencé à utiliser les machines laser pour aplatir les terres, qui permettent de diminuer la quantité d’eau utilisée. Il y a aussi l’irrigation au goutte-à-goutte. Mais reste un mot à dire : sans volonté politique publique, les efforts individuels sont vains .

Propos recueillis par M. A.

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.